Le Mouvement Réformateur a placé les indépendants et les PME au cœur de son congrès, avec un panel réunissant la ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, Éléonore Simonet, l’architecte Cyril Rousseaux (fondateur du bureau Carré 7) et Vincent Michel (directeur GO4ZERO et membre du comité exécutif d’Holcim Belgium). Ensemble, ils ont abordé la question de comment redonner envie d’entreprendre en Belgique, tout en réussissant la transition écologique et en renforçant la compétitivité de notre économie.
La première question, posée par Cyril Rousseaux, part d’un constat : « Entreprendre est parfois perçu comme complexe et risqué : qu’est-ce qui doit changer rapidement pour donner envie à plus de jeunes de créer une PME en Belgique ? ». Dans son bureau d’architecture de 23 personnes, à la moyenne d’âge de 34 ans, il constate la réticence de certains collaborateurs à s’engager davantage dans la transmission de l’entreprise, par peur de l’avenir, de l’incertitude économique et des lourdeurs administratives.
La ministre Éléonore Simonet a répondu en rappelant que l’entrepreneuriat, c’est d’abord oser, innover et prendre des risques, et que cette prise de risque doit être valorisée, pas pénalisée. Elle souligne que la Belgique ne célèbre pas encore suffisamment l’audace des jeunes et moins jeunes qui se lancent, alors que ce sont eux qui créent la prospérité de demain. Elle a détaillé plusieurs leviers concrets : la réforme et l’extension du statut d’étudiant-entrepreneur, né en 2017 et qui connaît un succès croissant, afin de permettre à davantage de jeunes de tester un projet d’entreprise tout en poursuivant leurs études, sans être immédiatement écrasés par les charges.
La ministre insiste également sur d’autres instruments, comme les « bacs à sable réglementaires » pour les projets innovants en intelligence artificielle, qui offrent un cadre sécurisé et allégé pour expérimenter sans subir d’emblée toutes les contraintes réglementaires classiques.
Elle met ensuite l’accent sur une dimension essentielle pour la culture entrepreneuriale : le droit à la seconde chance. Dans un pays où l’échec reste souvent vécu comme un stigmate, elle plaide pour que la faillite non frauduleuse ne condamne pas une carrière entière.
Son ambition : permettre à l’entrepreneur de « ne jamais perdre », soit en réussissant, soit en apprenant. Concrètement, elle défend des mesures comme l’octroi d’un nouveau numéro d’entreprise après une faillite non frauduleuse et un droit au déréférencement dans les moteurs de recherche publics, afin que l’échec passé ne soit pas une étiquette permanente mais un épisode surmonté. Cette culture de la seconde chance est au cœur de la vision libérale portée par le MR : libérer l’initiative, diminuer la peur du risque et encourager les jeunes à se lancer plutôt qu’à rester spectateurs.
La deuxième question, posée par Vincent Michel, s’attaque à un autre défi majeur : la transition écologique. Il rappelle que « on demande aux PME d’innover, de se décarboner et d’investir vite. En tant que ministre des PME, êtes-vous prête à accepter plus de risques publics pour éviter que seules les grandes entreprises puissent réellement se transformer ? ». Il souligne que les grandes entreprises ont davantage accès à des outils financiers puissants et à des dispositifs européens d’envergure, tandis que les petites structures manquent souvent du temps et des moyens pour aller chercher ces soutiens. La ministre reconnaît que la décarbonation est un objectif incontournable à l’horizon 2050, pour les grandes industries comme pour les plus petites structures, y compris le secteur public, encore trop souvent logé dans des bâtiments mal isolés. Mais elle insiste sur un point : cette transition ne peut pas se faire au détriment de la compétitivité des PME, qui représentent l’immense majorité des employeurs privés et plus de la moitié des emplois en Belgique. C’est pourquoi le gouvernement dont le MR fait partie a remis en place l’amortissement dégressif pour certains investissements innovants, notamment économiseurs d’énergie, et renforcé les déductions fiscales visant ces investissements, afin de rendre la transition écologiquement ambitieuse mais économiquement supportable.
Enfin, une question du public, posée par Lionel Rooy, a ouvert un troisième axe : « Pourquoi n’existe-t-il pas dans le Hainaut des zones franches industrielles comme en France ? Ce dispositif stimule l’investissement, la réindustrialisation d’un territoire, l’installation de nouvelles familles et dynamise les villes et villages. J’habite la belle ville de Soignies où une zone industrielle n’attend plus que des investisseurs, mais celle-ci est-elle une zone franche ? ».
La ministre Simonet a expliqué que la Belgique a choisi un modèle différent, fondé sur des « zones d’aide » créées pour soutenir des régions touchées par des licenciements collectifs de grande ampleur, comme après la fermeture de grands sites industriels. Ces zones donnent droit à une dispense partielle de précompte professionnel pendant un certain temps, en cas de nouveaux investissements et de création d’emplois, mais elles sont temporaires et ciblées. Pour Éléonore Simonet, l’enjeu est double : permettre aux régions, comme la Wallonie, de cibler des territoires en crise, tout en privilégiant une stratégie nationale de renforcement de la compétitivité. Elle rappelle ainsi que le gouvernement a dégagé des moyens importants pour alléger les charges sur le travail et soutenir l’investissement des PME, avec l’objectif de faire de la Belgique, plus qu’un pays de quelques “zones franches”, une véritable « zone franche nationale » où il fait bon entreprendre partout sur le territoire.
Le MR veut faire de la Belgique un pays où entreprendre devient à nouveau un réflexe naturel, une option de carrière valorisée, et non un parcours du combattant. En travaillant à la fois sur la culture de l’échec, le soutien à la jeunesse, les instruments fiscaux pour la transition écologique et des outils ciblés pour les territoires en difficulté, la famille libérale se positionne comme l’alliée des indépendants et des PME, qu’elle considère comme la colonne vertébrale de l’économie.
Pour relever les défis de 2050, la Belgique a besoin de plus de liberté d’entreprendre, de moins de paperasse et de davantage de confiance dans celles et ceux qui prennent des risques.




