La tournée des voeux du MR s’est terminée ce dimanche 11 janvier à Court-Saint-Etienne. Dans un décor hivernal, le président du MR a d’abord rendu hommage aux équipes et aux militants, avant d’assumer des choix parfois contestés mais cohérents, comme la sauvegarde partielle du nucléaire, la relance industrielle et un soutien très concret au monde agricole, notamment par des mesures fiscales et la réduction des charges administratives, afin que nos agriculteurs puissent vivre dignement dans un cadre commercial ouvert mais exigeant sur la qualité.

Sur le plan socio-économique, le président du MR a réaffirmé que la croissance n’est pas un gros mot, elle est la condition pour créer des richesses à redistribuer, tandis que la baisse durable des impôts suppose une réduction réelle de la dépense publique et du nombre de mandats et niveaux de pouvoirs. Limitation du chômage dans le temps, réforme des provinces, suppression du Sénat, fusion des communes et des CPAS, rationalisation des structures et fin des privilèges fiscaux injustifiés,  notamment pour certains intermédiaires, s’inscrivent dans cette ambition de justice et d’égalité devant l’impôt au service des travailleuses et des travailleurs.

Cette même logique de responsabilité nourrit sa vision de la sécurité et de l’intégration : principe du casseur-payeur, fermeté à l’égard de ceux qui abusent de l’hospitalité belge, renvoi des délinquants en séjour irrégulier, mais aussi condition d’accès à la nationalité liée à un véritable parcours d’intégration et à l’adhésion aux valeurs communes, afin de pouvoir, dans le même temps, combattre résolument toutes les discriminations.

Pour Georges-Louis Bouchez, être le rempart contre les extrêmes passe par le refus des excuses faciles, par le respect de celles et ceux qui travaillent dur, comme les agriculteurs, et par un discours de vérité assumé vis-à-vis des réalités migratoires, sociales et budgétaires.

Enfin, le président du MR a lancé un appel direct aux militants : être « en campagne chaque jour », refaire du porte-à-porte, aller à la rencontre des citoyens, défendre sur le terrain les réformes engagées et celles à venir, sans peur de « marcher hors du chemin » pour laisser une trace utile aux prochaines générations plutôt qu’aux prochaines élections.

En 2026, a-t-il insisté, l’ambition du Mouvement Réformateur est que chacun soit plus heureux, plus libre et plus fier le soir qu’au matin, à condition d’oser : « Vous pouvez être la personne la plus intelligente, la plus travailleuse, la plus exemplaire. Si vous manquez de courage, vous ne changerez jamais rien. » Pour prolonger ce moment et découvrir l’ensemble des propositions, vous pouvez lire le discours dans son intégralité sur le site du Mouvement Réformateur

Retrouvez l’intégralité du discours de Georges-Louis Bouchez à Court-Saint-Etienne

Bonjour, bonjour à tous et à toutes.

C’est vraiment un plaisir d’être parmi vous ce matin, dans ce cadre un peu féerique, quand on arrive sur le chemin avec la neige. C’est magnifique, on a un peu de neige sur les fenêtres, finalement. Et comme Qassem vous l’a indiqué… c’est notre dernière table de vœux et donc on termine en beauté. À cette occasion, je voulais vraiment commencer ce propos en saluant, en félicitant l’ensemble de nos équipes, puisque c’est un travail, chaque année, considérable qui est réalisé pour permettre cette tournée et, de manière plus globale, pour permettre au Mouvement Réformateur de devenir la première force politique francophone et de chaque jour pouvoir être le moteur de ces réformes.

Alors pour débuter ce discours, je voulais attirer votre attention sur des événements qui se passent à plusieurs milliers de kilomètres d’ici, mais qui sont des événements avec lesquels nous devons être en totale solidarité. C’est ce qui se passe aujourd’hui en Iran, et depuis d’ailleurs de nombreuses semaines et de nombreuses années.

