Le MR et le Gouvernement Wallon relancent la Wallonie

Le 8 avril, le Ministre-Président wallon, Adrien Dolimont, a donné le cap de la Wallonie : être un moteur industriel de l’Europe.

Cela veut dire : une énergie de base abondante et abordable, la fin des contraintes européennes les plus absurdes, des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques et les industries stratégiques, attirer chez nous les cerveaux et les serveurs, afin d’atteindre un taux d’emploi de 70% en Wallonie.

Pour le MR, toute la Wallonie doit se remettre en mouvement.

Foncier, énergie, emploi : tout doit converger pour que notre région redevienne au centre de l’Europe.

Abstract :

Faire de la Wallonie un moteur industriel de l’Europe en assumant un pari économique, social, énergétique et budgétaire.

Trois piliers : une énergie abondante et abordable, une puissance industrielle dans les secteurs stratégiques (acier de haute valeur, défense), une souveraineté sur les cerveaux et les serveurs

Concentrer nos forces pour atteindre l’objectif de taux d’emploi de 70% en Wallonie (80% pour la Belgique) : le Gouvernement concentre les moyens sur le foncier économique (1.500 hectares remobilisés), les infrastructures énergétiques (Boucle du Hainaut, CO₂ et hydrogène) et l’ancrage d’écosystèmes industriels et numériques à haute valeur ajoutée.

Cette stratégie s’accompagne d’une rupture dans la gouvernance publique, de l’accompagnement des chercheurs d’emploi et d’une rigueur budgétaire destinée à casser la spirale de la dette et à dégager des marges pour l’investissement.

Face à une opposition centrée sur les chiffres bruts et les procès d’intention, le Gouvernement est ferme et prend des mesures difficiles mais nécessaires afin d’atteindre nos objectifs et garantir le bien-être des Wallonnes et des Wallons.

Réindustrialisation : notre pari wallon

a. Le constat qu’on assume

L’industrie européenne s’est effondrée : elle pesait 20% du PIB de l’Union en 1990, elle n’en représente plus que 14,3% aujourd’hui. Les secteurs intensifs en énergie ont perdu 20% de leur production depuis 2019. Les prix de l’énergie pour l’industrie ont bondi de 66% entre 2021 et 2025.

L’Europe importe ses modules solaires, ses batteries, son acier stratégique. La facture atteignait 427 milliards d’euros en 2024.

Pendant ce temps-là, la Wallonie regardait ailleurs. On empilait les plans, on multipliait les structures.

Résultat : des procédures interminables, des doublons administratifs, des projets qui s’enlisent. Jusqu’à dix études et dix instances consultées pour un seul projet. Des années perdues dans les couloirs.

Exemples : des friches qui demandent dix ans de procédures pour 163 jours de travaux, des parcs d’activités qui mettent une décennie à voir le jour, des investisseurs qui partent ailleurs.

b. Notre stratégie

Le Gouvernement a fait le choix de la concentration. Pas du saupoudrage localiste, mais de l’effet de levier. Trois piliers : l’énergie abondante et abordable, une puissance industrielle dans des secteurs stratégiques (acier de haute valeur, défense, numérique), et la maîtrise des données et de l’IA industrielle.

Concrètement : 1.500 hectares remobilisés sur la législature, en priorisant les friches déjà artificialisées et les sites raccordables rapidement à l’énergie. 2,5 milliards d’euros via Wallonie Entreprendre pour soutenir des projets concrets : FN Herstal, Safran à Welkenraedt, Sonaca.

