À Eupen, devant les libéraux MR et PFF rassemblés pour la cérémonie des vœux, Georges-Louis Bouchez a livré un discours mêlant défense de la liberté à l’international, diagnostic sur l’état de l’Europe et plaidoyer pour les réformes menées par l’Arizona.

Il a d’abord rendu hommage au courage des Iraniennes et des Iraniens qui se battent pour leurs droits fondamentaux, y voyant un rappel de la chance que constitue notre démocratie libérale et de la nécessité de protéger sans relâche la liberté d’expression.

Le président du MR a ensuite élargi la focale au niveau européen. Selon lui, l’Union européenne ne peut plus se contenter de postures morales si elle veut peser dans le monde : elle doit assumer une souveraineté pleine, militaire, industrielle et technologique. Il a mis en garde contre le décrochage de l’Europe dans le domaine de l’intelligence artificielle, largement dominé par les États-Unis et la Chine, au risque de transformer l’UE en simple spectatrice qui commente sans jamais décider.

Revenant à la Belgique, Georges-Louis Bouchez a défendu avec vigueur la limitation du chômage à 2 ans, qu’il présente comme une réforme de justice sociale visant à remettre le travail au centre de la société et à sauver durablement le système de solidarité. Il a dénoncé les effets destructeurs de l’inactivité prolongée dans certains quartiers de villes comme Mons, Charleroi ou Liège, et rappelé que la solidarité doit être réciproque : la collectivité soutient celles et ceux qui traversent un accident de la vie, mais chacun doit contribuer quand il le peut.

Le président a également insisté sur la nécessité de maîtriser la dette publique et de réorienter les dépenses de l’État. Il a défendu la réindustrialisation, le maintien du nucléaire comme pilier de la souveraineté énergétique, et une rationalisation de nos structures institutionnelles : réduction du nombre de ministres, suppression des provinces, fusion de communes et simplification de l’architecture publique. Dans le même esprit, il a critiqué les privilèges fiscaux des mutualités et plaidé pour qu’elles soient soumises aux mêmes règles que les autres acteurs, afin de financer une réduction d’impôt ciblée pour les jeunes travailleurs.

Enfin, Georges-Louis Bouchez a abordé la question institutionnelle et identitaire, en réaffirmant la volonté de supprimer le Sénat tout en garantissant une représentation fédérale de la Communauté germanophone, qu’il considère comme un partenaire à part entière de la Belgique à trois langues. Il a aussi annoncé un durcissement des conditions d’accès à la nationalité belge, rappelant qu’être Belge n’est pas seulement un droit, mais un honneur et un engagement à respecter un pays parmi les plus progressistes au monde. Il a conclu en appelant les militants à ne pas s’excuser d’être libéraux, à défendre les réformes sur le terrain, et à aborder 2026 avec bonheur, courage et fierté.

Retrouvez son discours complet ici

Bonsoir à toutes et tous,
Guten Abend allerseits,

Tout d’abord, j’aimerais débuter en soulignant le combat mené par les Iraniennes et les Iraniens. Un combat libéral, à travers le monde, dont on ne parle pas beaucoup dans nos médias, ce qui, à mon sens, révèle certaines difficultés dans notre débat public. C’est ce qui se passe aujourd’hui en Iran.

Parce que certains journalistes vont vous expliquer qu’il s’agit d’une révolte contre la vie chère. C’est oublier les révoltes de 2017, les révoltes de 2022 et le courage de ces femmes et de ces hommes qui incarnent en fait le record de courage, au point d’être prêts à mourir pour faire en sorte que leur pays connaisse ce que nous, nous connaissons depuis maintenant plus de 70 années et qui nous paraît tellement naturel, qui nous paraît tellement banal.

