Le Mouvement Réformateur signe le retour de la « Bruxelles gagnante ». Après 614 jours de négociations, les libéraux francophones font leur retour dans la majorité bruxelloise et reprennent la ministre-présidence, mettant fin à 22 ans d’absence au sommet de la Région. Dans un contexte de lassitude citoyenne face aux blocages politiques, la formation d’un nouveau gouvernement bruxellois pour la législature 2024‑2029 marque un tournant : le temps des incertitudes se referme, celui de l’action commence.

Pour le Mouvement Réformateur, cette entrée en fonction est un moment qualifié d’historique. Longtemps, certains avaient considéré que Bruxelles ne serait plus une terre libérale et que le MR ne pourrait plus y triompher électoralement, jusqu’à la victoire du 9 juin 2024 sous la conduite de David Leisterh qui a rouvert la voie au pouvoir régional. Après 22 ans hors du gouvernement bruxellois, le MR enverra un nouveau ministre-président dès ce week-end, renouant avec une tradition libérale profondément ancrée dans la capitale.

Cette séquence est aussi vécue comme une leçon politique : malgré la longueur de la crise, les libéraux ont refusé de se résigner et ont maintenu la pression, sur le terrain comme dans les médias, jusqu’à rendre possible un accord de gouvernement ambitieux et clairement marqué par leur empreinte.

La crise de formation n’est pas minimisée : elle est décrite comme une période de honte pour la classe politique et les institutions, qui a nourri les extrêmes de gauche comme de droite. Le conclave qui a permis de débloquer la situation a reposé sur une méthode simple, mais exigeante : se parler, chercher des points d’accord et de compromis, refuser les postures pour construire un véritable projet commun. L’accord conclu n’est pas présenté comme le plus petit dénominateur commun, mais comme un texte de rupture avec les mauvaises habitudes budgétaires et administratives de la Région. Avec ce nouveau gouvernement, le MR veut mettre fin à l’image de « l’enfant malade du pays » et replacer Bruxelles dans son rôle de capitale dont tous les Belges peuvent être fiers.

Le premier axe du nouvel exécutif bruxellois est la remise en ordre des finances régionales, dans une région jusqu’ici considérée comme le plus mauvais élève de l’école belge en matière budgétaire. L’objectif est clair : retrouver l’équilibre budgétaire en 2029, sur la base d’un effort où la majeure partie repose sur la réduction des dépenses et une part plus limitée sur de nouvelles recettes qui ne passent pas par de nouveaux impôts sur les citoyens. Dans le même temps, des baisses d’impôts ciblées sont prévues pour soutenir le pouvoir d’achat et l’accès à la propriété : doublement de certaines primes entraînant une réduction du précompte immobilier, diminution de la pression fiscale régionale à l’impôt des personnes physiques, et relèvement du plafond de l’abattement à l’acquisition d’un bien pour couvrir davantage de ménages. Au total, c’est un signal fort : même dans un contexte budgétaire tendu, Bruxelles peut conjuguer sérieux budgétaire et respiration fiscale.

Cette stratégie s’appuie aussi sur une réforme structurelle de l’administration bruxelloise, qui doit passer d’un paysage morcelé à quelques grands piliers cohérents. Modernisation, recours accru aux nouvelles technologies, simplification des procédures, notamment en matière de permis et de régularisations urbanistiques : l’objectif est d’avoir une administration tournée vers les citoyens, plus efficace, plus lisible et mieux orientée vers le terrain. Il s’agit de mettre fin à la logique d’empilement d’organismes et d’agences qui a trop souvent dilué les responsabilités et ralenti l’action publique.

Sur la mobilité, un des symboles forts du changement porté par le MR est l’abandon du plan largement contesté et décrié, remplacé par un nouveau schéma qui doit tirer les leçons des erreurs du passé. Le futur plan reposera sur des mailles plus petites, concentrées sur les lieux où la sécurité routière est cruciale, comme les abords d’écoles, tout en tenant compte des intérêts économiques et des besoins des services de secours. La réforme de la zone de basses émissions illustre également la volonté d’équilibrer enjeux environnementaux et liberté de circulation. Plutôt que de créer une fracture entre ceux qui peuvent se payer un véhicule récent et les autres, un modèle plus juste permettra aux personnes ne pouvant changer de voiture d’acheter un abonnement annuel pour circuler sans être pénalisées. Ce dispositif vise à éviter l’exclusion de milliers d’usagers tout en maintenant les objectifs de qualité de l’air et de santé publique.

En matière d’emploi, Bruxelles restant la région du pays avec le plus faible taux d’emploi, le nouveau gouvernement fixe un cap : atteindre 70 % de taux d’emploi en 2030. Pour y parvenir, l’activation et l’accompagnement des demandeurs d’emploi seront profondément réformés. L’organisme régional de l’emploi verra ses délais de suivi raccourcis, avec un renforcement du double volet accompagnement/sanction et un recentrage vers le service au public. Un bilan de compétences et un bilan linguistique deviendront obligatoires, avec, le cas échéant, des formations linguistiques et professionnelles imposées pour garantir une réelle montée en compétences. Ces mesures ne se veulent pas punitives, mais émancipatrices : c’est le savoir et la maîtrise d’un métier, plus que la dépendance à l’assistance, qui permettent une insertion durable.