Un nouveau décret Recherche après 18 ans d’immobilisme : 247 millions d’euros investis par an, c’est 1,2 milliard de valeur créée, 2.800 temps plein maintenus, 8.500 emplois créés.

c. Quand ils attaquent sur “la casse sociale” et “le tout à l’industrie”

Une région sans industrie, c’est une région sans emplois stables, sans revenus fiscaux, sans capacité à financer son modèle social. Le système social wallon s’essouffle précisément parce qu’il n’a plus assez de contributeurs. Notre objectif est limpide : un taux d’emploi de 70% en Wallonie. C’est ambitieux, ce n’est pas inaccessible. Mais ça ne se fera pas en distribuant des chèques et en multipliant les structures d’accompagnement qui tournent à vide, on le fera en créant de la richesse sur notre territoire en concentrant nos forces sur les secteurs où nous avons un avantage comparatif, pas en étant moyens en tout.

On a une industrie de la défense performante, qui concentre l’essentiel du chiffre d’affaires et des emplois du secteur en Belgique. On ne va pas s’excuser d’en faire un levier de souveraineté et d’emplois qualifiés.

 

Energie : sortir des incantations

a. Le constat qu’ils refusent de voir

La Belgique a consommé 80 térawattheures d’électricité en 2025. Ce sera 110 en 2030, 160 en 2040, 180 en 2050.

Aujourd’hui, plus de 75% de notre approvisionnement repose encore sur le pétrole et le gaz. La guerre dans le détroit d’Ormuz nous rappelle chaque jour, à la pompe, notre vulnérabilité. Quand le prix du carburant explose, c’est le budget des Wallons qui se resserre, c’est l’activité économique qui ralentit.

Pendant des années, on a cru que la géopolitique s’était évaporée, que les ressources resteraient toujours accessibles, qu’on changerait de paradigme énergétique en trente ans sans coût, ni conflit. On a été naïfs.

b. Notre ligne

Le Gouvernement mise sur la diversification des sources, la planification des réseaux, l’investissement dans les infrastructures de production et de transport avec une vision long terme, calquée sur nos besoins de demain.

La Boucle du Hainaut, ce n’est pas un détail technique : c’est un choix de capacité, d’attractivité, d’emplois. Si on veut réindustrialiser, on ne peut pas accepter que des projets d’électrification ou d’implantation partent ailleurs faute de réseau suffisant.

Nous développons une ossature CO₂ et hydrogène pour permettre à nos industries de se décarboner sans fermer, de transformer leurs procédés sans licencier.

Le secteur énergétique, c’est déjà 17.000 emplois directs et indirects en Wallonie. La transition peut en générer 15.000 de plus.

On explore toutes les pistes : hydrogène blanc, capacités de stockage de gaz, enfouissement du CO₂ capté, contrats de long terme. On refuse l’hypocrisie qui consiste à vouloir décarboner ici, en Europe, sans se soucier d’où vient l’énergie que nous consommons.

c. Quand ils attaquent sur “le tout au fossile” ou “l’abandon du climat”

Mensonges. On ne renonce à rien mais on refuse l’idéologie. Les législations européennes ETS 2, RED 3, PEB 4 doivent entrer en vigueur d’ici 2030.

Elles sont des moyens au service de la réduction des gaz à effet de serre, pas des fins en soi. Si on reste sur la trajectoire actuelle, ce sera 2 euros le litre de diesel en 2030 par défaut. Ce qu’on appelle aujourd’hui crise énergétique sera devenu la normalité.

Les législations européennes peuvent être revues, reportées, phasées, sans renoncer à l’objectif climatique. Les tarifications carbone sont utiles dans le temps long, mais trop vite, trop fort, elles coincent les acteurs économiques et pénalisent les citoyens qui travaillent, entreprennent, se déplacent. Mener la transition sans pénaliser ceux qui bossent, c’est ça, la responsabilité.

 

Emploi : revaloriser le travail

a. Le constat qu’ils manipulent

Oui, le nombre de demandeurs d’emploi augmente dans les statistiques. Mais ils oublient de préciser qu’un changement de méthode maintient désormais plus longtemps certaines personnes dans les chiffres. Et surtout, ils se gardent bien de dire que, dans le même temps, le taux d’emploi progresse et que des milliers de Wallons retrouvent un travail.