Je pense que ce combat, nous devons le soutenir tout d’abord parce qu’il fait écho à la chance que nous avons. Parce qu’il nous rappelle que cette chance n’est jamais acquise pour l’éternité et que, donc, nous ne devons jamais tolérer les atteintes à la liberté d’expression. Et même si nos idées ne plaisent pas à certaines formations politiques ou à certaines structures autoproclamées antifascistes, qui ont pourtant parfois des attitudes qui le sont, nous devons toujours nous battre pour permettre à chacune et chacun de pouvoir exprimer ses idées.

Nous devons également soutenir ce combat parce qu’on n’est pas libéral pour soi-même. On est libéral si l’on veut la liberté pour soi, mais aussi si l’on veut la liberté pour les autres. La philosophie libérale est par essence universelle. On ne peut pas vivre dans une société libérale si l’on estime être les seuls à pouvoir bénéficier de ses idées.

Puisque notre projet se veut universel, je vous demande vraiment de partager ce combat, de leur faire savoir, via les réseaux. J’ai été contacté à plusieurs reprises par des membres de l’opposition iranienne qui attendent ce soutien, qui attendent un réveil de la part de nos politiques. Je vous demande vraiment de mener ce combat libéral avec les Iraniennes et les Iraniens, mais, de façon plus globale, avec toutes les personnes dans le monde qui aspirent à partager notre chance : celle de vivre dans une démocratie libérale.

Et quand je vous dis d’être fiers d’être des libéraux, ce n’est pas par distraction. C’est le seul modèle de société qui a amené le niveau de bien-être que nous connaissons aujourd’hui. Alors, notre pays a certainement énormément de problèmes, mais n’oubliez jamais qu’il est sans aucun doute l’un des pays où il fait le mieux vivre au monde, et se le rappeler chaque jour permet peut-être aussi de s’engager différemment dans notre combat, qu’il soit citoyen ou politique.

Alors, le but de ces enjeux, c’est aussi de pouvoir défendre ces principes. Et pour les défendre, on doit en avoir la capacité. Or, on se rend compte aujourd’hui que l’Union européenne n’a plus la capacité de défendre ses valeurs. Si l’Union européenne est sincère dans sa volonté de défendre des valeurs et un projet, elle doit alors avoir le courage d’atteindre la souveraineté. Aujourd’hui, l’Union européenne a souvent préféré les postures plutôt que d’affronter la dureté de la réalité.

Parce que oui, si nous voulons pouvoir diffuser ces valeurs, si nous voulons représenter encore quelque chose dans le monde, nous devons avoir une puissance militaire autonome. Nous devons avoir une capacité industrielle. Je parlais de l’Allemagne tout à l’heure. Un géant industriel comme l’Allemagne, qui aujourd’hui connaît un déclin rapide de son industrie, doit nous inquiéter, chacune et chacun, car il y a un enjeu économique et il y a également derrière un enjeu de souveraineté.

L’autonomie aussi, sur le plan de l’intelligence artificielle, dont on a parlé ce matin dans une conférence de presse du Mouvement Réformateur. Cette intelligence artificielle va transformer la société comme aucune autre révolution industrielle auparavant. Or, est-ce que vous savez qu’aujourd’hui seulement 5% des investissements mondiaux dans la recherche et le développement de l’intelligence artificielle se font en Europe ? 52% de ces investissements se font aux États-Unis, 40% en Chine.

Comment voulez-vous que l’Europe ait encore une place à travers le monde lorsque la Chine et les États-Unis maîtriseront l’ensemble de ces technologies et que nous serons dépendants pour pouvoir en bénéficier ? On aura beau être très malins pour faire des tweets pour condamner l’attitude de Trump ou pour vouloir sanctionner celle de la Chine, nous n’aurons tout simplement plus rien à dire.