Cette photo est vraiment, à mon sens, l’illustration de l’essence même de ce qu’est le courage. C’est le courage de risquer sa vie pour un idéal. Ça c’est le courage absolu. C’est le courage en fait de se battre pour mettre en œuvre une démocratie libérale. C’est le courage de se battre pour essayer d’obtenir des libertés qui nous paraissent aujourd’hui tellement banales, tellement simples. Ce courage des femmes et des hommes en Iran aujourd’hui doit nous amener à la fois à savoir à quel point ces libertés sont fragiles et doivent chaque jour être défendues. Ça doit aussi nous amener à une pleine solidarité. Parce que notre projet libéral est un projet universel. On ne peut pas vouloir la liberté pour soi sans se battre pour celle des autres. Et ce qui me frappe et me déçoit, c’est qu’aujourd’hui nos médias ont trop peu consacré d’espace à ce qui est en train de se passer là-bas.

Alors vraiment, chers amis, chers militants libéraux, je vous demande de faire tout ce que vous pouvez faire. Et parfois, c’est un simple partage Facebook. C’est simplement en parler dans votre entourage. C’est simplement apporter un soutien à toute cette diaspora iranienne qui se bat pour plus de liberté dans son pays. Je vous demande vraiment d’être totalement mobilisés pour chacune et chacun à travers le monde qui se bat pour la liberté. Parce que notre projet, il est tellement formidable qu’il y a des milliards de personnes à travers la planète qui veulent cet idéal, qui voudraient vivre dans une démocratie libérale. À ce titre-là, soyez toujours la tête haute. Parce que ce projet, c’est le plus beau projet de l’humanité. Alors vraiment un tonnerre d’applaudissements pour ces Iraniennes et ces Iraniens qui se battent, qui se battent pour ce projet libéral.

Alors, je parlais du silence autour des événements et pourtant, ces événements risquent, et nous l’espérons, d’avoir des conséquences, d’avoir des conséquences dans toute la région, tant le régime iranien est un facteur de déstabilisation, et donc des conséquences au niveau mondial pour apporter plus de stabilité, plus de paix. Dans une telle révolution, l’Union européenne devrait être pleinement un acteur. Or, aujourd’hui, nous le voyons, l’Europe, trop souvent, est un commentateur.

Un commentateur des excès inacceptables commis à l’un ou l’autre moment par le président des États-Unis. Commentateur des violations des droits fondamentaux, que ce soit dans les pays arabes, en Russie. Commentateur des menaces de l’espionnage, des atteintes aux droits sociaux ou environnementaux commises par la Chine. Mais comment pouvons-nous être sincères ? Comment surtout pouvons-nous être crédibles dans de telles postures alors que nous sommes totalement dépendants des États-Unis pour notre défense, totalement dépendants de la Russie et des pays arabes pour notre énergie, et totalement dépendants de la Chine pour notre industrie ? Aujourd’hui, l’Europe doit quitter le confort des postures pour affronter la dureté de la réalité. Et cette réalité, elle nous oblige. Elle nous oblige à faire ce que nous faisons avec ce gouvernement, c’est-à-dire à investir dans la défense. C’est tellement facile de comparer le prix d’un F-35 avec n’importe quelle politique sociale. Mais sans capacité militaire, nous n’aurons plus l’occasion d’avoir une sécurité sociale. Sans capacité militaire, nous n’aurons plus l’occasion de porter nos valeurs à travers le monde.

C’est tellement facile aussi de considérer que le MR aurait fait un jeu politique en voulant sauver le nucléaire. Nous avons au contraire contribué à garantir, du moins partiellement, une autonomie énergétique pour notre pays. Ce n’était pas un combat politicien, c’était un combat d’intérêt général et surtout pour les générations futures. C’est la même chose lorsque le MR, certainement plus courageusement que beaucoup d’autres, dit que nous devons réinvestir dans l’industrie. Alors oui, ça demande du courage, l’industrie. Parce que l’industrie, figurez-vous, parfois ça pollue, ça fait du bruit, ça amène toute une série de contraintes que nous ne voulons plus. Mais l’industrie, c’est le moteur du progrès.

