Comme d’autres CPAS, le CPAS de la Ville de Bruxelles fait face à un tournant majeur : 7 800 personnes exclues du chômage sur son territoire. Ce chiffre impose une responsabilité.

Pour David Weytsman, Président du CPAS « Depuis le début, ma conviction est claire : l’aide sociale ne peut pas s’installer en marge du marché du travail. Elle doit rester fidèle à sa vocation première — protéger, oui, mais surtout permettre de rebondir. Un CPAS moderne ne gère pas l’inactivité, il organise le retour à l’autonomie. L’aide doit devenir un accélérateur vers l’activité, vers la formation, vers l’emploi durable.»

Un mois après l’entrée en vigueur de la limitation à deux ans des allocations de chômage, 335 personnes se sont déjà présentées. Notre réponse est structurelle : diagnostic rapide, plan d’action individualisé, trajectoire vers l’emploi ou vers la formation qualifiante.

Nous créons pour cela un véritable département de remise à l’emploi. Sa mission est claire : analyser les compétences, identifier les freins, construire un parcours orienté vers les secteurs qui recrutent réellement. Trop longtemps, en Belgique, l’accompagnement social s’est concentré sur la gestion de la précarité. Nous le réorientons vers l’autonomie.

La clé se trouve dans le lien avec l’économie. « En un an, nous avons fortement élargi nos partenariats avec les entreprises. L’ouverture vers le secteur privé change la logique : nous orientons surtout vers les métiers en pénurie, vers les secteurs qui créent de la valeur et recrutent durablement. »

L’article 60 s’inscrit pleinement dans cette stratégie. Il constitue l’un des outils qui permettent une véritable remise dans le rythme du travail et une première expérience structurante. « Nous en triplerons le volume — de 500 à 1 500 contrats par an d’ici 2027 — parce que le dispositif démontre son efficacité. Mais l’objectif n’est pas d’occuper. Il est de qualifier et d’insérer durablement sur le marché du travail. »