Alors, Mesdames et Messieurs, ces enjeux paraissent parfois lointains, mais ils vous concernent. Aujourd’hui, au Parlement, on passe des jours à parler du prix de la frite, de savoir si la frite va augmenter de 10 ou de 20 centimes. Mais si l’Europe ne retrouve pas une pleine souveraineté, si nous n’abordons pas des défis majeurs comme celui de l’intelligence artificielle, on ne parlera plus de frites, on ne parlera plus de kayak, on ne parlera plus de bien-être : on parlera de survie.

Alors, de grâce, si j’ai un vœu à formuler pour cette année, c’est que l’on retrouve le sens des grands enjeux, des grandes réformes, qui passent par l’Europe et aussi, bien évidemment, par notre pays. Parce que l’Europe, ce n’est pas les autres. L’Europe, c’est nous.

Alors, ces réformes, on a commencé à les faire. Dans l’emploi en particulier, avec ce qui fait beaucoup parler : la limitation du chômage à deux ans. Cette limitation est présentée par certains comme une grande catastrophe. Il se fait que je viens de Mons. Vous connaissez peut-être Mons, une très belle ville. Vous connaissez peut-être Charleroi, vous connaissez peut-être Liège, vous connaissez peut-être La Louvière. Ce sont les résultats du chômage illimité dans le temps.

Il suffit d’aller se balader dans certains quartiers où, parfois, l’ensemble de la population n’a jamais travaillé de sa vie. Il suffit d’aller voir dans certaines rues où l’on est chômeur depuis trois générations. Il suffit de voir les dégâts sociaux et humains, en matière de santé, que l’inactivité peut générer. Alors oui, Mesdames et Messieurs, je suis extrêmement fier d’être à la tête d’un parti qui a mis fin à une anomalie, qui a fait croire aux gens que la solidarité était un Mister Cash et que l’inactivité était un horizon.

La solidarité doit aller dans les deux sens. On doit bien évidemment recevoir l’aide de la collectivité quand on a un accident de la vie. Mais si l’on veut pouvoir recevoir cette aide, il faut aussi pouvoir contribuer quand on en a la capacité. C’est une règle de base, c’est une volonté simple : remettre le travail au cœur de la société.

Ces réformes sont contestées. Elles sont contestées dans la rue. Elles sont contestées sur les réseaux sociaux. Mais j’ai lu, à Noël, qu’un monsieur de Charleroi qui fait du pain – il y a le boulanger de Charleroi et le boucher de Mons – disait qu’il ne remettrait pas en cause le chômage limité dans le temps. Ça veut dire qu’en fait, ils ne vont pas changer nos réformes. Ils ne vont pas les remettre en cause. Pourquoi ? Parce que ces réformes sont indispensables si l’on veut donner un sens à la vie.

Alors je leur pose une question : pourquoi manifester ? Pourquoi casser ? Pourquoi critiquer ? Moi, je m’attendais à ce qu’ils me disent : « Eh bien, nous allons remettre la pension à 60 ans. On va remettre le chômage illimité. On va permettre à des gens de partir à la pension à 55 ans. On va augmenter les subsides et les dépenses. » Ils ne proposent pas cela. Parce que c’est juste impossible. Parce que même eux savent que c’est impossible.

Parce que le jour où les caisses sont vides, il n’y a plus rien pour personne. Et c’est cela que nous évitons aujourd’hui. Et ce que je veux vous faire passer, c’est que oui, ces réformes sauvent notre système social. Parce que sauver le système social, ce n’est pas vider les caisses, c’est s’assurer qu’il en reste toujours au moins un petit peu pour le futur. C’est s’assurer aussi d’une autre chose : que nos enfants aient un avenir.

Aujourd’hui, vous ne le savez peut-être pas, mais chaque enfant qui naît dans ce pays naît avec une dette entre 50 000 et 60 000 euros. Un bébé qui vient de naître. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui nous ne répartissons plus la richesse. Nous vivons avec les fruits de la dette. Nous créons de la dette pour pouvoir continuer à vivre à un niveau de vie qui est complètement déconnecté de nos résultats économiques.