Si aujourd’hui on peut répartir les richesses, c’est parce qu’il y a des acteurs qui les créent. Si aujourd’hui les politiques doivent travailler à l’amélioration du bien-être, c’est parce qu’il y a des ingénieurs qui y contribuent. Alors je le dis aussi à mes élus locaux, on doit être forts par rapport à toutes les contraintes. Parce que l’industrie, tout le monde en veut, mais jamais au fond de son jardin. On se dit que c’est le voisin qui peut en prendre. Mais sans industrie, il n’y a pas de capacité pour notre pays de se projeter dans l’avenir. Elle ne doit pas se renforcer que dans les mots. Elle doit faire en sorte de travailler à son autonomie industrielle, à son autonomie énergétique, à son autonomie en matière de défense, mais aussi à préserver son autonomie alimentaire.

Alors, vous l’avez vu ces dernières heures, la révolte des agriculteurs par rapport au traité du Mercosur. Je veux être tout à fait honnête avec vous. Nous avons besoin de traités commerciaux. Nous avons besoin de libre-échange. L’attitude des États-Unis amène comme conséquence la fermeture de certains marchés pour l’Union européenne. Les droits de douane, par exemple, sont une véritable menace pour notre industrie pharmaceutique. Dans le même temps, l’attitude également à l’égard de l’Amérique du Sud nous oblige à renforcer notre alliance avec ces pays. C’est la raison pour laquelle un traité comme le Mercosur est nécessaire, mais pas à n’importe quelle condition. Pas en bradant la qualité de nos produits, pas en bradant les revenus de nos agriculteurs.

Alors, et puisqu’il faut avoir le courage de dire la vérité, maintenant que ce traité entrera progressivement en vigueur, nous devons travailler pour que nos agriculteurs puissent vivre dignement. C’est la raison pour laquelle, dès la semaine prochaine, nous irons à la table du gouvernement pour proposer des réductions fiscales, comme par exemple la défiscalisation des prix FAC de nos agriculteurs, pour leur permettre d’avoir un revenu décent. C’est la raison pour laquelle nous allons travailler les 15–20 ans à supprimer toutes les charges administratives superfétatoires. C’est la raison pour laquelle nous allons, avec David Clarinval, renforcer les contrôles pour que les produits qui sont importés répondent aux mêmes exigences de qualité que les produits que nous produisons en Europe.

Et je voudrais surtout, mesdames et messieurs, dire aux agricultrices et aux agriculteurs de notre pays que le Mouvement Réformateur est pleinement avec eux. Pas dans les mots, dans les actes. Parce que les agriculteurs, ils incarnent deux choses essentielles. Ils sont les acteurs de notre autonomie. Parce que si demain, nous devons, en plus du reste, importer notre alimentation, la fragilité de l’Europe à travers le monde sera encore plus grande. Et surtout, nous qui sommes le parti des travailleuses et des travailleurs, est-ce qu’il y a des travailleurs plus courageux, qui sacrifient plus, qui sont à la fois agriculteurs, comptables, juristes, responsables sanitaires, tant les obligations sur leur tête sont nombreuses, que les agriculteurs ?

Alors mesdames et messieurs, je vous demande vraiment un tonnerre d’applaudissements pour les agricultrices et les agriculteurs de ce pays. J’ai parlé d’Europe, mais l’Europe, et ce n’est pas lui qui va me démentir, ce n’est pas les autres… L’Europe, c’est avant tout nous. Il ne faut pas attendre que les autres fassent la réforme. On doit les mettre en œuvre. C’est ce qu’on fait aujourd’hui au niveau du pays. Le chômage limité à deux ans, ça n’est pas une mesure budgétaire. Ça aura bien sûr des conséquences budgétaires. Mais c’est surtout une révolution culturelle. Sans rien signaler.

