Près d’un malade de longue durée sur deux pourrait retravailler : on ne peut plus fermer les yeux.
La Belgique est devenue le pays de l’inactivité, avec +150 % en 20 ans : notre système doit être réformé.
Nous devons protéger les vrais malades, mais aussi accompagner ceux qui peuvent revenir vers l’emploi.
La solidarité doit rester juste : ferme contre les abus, humaine pour ceux qui en ont réellement besoin.
Plus de la moitié des malades de longue durée contrôlés aptes à travailler : Le MR dit stop aux faux malades et défend les vrais malades
Abstract :
- Depuis des mois, le MR martèle qu’il faut lutter contre les faux malades. Un nouveau rapport de l’INAMI nous donne raison : près de 6 personnes sur 10 en incapacité contrôlées pourraient en réalité retravailler : fermer les yeux, c’est accepter les abus
- La Belgique est aujourd’hui le pays européen où l’inactivité explose, avec +150 % de malades de longue durée en 20 ans : notre système ne fonctionne plus comme il devrait.
- Chaque année, avec ces abus, plus de 500 millions d’euros sont gaspillés : cet argent doit aller à ceux qui en ont vraiment besoin.
- La solidarité n’est pas un droit sans conditions : elle implique aussi des règles, des contrôles et des responsabilités.
- Notre ligne est claire : protéger les vrais malades, accompagner ceux qui peuvent revenir, et réserver l’invalidité à ceux qui n’ont vraiment plus aucune possibilité de travailler.
1. Défendre la sécurité sociale, c’est aussi lutter contre les abus
La sécurité sociale est un pilier fondamental de notre société. Elle doit protéger celles et ceux qui en ont réellement besoin : les personnes malades, fragilisées ou empêchées de travailler. Mais pour rester forte et crédible, elle doit aussi être juste. Et être juste, c’est refuser les abus. Aujourd’hui, la Belgique est l’un des pays européens où l’inactivité est la plus élevée, et le nombre de personnes en incapacité de travail de longue durée a augmenté de plus de 150 % entre 2000 et 2021. Cette évolution met clairement notre système sous pression.
2. Une réalité qu’on ne peut plus ignorer
Des analyses récentes montrent que, dans de nombreux cas, des personnes reconnues en incapacité pourraient en réalité retravailler, totalement ou partiellement. Une étude de l’INAMI montre que près de 6 personnes sur 10 contrôlées ne remplissaient plus les critères légaux d’incapacité. Cela ne veut pas dire que la majorité des malades abusent, mais cela montre qu’il existe un problème réel dans l’évaluation et le suivi des situations.
L’analyse met également en lumière des failles importantes. Dans plus de 75 % des cas, les dossiers médicaux étaient incomplets ou imprécis. Cela signifie que des décisions importantes sont parfois prises sans informations suffisantes. Ce n’est bon ni pour les patients, ni pour la crédibilité du système.
3. Un coût pour toute la société
Ces dysfonctionnements représentent plus d’un demi-milliard d’euros par an. Chaque euro mal utilisé est un euro en moins pour ceux qui en ont vraiment besoin. C’est aussi une charge supplémentaire pour les travailleurs et pour les générations futures.
Les personnes réellement malades doivent continuer à être pleinement protégées. Elles n’ont rien à craindre. Au contraire, lutter contre les abus permet de renforcer la sécurité sociale et de garantir sa durabilité.
4. Réformer pour remettre les gens en mouvement
L’objectif est simple : mieux accompagner les personnes malades, tout en évitant que des situations temporaires deviennent permanentes. Aujourd’hui, trop de personnes restent durablement en dehors du travail sans réel accompagnement. L’invalidité de longue durée doit rester une exception et être réservée aux personnes qui n’ont réellement plus aucune possibilité de travailler. Pour les autres, un accompagnement vers la réintégration doit devenir obligatoire.
Les réformes engagées par l’Arizona vont dans ce sens. Elles renforcent d’abord le suivi dès le début de l’incapacité : les certificats médicaux sont désormais limités dans le temps, avec une durée maximale de 3 mois durant la première année et une première attestation limitée à 3 semaines. Les patients en incapacité de longue durée doivent être revus au moins une fois par an par leur médecin. Seuls les médecins qui connaissent réellement le patient peuvent prescrire une incapacité, sauf exception.
Ensuite, tous les acteurs sont davantage responsabilisés. Médecins, mutualités, employeurs et travailleurs doivent collaborer de manière beaucoup plus systématique. Les entreprises sont aussi mises à contribution financièrement : pour les travailleurs de 18 à 54 ans dans les entreprises de plus de 50 salariés, elles doivent rembourser une partie des allocations versées pendant plusieurs mois (jusqu’à 30 % de l’indemnité, soit environ 18 % du salaire brut), ce qui les incite à favoriser activement le retour au travail.
Enfin, le système encourage la reprise progressive du travail. Des incitants sont prévus pour les employeurs qui offrent une reprise partielle d’au moins 3 mois à une personne en incapacité. L’objectif est clair : permettre un retour adapté et progressif plutôt que de laisser les personnes à l’écart.
Ces mesures vont dans le bon sens, même si les mutualités restent encore trop peu responsabilisées.