Et donc, cela revient de façon assez simple à aller manger au restaurant, à commander du champagne, à prendre du homard et du caviar, et puis, à la fin, à téléphoner à votre fils ou votre fille et à lui dire de passer pour payer l’addition. Est-ce qu’il y en a un dans la salle qui trouverait que ce serait un bon comportement ? Pourtant, c’est comme ça que nous vivons. C’est comme ça que nous vivons quotidiennement. Et c’est à cela que nous voulons répondre.

Pour répondre, ce n’est pas compliqué, il y a deux axes. Le premier axe, c’est d’augmenter la croissance. Je parlais de l’industrie : on doit réindustrialiser. Et ce n’est pas par distraction que le MR s’est autant engagé pour sauver le nucléaire dans notre pays. C’est un enjeu de développement économique, mais c’est aussi un enjeu de souveraineté.

Cela nous permet d’être moins dépendants de pays comme la Russie, du monde arabe, voire même des États-Unis, qui restent un allié, mais un allié ne veut pas dire que l’on partage toujours les mêmes visions. Et, vous savez, le contrôle est toujours plus sûr que la confiance.

Et donc, à ce titre-là, cet engagement, qui a été présenté comme une querelle politique, était plutôt un engagement pour l’avenir. Et le temps nous a donné raison.

Cet engagement doit nous permettre, je le disais, d’augmenter la croissance, mais il y a un autre enjeu, c’est celui de réduire la dépense publique, et j’y reviendrai.

Mais, bien évidemment, la gauche a une autre idée. Elle nous dit qu’il faut taxer les épaules les plus larges. Faites attention : si vous faites un peu de musculation, vous êtes dans le viseur. Alors, moi, j’ai essayé de savoir qui étaient les épaules les plus larges.

J’ai un peu regardé à gauche et à droite. Je vois que, pour la gauche, c’est parfois un entrepreneur qui a peut-être deux ou trois bâtiments, quelques actions : c’est très, très grave. Et puis j’ai regardé, j’ai dit : non, ça, ce n’est pas une épaule large. Ça, c’est quelqu’un de la classe moyenne qui travaille et qui a un peu réussi. C’est bien, il faut pousser cela.

Et je me suis rendu compte, figurez-vous, qu’en fait il y avait des mutuelles dans notre pays qui ont plus de 6 milliards d’euros de patrimoine privé. Alors, j’ai vu leur défense. Ils disent : « Non, non, ce patrimoine, c’est un budget de sauvegarde en cas de difficulté de l’assurance maladie. »

Alors j’ai été revoir de plus près, parce que je me suis dit : « Georges-Louis, tu as peut-être été trop rapide. » Il y a une bonne adresse à Dinant, par exemple : ils ont des hôtels de luxe, ouverts même les jours de grève ; ils ont des actions en bourse, des obligations, de l’épargne.

Est-ce que c’est normal que des structures privées, qui reçoivent une mission déléguée de l’État, arrivent à constituer un patrimoine de plus de 6 milliards, constitué, par exemple, de domaines skiables à l’étranger ? Vous avez peut-être un jour été skier dans un domaine qui appartient à l’une des mutualités en Belgique. Est-ce que c’est normal ?

Mais je me suis dit : à la rigueur, s’ils paient des impôts, ce n’est pas grave, c’est qu’ils ont bien réussi. Mais figurez-vous que ce n’est pas le cas. Parce que, sur les quatre dernières années, les mutuelles ont éludé 400 millions d’euros d’impôts.

Comment ? Pour une raison simple : la loi indique très clairement que lorsque les mutuelles vendent les mêmes produits d’assurance qu’une compagnie privée, par exemple DKV, les mutuelles ne doivent pas payer l’impôt des sociétés.