C’est de dire que l’État doit toujours être à vos côtés quand vous avez un accident de la vie. Mais ça veut dire aussi que l’État, c’est chacune et chacun d’entre nous. Et que notre devoir, notre responsabilité, c’est de contribuer dès que nous en avons l’occasion. Le chômage à deux ans, c’est surtout celle qui accompagne pour permettre aux gens de reprendre leur vie en main. Alors ce chômage à deux ans nous vaut aujourd’hui énormément de polémiques et d’attaques. Ce sera le cas sur beaucoup d’autres politiques, je vous mets votre cœur à l’aise. Mais qu’est-ce qui compte en fait en politique ? Est-ce que ce que nous voulons, c’est des bisous en permanence ? Alors on devrait se présenter au concours Miss Belgique. Ou être footballeur. Voire chanteur.

N’ayant aucune de ces trois qualités, je me suis dit que ça serait peut-être mieux de faire de la politique. Mais laisser une trace, c’est pas simple. En général, on laisse une trace quand on quitte le chemin. Vous voyez, ici, il y a de la neige. Quand vous marchez sur le chemin, il n’y a déjà plus de neige. Si vous voulez marquer la trace, il va falloir marcher dans les champs. Mais c’est toujours plus sûr de marcher en dehors du chemin. Mais c’est la seule façon de réformer le chemin. C’est la seule façon de changer les choses.

Mais si nous sommes sincères dans notre engagement, on ne peut pas se dire qu’on va changer les choses, mais que tout cela frôle un tapis de pétales de roses. Ça serait bien. Ça serait bien au quotidien. Mais nous ne devons jamais perdre notre boussole. C’est que ça doit être juste. Et pour être justes, ces réformes doivent porter aux bons endroits. Nous allons devoir augmenter la croissance. Ce mot suspect, ce mot coupable. Mais comment voulez-vous ? Comment voulez-vous répartir une richesse que vous n’auriez pas créée ? Oui, la croissance est indispensable. Cette croissance doit se faire dans le progrès, dans le savoir. On doit avoir une croissance du bien-être, une croissance de la qualité de vie. Et pour ça, nous avons besoin d’une croissance économique.

Nous devrons également baisser les dépenses publiques. Parce que le parti libéral, c’est le parti qui veut baisser l’impôt. Mais si nous sommes là aussi totalement sincères, on ne pourra pas baisser l’impôt si on ne baisse pas les dépenses. C’est pourquoi nous réformerons les provinces pour diminuer le nombre de mandats politiques qui existent dans notre pays. C’est pourquoi nous allons supprimer le Sénat. C’est pourquoi nous devons avancer. Nous allons fusionner communes et CPAS. Mais nous devons aussi avancer sur la fusion des communes. Pas n’importe comment. Pas n’importe comment. C’est la raison pour laquelle, dès lundi, je lancerai, au sein du Mouvement Réformateur, une initiative, d’abord avec nos bourgmestres, et puis avec l’ensemble des élus pour arrêter les critères les plus justes, afin de pouvoir diminuer le nombre de communes et permettre à la Wallonie de faire des économies qui seront rendues aux travailleuses et aux travailleurs.

Nous devons, de façon globale, diminuer le nombre de mandats politiques. Et je sais que ce n’est pas simple à dire dans une salle où il y a des mandataires. Mais mesdames et messieurs, est-ce que l’on peut encore continuer à avoir, si vous regardez la région bruxelloise, plus de 100 personnes, par exemple, qui ont un mandat politique dans le secteur culturel ? Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux que cet argent aille aux créatifs ? Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux que cet argent permette aux acteurs de la culture d’être mieux rémunérés ?