Les entreprises wallonnes annoncent au moins 88.000 recrutements pour 2026, dont plus de la moitié en CDI. Un emploi sur deux sera proposé par une petite entreprise. Le problème n’est pas le manque d’offres, c’est l’inadéquation entre l’offre et la demande, et un système d’accompagnement à bout de souffle.

Quand, sur 5.000 personnes convoquées, à peine un tiers se présente, ce n’est ni une fatalité ni un détail. C’est un signal qu’il faut corriger.

b. Notre rupture

On fait de l’insertion vers l’emploi le cœur de notre politique. Pierre-Yves Jeholet met en œuvre un cadre exigeant et lisible : les convocations doivent être respectées, l’accompagnement doit être réel, chacun doit savoir ce qu’il doit faire et ce qu’il peut attendre.

On réforme l’insertion, les aides à l’embauche, la formation. Pas par amour des organigrammes, mais pour alimenter nos trois piliers industriels car les secteurs en pénurie sont précisément ceux dont notre stratégie a besoin : construction, industrie, numérique, soins.

Le plan d’entreprise du Forem transforme l’accompagnement : suivi plus dynamique, dossier unique, offre de formation alignée sur les besoins des entreprises. La réforme des APE met fin aux dérives pour devenir un soutien pérenne et structuré. Le nouvel incitant Job+ simplifie et cible le soutien à l’embauche sur les publics les plus éloignés du marché du travail, en mettant fin aux effets d’aubaine.

c. Quand ils attaquent sur “la chasse aux chômeurs”

Revaloriser le travail, ce n’est pas stigmatiser ceux qui cherchent. C’est leur donner les moyens de retrouver un emploi, rapidement, durablement. C’est refuser que des milliers de postes restent vacants pendant que des milliers de personnes restent sans perspective.

Notre projet n’est pas de gérer le chômage comme une fatalité. Parce qu’une région qui ne crée pas d’emplois est une région qui recule.

 

Gouvernance : décider, enfin

a. Le constat qu’ils préfèrent ignorer

Quand le Gouvernement d’Adrien Dolimont a repris les rênes, nous nous sommes rendus compte que la PS n’avait jamais mis en place de système de suivi d’une législature à l’autre, pas d’outil regroupant les grands projets, pas de tableau de bord, pas même d’inventaire de tous les plans existants. C’était comme reprendre une usine avec des machines, des ouvriers, des stocks, mais sans plan de production, sans planning, sans instruments de mesure.

b. Notre méthode

Trois mots : mesurer, hiérarchiser, décider.

Mesurer : on a associé l’IWEPS et le Haut Conseil Stratégique pour réorganiser la DPR en objectifs stratégiques et opérationnels, clairement identifiés et suivis. On suit l’avancement des projets, cabinet par cabinet, administration par administration, sans zones d’ombre.

Hiérarchiser : on concentre l’effort sur quelques grands axes. On préfère l’effet de levier au saupoudrage.

Décider : pour les projets majeurs, le permis sera sur la table du Gouvernement. L’objectif n’est pas de contourner les exigences environnementales, mais de supprimer les doublons et les labyrinthes. L’exigence reste la même, le niveau de décision change.

On simplifie l’administration : dématérialisation des procédures, réduction des délais, amélioration de la qualité des dossiers. Le choc de simplification, c’est plusieurs centaines de mesures concrètes déjà mises en œuvre.

On rationalise les structures : fusion des ports wallons, création d’une Agence wallonne de l’Habitation, simplification du paysage de l’insertion socioprofessionnelle. Chaque réforme obéit à une même idée : faire converger le foncier, l’énergie, l’emploi vers un même cap.

c. Quand ils attaquent sur “la casse des provinces” ou “la centralisation”

Les missions des provinces sont passées au crible. Celles qui doivent revenir à la Région, à la Fédération Wallonie-Bruxelles ou aux communes y seront transférées, avec les moyens et les emplois qui vont avec. Trois garanties : préserver les compétences et le personnel, pas d’impôts en plus pour les citoyens, pas de perte financière pour les communes.