Alors je me suis dit : ce n’est pas possible. Pas Monsieur Labille, le président de Solidaris, qui fait de grandes leçons du matin au soir. C’est quand même un homme de gauche. Les hommes de gauche, vous savez, ils ont une grande vertu morale, une supériorité morale. Ils savent le bien, ils font le bien, ils sont généreux. Nous, on est du côté du droit, c’est plus compliqué…

Eh bien, figurez-vous, c’est pire que ça. C’est qu’en fait, normalement, les ASBL qui ont un patrimoine de plus d’un demi-million d’euros doivent payer une taxe de 0,45% sur ce patrimoine. Sauf les mutuelles.

Alors là, je me suis dit : ce n’est plus une erreur, c’est une boulette. La réalité, vous l’aurez compris, c’est que les partis de gauche ont tout fait pour prémunir certains acteurs.

Nous, ce que nous demandons aujourd’hui, c’est très simple : que les mutuelles paient les mêmes impôts que les autres. Pas de créer un nouvel impôt, pas de faire un impôt spécifique : le même impôt que les autres. C’est ça, l’égalité devant l’impôt.

Et pourquoi ? Pour utiliser ces 165 millions d’euros afin de baisser l’impôt des personnes qui commencent un emploi, en leur permettant, lors de leur première année de travail, de payer la moitié de l’impôt qu’elles auraient dû payer.

Pourquoi ? Parce qu’en fait, quand on commence un emploi, bien souvent, on doit acheter un véhicule, on engage des frais vestimentaires, une série d’éléments liés au travail. Eh bien, nous voulons donner un pied à l’étrier et permettre aux gens de comprendre qu’ils ont un intérêt à travailler. Nous voulons utiliser ces moyens pour leur donner un coup de boost dès le départ.

Alors, j’ai été surpris. Parce que je croyais que les mutuelles allaient me féliciter et me dire : « Georges-Louis, tu as raison. » Nous, nous sommes des gens solidaires, et donc nous allons être solidaires avec ces jeunes travailleurs. Eh bien non.

Vous savez ce qu’elles ont fait ? Elles sont allées dans les journaux expliquer qu’en fait, elles allaient être obligées d’augmenter les cotisations des gens. Donc elles ont signé une pétition.

Alors là, j’ai deux choses à vous dire. La première, c’est que c’est très bizarre, parce que lorsque la gauche dit qu’elle veut taxer les banques, personne ne s’inquiète de savoir si les banques vont augmenter les frais bancaires, par exemple les frais que vous payez tous les mois. Là, ça ne pose pas de problème.

Mais il y a surtout un deuxième élément majeur. Il faut quand même le rappeler : personne n’est obligé d’avoir une mutuelle. Et c’est là d’où vient l’ambiguïté.

Vous avez une couverture sociale qui est garantie par l’État. Les gens pensent que c’est leur mutuelle qui les rembourse, mais la mutuelle n’est qu’un attelage administratif inutile, et particulièrement inutile à l’époque de l’intelligence artificielle. Pour obtenir le remboursement de vos soins de santé, vous pourriez introduire votre carte d’identité dans un lecteur et, automatiquement, avoir le montant que vous devez payer, et le médecin serait crédité sur son compte. Cela prend une fraction de seconde avec un logiciel. Toute la machinerie des mutuelles n’est pas indispensable.

Et d’ailleurs, si vous ne voulez pas choisir de mutuelle, vous pouvez vous affilier à la seule caisse de l’État qui le garantit.

Donc l’idée de dire qu’aller demander aux mutuelles leur dû engendrerait une augmentation pour le citoyen est fausse. C’est un argument utilisé pour une raison simple : c’est exactement la même motivation que les syndicats qui se sont opposés au chômage limité à deux ans parce que ça leur fait perdre des milliers d’affiliés du jour au lendemain.

C’est un argument pour préserver un business model. Ce business model, c’est le business model de la précarité, de la maladie. Parce qu’à chaque fois qu’il y a un malade de plus, les mutuelles touchent plus d’argent. À chaque fois qu’il y a un chômeur de plus, avec les frais de gestion, les syndicats touchent plus d’argent.

