Dans un entretien accordé à L’Echo le week-end dernier, dans Trends-Tendances et encore mercredi matin sur La Première, le Ministre-Président Adrien Dolimont a rappelé une réalité simple : la Wallonie doit retrouver des marges de manœuvre. Le retour à l’équilibre budgétaire reste la priorité du Gouvernement wallon, même si le contexte actuel impose d’adapter le chemin pour y parvenir.
La Wallonie a beaucoup de qualités, quelques petits soucis… mais un gros problème : la dette. Et surtout, la charge d’intérêt de cette dette.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 1989 et 2019, la dette wallonne avait atteint 23,2 milliards d’euros. Entre 2019 et 2025, en seulement six ans, elle a presque doublé pour atteindre 41,4 milliards.
Plus inquiétant encore : les charges d’intérêts sont passées de 506 millions d’euros en 2019 à 947 millions fin 2025. Rapporté à la population active wallonne, cela représente déjà un coût annuel de 651 euros par travailleur. Et si rien ne change, cette charge pourrait approcher les 800 euros par travailleur à l’horizon 2029.
Autrement dit : chaque hausse des taux d’intérêt réduit les moyens disponibles pour financer les priorités publiques. De l’argent qui ne va ni dans l’enseignement, ni dans les infrastructures, ni dans le soutien à l’économie.
Face à cette réalité, le Gouvernement wallon assume une ligne de responsabilité : continuer à assainir les finances, rationaliser les dépenses, arrêter l’empilement des dispositifs inefficaces et recentrer l’action publique sur ses priorités essentielles.
Quand notre GPS signale un accident ou des bouchons, on adapte son itinéraire. On ne change pas pour autant de destination. Ici, la destination reste le retour à l’équilibre budgétaire.
L’objectif est clair : rendre la Wallonie plus efficace, dépenser moins là où cela ne fonctionne pas, pour pouvoir ensuite rendre du pouvoir d’achat aux citoyens. C’est aussi dans cette logique que le Gouvernement défend une diminution de la fiscalité : si la Région fonctionne mieux et dépense plus efficacement, elle doit pouvoir redistribuer une partie des économies aux Wallons, pour améliorer leur pouvoir d’achat.
L’austérité, ce n’est pas un choix. Notre choix, c’est l’assainissement pour éviter l’austérité.