Alors, c’est un exemple parmi d’autres. Je pourrais les multiplier. Parce que notre pays, aujourd’hui, souffre du nombre d’intermédiaires. Parmi ceux-ci, vous avez certainement vu la question des mutuelles. Alors, je vous fais une confidence. Je n’aime pas déclencher des polémiques. Voilà, je savais que ce ne serait pas cool. Le problème, c’est que dans ce pays, dès que vous dites quelque chose de bon sens, ça peut être polémique. Prenez un exemple : les mutuelles. Je savais que je ne devais pas toucher à ça, mais c’était plus fort que moi. Pourquoi ?

Eh bien, évidemment que personne ne veut fragiliser le patient. Mais aujourd’hui, nos mutuelles reçoivent une mission déléguée de l’État, qui est d’ailleurs exercée par un organisme non politisé, non partisan, totalement public, qui s’appelle la CAAMI. Et en plus de ça, ces mutuelles offrent des assurances privées. Et qu’est-ce que j’ai pu constater ? C’est qu’elles ne payaient pas le même impôt que les autres caisses d’assurance privées. Vous allez chercher une assurance chez AXA ou à la DKV, j’ai choisi au hasard. Eh bien, ces entreprises payent de l’impôt. L’impôt des sociétés, pas les mutuelles.

Je me suis dit, ça doit être une erreur. C’est pas possible que des mutuelles, essentiellement marquées à gauche, ne veuillent pas payer de l’impôt. Elles sont tellement promptes à nous expliquer que les autres doivent payer de l’impôt. (Et dans un principe un peu chrétien, j’ai quand même les Engagés comme partenaire, il reste des traces) je me suis dit que toute charité bien ordonnée commence par soi-même. Eh bien figurez-vous que non. Alors j’ai creusé un petit peu. Et là, qu’est-ce que j’ai découvert ?

Qu’en fait, une association comme CAP 48 paye un impôt sur son patrimoine. Pourquoi ? Parce qu’il existe une taxe en Belgique : vous devez donner 0,45% de la valeur de votre patrimoine en impôts pour toutes les grandes ASBL. Les pauvres sœurs le font. Et là aussi, apparemment, pas les mutuelles. C’est fou ça. Parce qu’en fait, quand on souhaite leur appliquer l’impôt sur les sociétés, elles disent « Non, nous, on fait de l’économie sociale ». Je suis certain que la DKV serait très heureuse d’appliquer tout aussi longtemps l’économie sociale avec des assurances de santé, mais à des taux différents. Alors, si ce n’est pas l’impôt sur les sociétés, ce sont les ASBL. Ah là, non, elles ne font plus d’économie sociale. Elles font certainement du traitement commercial.

Alors, mesdames et messieurs, à travers cet exemple, bien évidemment que je n’ai aucune envie de taxer. Et si la conséquence de ce débat est de baisser l’impôt sur les sociétés, et/ou baisser l’impôt sur les ASBL, voire le supprimer, j’en serais ravi. Mais il y a une chose que je ne supporte plus, c’est l’hypocrisie. Et dans la gestion publique de ce pays, il y a énormément de problèmes.

Et donc, c’est vrai que j’ai du mal, en tant Jean-Pascalle Labille expliquer que nos entreprises devraient payer plus d’impôts, que les patrons gagnent trop alors que, pour une partie d’entre eux, il y a beaucoup moins que lui, et de l’autre côté, de voir que les formations politiques ont assuré le fait d’avoir des exonérations d’impôts et des niches fiscales pour ces acteurs.

Alors la seule chose que nous voulons, c’est l’égalité devant l’impôt. Mais nous ne le voulons pas pour embêter les gens. Nous le voulons parce que l’égalité devant l’impôt va permettre deux choses.

La première, c’est d’arrêter d’augmenter celui de celles et ceux qui se lèvent pour travailler chaque jour, pour investir et même pour épargner. Parce que oui, on a le droit d’épargner.