Et vous verrez que, dans les prochaines semaines, les prochains mois, cela va encore susciter beaucoup de réactions. C’est normal. Une grande partie de leur business et de leur financement vient du nombre de chômeurs indemnisés. Vous avez compris pourquoi ils sont si nerveux.

Alors, quand les gens sont agressifs, souvent, il y a une question d’argent derrière. C’est malheureux, mais souvent, c’est le cas.

Donc ne croyez pas que les réformes que nous prenons sont des réformes inhumaines. Ce sont, au contraire, des réformes qui visent à rendre notre État plus efficace. Pour le rendre plus efficace, nous devons aussi – et surtout – réduire la voilure de l’État.

L’État dépense trop. Nous dépensons aujourd’hui 55% de notre PIB en dépenses publiques. Les Pays-Bas font le même travail pour 45% de leur PIB. Et quand je dis « le même travail », c’est parce que je ne vais même pas me risquer à comparer les routes de Wallonie avec les routes des Pays-Bas, ni la rapidité de la justice chez eux avec celle chez nous, ni le taux d’emploi, qui dépasse 80% aux Pays-Bas, contre 72% en Belgique et 65% en Wallonie.

Les Pays-Bas affichent les meilleurs indicateurs européens, dont le plus haut niveau de pension, et pourtant, ils y parviennent en dépensant proportionnellement moins d’argent public. Comment font-ils ? Ce n’est pas compliqué : ils ont un État plus simple.

Ils ont un gouvernement. Il faut réduire le nombre de ministres. On a déjà commencé : il y a 9 ministres de moins dans les gouvernements formés avec le Mouvement Réformateur entre la précédente législature et l’actuelle. Mais il faudra aller plus loin, et nous espérons que Bruxelles pourra donner l’exemple.

Deuxième élément : on doit supprimer les provinces. C’est l’engagement qu’a pris le gouvernement wallon. Cela ne veut pas dire supprimer les services provinciaux. Bien évidemment que l’enseignant qui donne cours dans le réseau provincial va continuer à donner cours, on a besoin de lui.

Par contre, est-ce que l’enseignant a vraiment besoin d’avoir autant de conseillers provinciaux ? Est-ce qu’il a vraiment besoin d’avoir un député provincial au-dessus de sa tête, en plus de toutes les autres structures ?

On doit également aller plus loin dans la fusion entre les communes et les CPAS, mais aussi – je le dis – avancer sur la fusion des communes.

Si toutes les communes en Wallonie faisaient au minimum 15 000 habitants, nous pourrions économiser 160 millions d’euros chaque année. Bien sûr, il faudra affiner, travailler sur les critères, et je lancerai une initiative auprès de nos bourgmestres libéraux sur ce sujet. Mais considérer, à une époque de facilités numériques et de mobilité accrue, que nous devons garder le même nombre de communes qu’au début des années 70 n’a plus beaucoup de sens.

Enfin, un dernier mot sur un sujet qui vous concerne très directement : la suppression du Sénat. Il faut avancer et conclure la suppression du Sénat.

Néanmoins, cette suppression emporte une conséquence extrêmement négative et dommageable pour la Communauté germanophone : le fait de ne plus avoir de représentation garantie au niveau fédéral.

Je me suis engagé auprès de Gregor Freches, et il le sait. Nous avons mené les démarches au Sénat, nous les menons au Parlement, je les ai menées auprès du Premier ministre, et nous allons continuer.

Nous voulons, suite à la suppression du Sénat, pouvoir établir une représentation garantie de la Communauté germanophone au sein du Parlement fédéral. Vous êtes d’ailleurs l’une des entités les plus efficaces en termes d’emploi, de gestion publique, d’enseignement, et donc le fait de pouvoir bénéficier de votre expertise au sein du Parlement fédéral sera un appui précieux.