Le secteur du logement fera lui aussi l’objet d’une refonte profonde, dans le sillage des scandales qui ont éclaboussé le logement public bruxellois. L’accord prévoit un regroupement des structures, un renforcement du contrôle et du suivi, et le développement de la location acquisitive pour permettre à davantage de ménages de devenir propriétaires. Le MR assume d’avoir freiné l’encadrement obligatoire des loyers, jugé contre‑productif car il réduit l’offre et la qualité des biens là où il a été testé. La priorité est donnée à la construction de nouveaux logements, publics et privés, afin de faire baisser la pression immobilière, avec une attention particulière pour les classes moyennes, souvent trop « riches » pour les aides, mais trop « pauvres » pour vivre sereinement à Bruxelles. L’objectif est aussi de permettre aux jeunes et aux familles qui veulent bâtir leur vie dans la capitale de pouvoir y rester.

La sécurité figurait au cœur du programme électoral du MR et se retrouve au centre de l’action du nouveau gouvernement. Un investissement important est prévu pour les abords des gares du Midi et du Nord, combinant caméras, infrastructures, nettoyage et accompagnement humain pour rendre ces portes d’entrée de la capitale à nouveau dignes et accueillantes. Le service d’incendie et d’aide médicale urgente sera renforcé par l’engagement de nouveaux pompiers, dans la continuité du travail déjà mené au niveau communal et régional. Un commissaire antidrogue sera créé pour coordonner les services sociaux et la future zone de police unique, avec une approche intégrée mêlant prévention, accompagnement et sanction. Avec un ministre-président libéral, le message est clair : l’impunité ne sera plus la règle.

Sur le plan économique, le MR veut que Bruxelles « mérite mieux ». Deux zones franches sans impôts ni taxes pour les entreprises verront le jour, au port de Bruxelles et sur le site d’Audi, pour relancer l’industrie et attirer de nouveaux investissements. Parallèlement, la Région se donne l’ambition de devenir la capitale européenne de l’intelligence artificielle, en s’appuyant sur ses universités, son écosystème de recherche, son capital humain et son emplacement géographique stratégique. Un grand projet structurant comme le redéploiement du Heysel, avec palais des congrès, rénovation des palais d’exposition et création de logements, vise également à affirmer Bruxelles comme capitale de salons et de congrès au niveau européen.

En matière d’énergie et d’environnement, une anomalie bruxelloise sera corrigée : l’absence de réelle concurrence entre opérateurs électriques, due à des procédures de recouvrement trop complexes. L’ouverture du marché doit permettre aux Bruxellois de réaliser des économies sur leur facture, tout en stimulant l’efficacité. Un budget conséquent sera consacré à des prêts à taux zéro destinés à l’isolation, en particulier pour les ménages qui n’ont pas la capacité d’investir sans soutien, avec l’idée de concilier pouvoir d’achat et performance énergétique. Un Plan Nature renouvelé sera déployé pour protéger les friches et préserver les zones naturelles, afin de faire de Bruxelles une ville agréable à vivre, où biodiversité et développement urbain coexistent. Les sanctions pour incivilités seront renforcées et le service en charge de la propreté sera modernisé pour mieux tenir compte de la réalité du terrain. Les contrats de quartier seront redirigés vers des zones particulièrement touchées par la détresse sociale, la délinquance et le décrochage, afin de concentrer les moyens publics là où ils peuvent avoir le plus d’impact.

La nouvelle majorité met également l’accent sur la santé et la cohésion sociale, avec le déploiement de dispositifs mobiles de soins dans les quartiers les plus précarisés, alors qu’une part importante de la population ne dispose pas de médecin de famille. L’idée est de diagnostiquer plus tôt, d’accompagner mieux et de mener une véritable politique de santé publique en réorientant les budgets vers les publics qui en ont le plus besoin. Le nombre de lits en santé mentale sera augmenté, pour répondre à une problématique encore trop souvent taboue, et une attention particulière sera portée à la lutte contre les violences intrafamiliales ainsi qu’à la protection des personnes LGBTQIA. L’ambition est que plus personne n’ait peur de se déplacer, où que ce soit, à n’importe quelle heure, dans la capitale.

Enfin, un masterplan pour le bilinguisme sera lancé afin de faciliter l’apprentissage du néerlandais pour les agents de la fonction publique et de renforcer l’apprentissage des langues dans la recherche d’un emploi. Dans une région où le chômage reste élevé alors qu’à quelques minutes en transports en commun la Flandre connaît le plein emploi, la maîtrise des langues est considérée comme un outil décisif d’émancipation sociale. Bruxelles est rappelée à sa vocation : maison commune de deux grandes communautés du pays, ciment de la Belgique et capitale de l’Europe.

Pour le président du MR, ce retour à la ministre-présidence ne doit pas être une parenthèse de 3 ans, mais devenir la nouvelle norme. Par le travail au gouvernement, au Parlement, dans les villes et communes, l’objectif est de prouver aux Bruxelloises et aux Bruxellois qu’ils ont eu raison de faire confiance aux libéraux et de leur donner envie de renforcer cette confiance en 2029. La soirée s’est conclue sur un appel à la mobilisation générale : dès demain matin, retourner sur le terrain, de porte en porte, pour expliquer l’accord, le mettre en œuvre et convaincre. Ce nouvel épisode de l’histoire d’amour entre Bruxelles et les libéraux se veut celui d’une « Bruxelles gagnante » : une capitale plus sûre, plus propre, plus juste, plus prospère, dont tous les Belges peuvent à nouveau être fiers.