Et il va permettre une deuxième chose. C’est que si chacun paye le juste impôt, on va pouvoir baisser cet impôt. Baisser cet impôt pour les femmes et les hommes qui travaillent dans notre pays. Mais il n’est plus question d’avoir des privilèges. Il n’est plus question de vouloir tout le temps presser le citron sur les mêmes.

C’est la raison pour laquelle j’ai pris un engagement. C’est que ce gouvernement a fait 32 milliards d’euros d’efforts budgétaires. 80% en réduction de dépenses, 20% en recettes. C’est un équilibre qui n’a jamais été vu dans notre pays. D’habitude, c’était plus ou moins 50–50, dans les meilleurs jours. Il ne faut plus d’impôts à l’avenir. Nous devons terminer cette législature sans aucun nouveau prélèvement. Le zéro impôt, c’était notre engagement. Nous devons le respecter, pour toutes les femmes et les hommes qui travaillent.

Alors, des réformes socio-économiques, mais aussi des réformes en matière de sécurité. Parce que la justice, c’est la valeur cardinale de notre projet. La justice, c’est quoi ? C’est de permettre que le casseur devienne le payeur. Vous avez certainement vu, pendant les fêtes, des gens qui considéraient que célébrer la victoire lors d’un match de football revenait à utiliser une clé à molette du coffre. C’est original. Des feux d’artifice contre des policiers et détruire des rames de bus. Alors on risque d’endormir certains.

Je considère qu’on n’a pas à avoir la moindre tolérance par rapport à ces actes. Il n’y a pas d’explication. Il n’y a aucune situation sociale qui peut justifier ça. Parce que tout à l’heure, je parlais des agriculteurs. Je peux vous dire aujourd’hui que, quand vous êtes un fils d’agriculteur, votre avenir, il n’est pas tout tracé. Pourtant, j’ai rarement vu des destructions de biens publics en province de Luxembourg, voire en Brabant wallon. Alors à un moment, il faut arrêter avec la cause d’excuse. Il n’y a pas de cause d’excuse là-bas.

Le principe du casseur-payeur, c’est le principe même de la responsabilisation. C’est le principe même de dire que les gens qui travaillent n’ont pas à payer de leurs impôts pour la quatrième fois le même abribus. Parce que des gens qui, souvent, ne travaillent pas, doivent permettre à ce que les personnes qui ont commis des actes de délinquance et qui, aujourd’hui, sont dans nos prisons et en situation irrégulière puissent être renvoyées dans leur pays d’origine. Et je voudrais être totalement précis là-dessus.

La Belgique est une terre d’accueil et elle doit le rester. La Belgique doit mieux accompagner les femmes et les hommes qui viennent dans notre pays pour bâtir ensemble notre Belgique. Mais dans le même temps, notre pays doit être respecté. Et se faire respecter, c’est envoyer le signal qu’il n’y a pas de place pour ceux qui sont venus ici pour commettre des actes de délinquance. Ça n’est pas amener le parti dans une droite radicale que de dire ça. C’est au contraire être le vrai rempart contre l’extrême gauche et l’extrême droite.

C’est être le vrai rempart contre les populistes. Parce que si les gens de bien n’ont pas le courage d’affronter les problèmes, si les gens de bien n’osent pas assumer que nous avons deux fois plus de non-nationaux dans nos prisons que la moyenne européenne, eh bien alors, les gens tomberont dans les bras des populistes, des pires espèces. Alors oui, nous allons les renvoyer, nous allons également faire en sorte que les conditions d’accès à la nationalité belge soient renforcées, de façon très simple. C’est que, pour devenir belge, il faille réussir son parcours d’intégration, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Parce que, je le dis souvent, la solidarité va dans les deux sens. Et aujourd’hui, il faut avoir le courage de dire à quelqu’un qu’il n’y a pas d’avenir dans ce pays si on n’apprend pas au moins une des langues nationales, qu’il n’y a pas de possibilité de garantir le vivre-ensemble si on ne partage pas le même corpus de valeurs, mais que, dans le même temps, toutes celles et tous ceux qui font des efforts doivent être récompensés, complètement intégrés, qu’on doit lutter avec force contre toutes les discriminations.