Je le disais : la Belgique, ce n’est pas deux grandes communautés, c’est trois langues. Et cela doit se refléter dans nos institutions.

Alors, nous continuerons ce combat. Je vous demande vraiment de vous mobiliser autour de vos représentants, autour de Sacha Brandt, de Gregor Freches. Vous pouvez vraiment compter sur le Mouvement Réformateur pour aller de l’avant sur ce sujet.

Je ne serai pas beaucoup plus long. J’ai juste un mot à vous faire passer, parce que ça commence à faire chaud, et puis on a quand même mérité un petit verre – on a bravé la neige.

Je veux juste vous dire un mot sur le plan interne. Nos réformes suscitent énormément de débats. Mais ne vous excusez pas. N’ayez pas peur. Ce que nous faisons est tout simplement ce que nous avons indiqué pendant la campagne.

Nous avions promis de réduire la dépense publique. Nous avions promis de limiter le chômage dans le temps. Nous avions promis de renforcer la sécurité et de réduire l’immigration clandestine. Nous avions promis également de renforcer le sentiment d’appartenance à la Belgique.

Raison pour laquelle nous allons déposer un texte au Parlement pour durcir les conditions d’accès à la nationalité belge. Parce qu’aujourd’hui, on peut rater son parcours d’intégration et, malgré tout, obtenir la nationalité belge.

Alors, notre pays doit bien évidemment être un pays ouvert, un pays qui accueille. Mais c’est aussi un pays qui doit être respecté. Je voudrais rappeler, à propos de cette initiative, qu’être belge, ce n’est pas un droit : c’est un honneur.

C’est faire partie d’une communauté, d’un pays qui est l’un des plus progressistes du monde, où le niveau de vie est parmi les plus élevés, où nous partageons un projet et un idéal libéral.

C’est la raison pour laquelle ce texte constitue, pour nous, un élément important, un signal qui veut à la fois récompenser les femmes et les hommes qui viennent dans ce pays pour le bâtir, pour le construire, mais qui veut aussi envoyer un message à celles et ceux qui pensent que la Belgique serait un paillasson sur lequel on pourrait s’essuyer.

Alors, Mesdames et Messieurs, je vous le disais, un dernier mot interne pour vous dire d’avoir du courage. Parce que, bien sûr, faire des réformes, ce n’est pas simple.

Vous savez, le meilleur moyen de rester populaire, c’est de ne rien faire. On aurait pu très bien occuper le pouvoir, faire plus ou moins comme avant et se dire que ça allait bien se passer.

Moi, je ne crois pas que ce soit la solution. Ce n’est pas la solution parce que, si on fait de la politique, c’est parce qu’on estime qu’on a une responsabilité, pour nos concitoyens mais aussi pour les générations futures.

J’ai aussi la conviction que les électeurs sauront reconnaître les gens courageux, les gens cohérents et les gens honnêtes. Parce que, vous savez, on peut mentir, mentir, mentir… C’est vrai qu’il en reste parfois quelque chose. Mais le temps donne toujours raison à celui qui est juste. On ne peut pas mentir à tout le monde, tout le temps.

Je suis convaincu qu’à travers les prochaines années, en mettant en œuvre nos réformes, en les expliquant, en étant sur le terrain – parce que oui, Mesdames et Messieurs, même s’il neige, il faut mettre ses bottes de neige – la campagne ne se limite pas à la période électorale. C’est tous les jours.

Et aujourd’hui, notre campagne, c’est de convaincre du bien-fondé de nos mesures. C’est d’expliquer. C’est de déconstruire les fake news.

Alors, en 2026, soyez heureux. Parce que c’est quand même le but de tout ce que nous faisons. On se lève le matin avec cette ambition. Être heureux, c’est d’abord une ambition. Soyez heureux. Soyez courageux. Et plus que jamais, soyez fiers d’être des libéraux.

Une excellente année !