La révision de l’article 195 de la Constitution, n8-127 adopté en séance plénière ce vendredi 3 avril au Sénat n’est pas un ajustement technique. Elle constitue les premiers actes d’une transformation profonde de l’architecture de notre État fédéral. Pourtant, depuis le début de la législature, les partenaires néerlandophones de la majorité ont souhaité avancer à marche forcée sur ce dossier. Le groupe MR du Sénat s’est toujours montré loyal à l’accord de majorité Arizona. Toutefois, la méthodologie employée dans ce dossier a multiplié les zones d’incertitude, jusqu’à créer une situation inacceptable : le risque que cette réforme ne soit adoptée qu’avec le soutien des partis extrêmes.
Nous l’avons dit, répété et dénoncé à plusieurs reprises. Cette incertitude de dernière minute n’est pas une surprise : elle est la conséquence directe d’une méthode de travail que nous avons contestée tout au long du processus.
Le MR a une tradition historique immuable : il refuse de s’allier aux extrêmes pour faire adopter un texte, quel qu’il soit. L’accord de gouvernement est d’ailleurs explicite à ce sujet : les réformes institutionnelles doivent être adoptées sans l’appui des voix des extrêmes.
Comme l’a encore rappelé le président du MR Georges-Louis Bouchez ce jeudi à la Chambre, cette ligne rouge est non négociable. C’est précisément pour cette raison que le groupe MR du Sénat a pris la décision de s’abstenir.
« En aucun cas le MR ne peut être associé à un vote rendu possible par les voix des extrêmes. Notre abstention est un signal fort à nos partenaires de majorité : on ne gouverne pas avec les extrêmes, ni de près ni de loin. » Gaëtan Van Goidsenhoven, chef de groupe MR au Sénat
Jean-Paul Wahl, sénateur MR, souligne : « Au-delà du vote lui-même, le MR entend fixer des balises claires pour la suite du processus :
- Premièrement, et c’est non négociable, une solution claire et durable doit être apportée pour la représentation de la Communauté germanophone, privée avec la suppression du Sénat de son unique représentation au niveau fédéral. Le Premier ministre s’y est engagé. Le MR sera intransigeant sur ce point.
- Deuxièmement, la garantie que les communautés et régions disposent d’un rôle solide dans le cadre de la modification des lois spéciales et de la structure de l’État.
- Enfin, nous ne compterons jamais sur les voix des extrêmes. »
Le groupe MR appelle les partenaires de l’accord d’Arizona à revenir à une méthode de travail constructive, respectueuse des principes démocratiques et des engagements qui fondent notre coalition. L’abstention du groupe MR est un signal politique fort : nous respectons nos engagements, mais nous exigeons en retour méthode, cohérence et respect mutuel.