On n’a ni hostilité de principe, ni dévotion particulière pour toutes ces structures. Ce qui importe, c’est qu’elles soient réellement au service du public. Un État qui veut tout conserver ne réforme rien. Un État qui accepte de dire ce qu’il veut faire, et ce qu’il ne fera plus, finit toujours par réussir.

 

Rigueur budgétaire : casser la spirale

a. Le constat qu’ils ont créé

La Wallonie vit avec une charge d’intérêts qui atteint environ 700 millions d’euros par an. C’est deux fois ce que la Wallonie investit chaque année pour entretenir et moderniser son réseau routier. Une part croissante de notre budget sert à payer le passé plutôt qu’à préparer l’avenir.

Les projections réalisées à politique constante avant même la formation de ce gouvernement annonçaient déjà une hausse très importante de la dette directe à l’horizon 2029. Les décisions prises lors de la précédente législature, notamment pour le plan de relance qui n’en porte que le nom, ont engagé des montants considérables sans les résultats promis.

b. Notre cap

En juillet 2024, on a fixé un objectif : revenir à l’équilibre budgétaire à l’horizon 2029. La rigueur budgétaire, pour nous, est une condition. Condition pour casser le risque d’effet boule de neige, où la dette engendre mécaniquement toujours plus de dette. Condition pour dégager les marges nécessaires à l’investissement dans nos trois piliers.

Concrètement : des économies structurelles, des réformes de dépenses, une rationalisation des structures, une trajectoire budgétaire qui prévoit une réduction plus marquée du déficit entre 2027 et 2029 qu’au début de la législature.

Quand certaines mesures fiscales ont eu des effets de bord plus importants que prévu, on n’a pas fait l’autruche. On a recalculé, réajusté, corrigé. Reconnaître une erreur et la corriger rapidement, c’est une condition de crédibilité.

 

c. Quand ils attaquent sur “l’austérité” ou “les cadeaux aux riches”

Face à l’état des finances wallonnes, deux attitudes étaient possibles : celle qui consiste à s’habituer doucement à l’endettement et à en faire une fatalité, et celle qui consiste à en inverser la pente pour retrouver des marges de manœuvre. On a choisi la seconde.

Sur la baisse des droits d’enregistrement à 3%, contrairement à ce que l’opposition avance comme chiffres : ce n’est pas un cadeau aux riches.

Cette réforme structurelle du marché immobilier redonne du pouvoir d’achat aux Wallons qui veulent devenir propriétaires, relance le marché du logement, permet à des milliers de Wallons d’accéder enfin à la propriété sans se saigner aux quatre veines dès la signature chez le notaire avec un taux à 12,5%.

 

Conclusion

Une évidence s’impose : notre région ne manque ni d’atouts, ni de talents, mais elle n’a plus le luxe de l’hésitation ni du saupoudrage.

En assumant une stratégie de spécialisation industrielle, en sécurisant une énergie de base abondante et compétitive et en ancrant chez nous les cerveaux, les serveurs et les industries de défense, nous choisissons de redevenir un territoire qui crée de la valeur plutôt qu’un territoire qui la subit.

Cette trajectoire exige des décisions difficiles : simplifier les procédures, rationaliser les structures, remettre le permis des grands projets sur la table du Gouvernement, rompre avec la logique de la dépense sans impact et tenir le cap d’un retour à l’équilibre budgétaire à l’horizon 2029.

Elle suppose aussi de revaloriser le travail, d’exiger davantage de l’accompagnement vers l’emploi et de refuser les illusions qui entretiennent le chômage comme fatalité alors que des dizaines de milliers de postes restent vacants.

Le MR et le Gouvernement prennent des décisions politiques responsables. Il ne s’agit pas de flatter les peurs ou de s’abriter derrière les statistiques, mais de réaliser chaque jour ce qui doit être fait pour que foncier, énergie et emploi convergent vers un même objectif : remettre toute la Wallonie en mouvement et en faire, durablement, un moteur en Europe.

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