Cette semaine, le Mouvement Réformateur fait escale à Rendeux, commune ardennaise étendue le long de l’Ourthe, où les villages de Marcourt, Beffe, Hodister, Chéoux et Rendeux composent un territoire rural vivant et particulièrement attaché à son cadre de vie. Deux ans après les élections communales de 2024, Cédric Lerusse poursuit son deuxième mandat de bourgmestre, avec une majorité confortée par les électeurs et plusieurs réalisations déjà concrétisées. L’inauguration récente de l’Espace Colette Strymes, résidence et lieu de rencontre destiné aux aînés, illustre cette politique de proximité. En parallèle, la commune avance sur la rénovation de la maison de village de Chéoux, le redéploiement de l’ancienne laiterie et le développement d’initiatives citoyennes, culturelles et touristiques.

Cédric, tu poursuis aujourd’hui ton deuxième mandat à la tête de Rendeux, après avoir obtenu une large confiance des électeurs en 2024. Quel regard portes-tu sur le chemin parcouru depuis ton arrivée au mayorat, et qu’est-ce qui te motive encore chaque jour dans la gestion d’une commune rurale composée de plusieurs villages, aux besoins et aux réalités parfois différents ?

Je considère ma commune comme un grand village. Et le point fort de notre action, ces dernières années, a été de développer les services pour la population, au cœur de Rendeux.

Cela s’est notamment traduit par une politique foncière. Nous avons acheté, au fil des opportunités, des terrains disponibles et idéalement situés pour y développer différents projets, notamment une crèche et un cabinet médical et dentaire. Nous y avons aussi construit une aire multisport et aménagé la première piste de pumptrack publique en Wallonie.

L’idée, derrière tous ces aménagements, est de créer un véritable cœur de village où les habitants peuvent se retrouver et où les services sont facilement accessibles.

Et ce qui est motivant, c’est de voir le chemin parcouru et de constater que cela fonctionne. Aujourd’hui, par exemple, nous avons deux jeunes médecins et deux dentistes ! En milieu rural, c’est vraiment important que les communes s’impliquent dans ce type de projet.

Une autre motivation, c’est de travailler avec une équipe de personnes qui s’entendent bien et qui se font confiance, que ce soit au Collège ou au sein de la majorité au Conseil communal.

Un autre projet important est l’Espace Colette Strymes. Peux-tu nous en parler ?

L’Espace Colette Strymes porte le nom d’une habitante de la commune qui a légué au CPAS une somme de 3,8 millions d’euros afin de réaliser une infrastructure pour les aînés.

Nous venons d’inaugurer les nouveaux bâtiments, qui proposent des logements pour les seniors ainsi qu’une salle communautaire dans laquelle nous envisageons d’organiser différentes activités pour les aînés.

On y installera aussi les services du CPAS : le taxi social, le magasin de seconde main et le service de lavoir-repassage. L’objectif est vraiment de créer un lieu de vie convivial, adapté aux seniors de notre commune.

Un autre dossier important concerne le site de l’ancienne laiterie des Ardennes à Chéoux.

Oui. L’acquisition de l’ancienne laiterie est également un dossier qui s’inscrit dans notre réflexion sur l’aménagement de la commune.

Nous avons obtenu la reconnaissance de ce site en tant que « site à réaménager » (SAR), ce qui nous permet de bénéficier d’une subvention pour sa réhabilitation.

L’objectif est d’y installer les garages communaux et les ateliers techniques, actuellement implantés au cœur de Rendeux. Cela nous permettra de libérer cet espace et d’y poursuivre le développement de services à la population. Nous avons notamment l’idée d’aménager une halle pour les producteurs locaux dans le garage communal actuel. Aujourd’hui, ceux-ci sont présents sur notre marché hebdomadaire et nous aimerions pouvoir développer davantage cette dynamique à cet endroit.

Et qu’en est-il des maisons de village dans les différentes sections de la commune ?

La maison de village de Chéoux, par exemple, est le premier projet de notre nouveau Programme communal de développement rural.

L’objectif est toujours le même : fédérer les habitants, proposer des moments de rencontre et faire en sorte que nos villages ne soient pas simplement des villages-dortoirs. Nous voulons maintenir le lien social et permettre à la dynamique associative de se développer.

Les enjeux environnementaux prennent également une place de plus en plus importante.

Un autre gros dossier nous occupe depuis les inondations de 2021, qui ont particulièrement touché notre commune. Nous avons travaillé sur différents projets afin de rendre notre territoire moins vulnérable aux orages et aux inondations.

Une zone d’immersion temporaire est actuellement en construction et deux autres dossiers sont à l’étude.

Nous avons également réalisé des aménagements dans les forêts, notamment l’installation de revers d’eau. Ce sont des rigoles qui ralentissent le ruissellement et favorisent l’infiltration de l’eau. Cela permet d’éviter que les eaux ne viennent grossir trop rapidement les ruisseaux et la rivière.

À Rendeux, l’équilibre entre tourisme et habitat n’est pas toujours simple. Comment le préserver ?

C’est effectivement un enjeu important. Rendeux est une commune très prisée pour le développement des gîtes. À un moment donné, cela devenait vraiment problématique : chaque maison mise en vente risquait de devenir un gîte.

Nous avions alors sollicité le ministre de l’Aménagement du territoire de l’époque, Willy Borsus, afin qu’un permis soit nécessaire pour pouvoir ouvrir un nouveau gîte. La législation a depuis évolué dans ce sens.

Il faut bien entendu continuer de développer un tourisme de qualité, c’est un secteur d’activité économique important pour notre région. Mais nous devons également conserver de l’habitat. Pour cela, nous avons fixé des conditions très restrictives pour l’ouverture de nouveaux gîtes. Et nous travaillons à rendre notre commune attractive pour de nouveaux habitants : faire en sorte qu’ils puissent trouver à Rendeux les services essentiels à leur quotidien et proposer des lotissements communaux à des conditions avantageuses pour les jeunes ménages.

Un autre projet structurant est l’aboutissement du RAVeL.

Oui, c’est un projet majeur pour notre commune. Le RAVeL constitue une véritable infrastructure structurante dans la vallée de l’Ourthe.

Mais ici, ce sont les communes qui ont progressivement aménagé cette voie lente, en profitant des différentes possibilités de subsides et en développant, au fil des années, des tronçons supplémentaires. On y est presque !

Ce RAVeL sera à la fois un élément d’attractivité touristique et un axe qui permettra de développer la mobilité douce dans la région, notamment vers La Roche-en-Ardenne.