La facture énergétique des Belges explose. Ce n’est pas une fatalité. C’est le résultat de choix politiques, notamment européens, qui ont sacrifié le pouvoir d’achat des citoyens et la compétitivité de nos entreprises sur l’autel d’une idéologie climatique déconnectée des réalités économiques. Il est temps de le dire clairement et d’agir.

L’Europe multiplie les directives qui font grimper les prix sans résoudre le problème de fond. L’ETS II, le système d’échange de quotas d’émission qui entrera en vigueur dès 2027, va imposer une taxe carbone sur le chauffage au gaz, au mazout et sur les carburants. Concrètement, pour une famille chauffant sa maison au gaz avec une voiture thermique, la facture pourrait augmenter de 375€ par an, et jusqu’à 548€ pour les ménages se chauffant au mazout. Les ménages les plus modestes, qui n’ont pas encore les moyens de rénover ou de changer de véhicule, seront les plus durement touchés.

La directive RED III impose aux États membres de porter la part des énergies renouvelables à 42,5% de la consommation finale brute d’énergie d’ici 2030, tandis que la directive PEB force des rénovations coûteuses que de nombreux ménages ne peuvent tout simplement pas se permettre aujourd’hui. Ces trois textes forment un étau réglementaire qui pèse chaque jour davantage sur les Belges.

La transition énergétique est nécessaire, personne ne le nie. Mais elle ne sera ni immédiate, ni bon marché. En attendant qu’elle produise ses effets, la Belgique et l’Europe doivent sécuriser des contrats d’approvisionnement en gaz et en pétrole pour garantir la stabilité des prix et éviter de nouvelles crises de volatilité. La stabilité actuelle des marchés reste fragile, exposée aux aléas climatiques, géopolitiques et aux nouvelles taxes européennes à venir. La prudence impose d’agir maintenant pour demain.

Pendant des années, une partie du monde politique a propagé l’idée qu’on pouvait se passer du nucléaire, du gaz et du pétrole sans en payer le prix. C’était une pensée magique. L’industrie belge en paie aujourd’hui le coût : les entreprises paient jusqu’à 27% plus cher leur électricité que la moyenne de leurs voisins français, allemands et néerlandais, et notre tissu industriel est particulièrement vulnérable à toute hausse des prix. Ce handicap compétitif n’est pas tombé du ciel : il est la conséquence directe d’une politique énergétique qui a négligé la sécurité d’approvisionnement et la maîtrise des coûts au profit de postures idéologiques.

Le MR l’affirme haut et fort : nous croyons aux objectifs climatiques. Mais nous refusons de les atteindre en appauvrissant les Belges. Une transition réussie est une transition qui s’appuie sur une économie forte, capable de financer les investissements nécessaires. Réduire les émissions ne peut pas se faire au prix de la désindustrialisation, de la paupérisation des ménages et de la perte de compétitivité. L’énergie bon marché et abondante est la condition sine qua non du développement industriel, du bien-être des citoyens et du financement même de la transition. Protéger les Belges, c’est leur garantir une énergie accessible, aujourd’hui, et pendant toute la durée de la transition.