C’est à ce prix, c’est avec ce principe de justice que nous pourrons être légitimes dans la fermeté. Alors mesdames et messieurs, j’ose le dire, même si ce n’est pas la mode dans ce pays, j’aime la Belgique. J’aime ce pays. Ce pays de progrès. Et quand on aime ce pays, on doit savoir une chose. C’est qu’être belge ou le devenir, ce n’est pas un droit. C’est un honneur.

Aussi, imaginez un instant en sortant d’ici, vous allez au restaurant, c’est dimanche, vous mangez tout le repas au champagne, vous prenez du homard, et tant qu’à faire un peu de caviar. Et à la fin, vous téléphonez à votre fils ou à votre fille, et vous lui dites qu’il doit passer pour régler la dette. C’est comme ça que nous vivons. Chaque bébé qui naît en Belgique aujourd’hui a une dette de 50 à 60 000 euros pour rembourser notre modèle. Il devra en plus gagner de l’argent pour son propre confort personnel, et en plus, pour garantir la solidarité de sa génération.

Alors oui, c’est dur. Mais il y a deux manières de voir la politique. Soit on travaille pour les prochaines élections, soit on travaille pour les prochaines générations. L’engagement que je nous demande de prendre, c’est de travailler pour les prochaines générations. Parce qu’en faisant ça, on gagnera les prochaines élections ! Car je suis sur que l’électeur reconnaîtra les gens honnêtes, les personnes cohérentes et les personnes courageuses. J’en suis convaincu.

Et donc, quand j’entends les autres parler à ce point de vous, ça me rassure. Parce qu’en politique, quand vous parlez des autres, c’est que vous n’avez rien à dire. Le seul qui a à dire aujourd’hui, c’est le Mouvement Réformateur. Parce que tous les autres parlent de nous. Tout le monde. Alors, vraiment, je vous demande, je vous demande de toujours rester sur notre ligne. De ne pas faiblir. Surtout, d’être en campagne chaque jour.

Parce que la campagne, ce n’est pas sale. Une campagne électorale, ce n’est pas pour amener les gens à voter pour nous. C’est avant tout pour les convaincre de nos idées. Et on ne doit pas attendre 2020 pour convaincre 2022. C’est tous les jours qu’on doit convaincre les gens de nos idées. Alors on a lancé cette tournée de conférences, mais vous, au quotidien, vous devez refaire du porte-à-porte. Ça fait un an que les conseils communaux sont installés. C’est le bon moment d’aller voir les gens.

Il faut aller serrer des mains partout. Il faut faire campagne chaque jour. Et si vous avez le moindre doute, il faut revenir vers nous. Il ne faut pas hésiter. Tous les débats sont possibles, tout le temps. Il faut prendre des argumentaires. Il faut se renseigner. Il faut aller au combat. Il faut aller au combat chaque jour. Parce que oui, nous, le parti libéral, on fonctionne sans dogme, mais aussi sans contrainte d’ASBL, de mutuelles, de syndicats, qui nous demandent de travailler dans des intérêts particuliers. Nous travaillons uniquement pour un intérêt général.

Alors, avec ces idées, je vous souhaite une chose en 2026. C’est d’être heureux. Ça c’est l’essentiel. C’est d’être plus heureux ce soir que quand vous vous êtes levés ce matin. Il ne faut jamais faire de statu quo. Quels que soient les contraintes, prenez un peu de champ. Et si je me permets, je rajouterai deux choses. Soyez courageux. Parce que le courage, c’est le moteur du changement. Vous pouvez être la personne la plus intelligente, la plus travailleuse, la plus exemplaire. Si vous manquez de courage, vous ne changerez jamais rien. Et du courage, les libéraux, on en a. Et surtout, surtout en 2026, plus que jamais, soyez fiers des libéraux !