Sur le RAVeL, les tensions et les incidents se multiplient entre vélos rapides, familles et trottinettes, sur à peine quelques mètres de large. Charles Gardier tire la sonnette d’alarme et fait adopter une résolution pour rappeler les règles, renforcer la signalisation et sécuriser d’urgence ce réseau de mobilité douce pourtant emblématique.

Le RAVeL, c’est plus de 1 500 kilomètres d’itinéraires réservés aux modes actifs, gérés par la Wallonie, qui offrent à la fois une alternative sûre pour les déplacements quotidiens et un formidable outil de loisirs et de tourisme.

Sa fréquentation augmente, ses usages se diversifient, c’est une excellente nouvelle. Ce succès s’accompagne de nouveaux défis : faire coexister, sur une bande de deux ou trois mètres de large, des « vélotafeurs » rapides, des cyclosportifs, des familles avec enfants, des marcheurs, des chiens en laisse, des trottinettes et autres engins électriques, avec des différences de vitesse parfois considérables.

Nous avons toutes et tous entendu des témoignages et vu apparaître des tensions, voire des accidents, sur certains tronçons, en particulier à proximité des zones touristiques, des parkings ou des dispositifs anti‑intrusion. Il est temps de se rappeler que toute route se partage.

Notre premier constat, c’est une méconnaissance généralisée des règles. L’article 22quinquies du Code de la route fixe pourtant un cadre clair : limitation de vitesse à 30 km/h, types d’usagers autorisés, interdictions de certains engins trop larges, statut particulier des speed pedelecs, qui, avec une assistance jusqu’à 45 km/h, ne sont en principe pas admis sur le RAVeL.

Or, très peu d’usagers le savent réellement. Aucune campagne récente n’a rappelé ces règles de manière visible, accessible et coordonnée à l’échelle de la Wallonie.

Deuxième constat, la signalisation. Elle existe, mais elle est parfois insuffisante, inégale et peu lisible. Les intersections avec les routes motorisées restent des points sensibles : un manque de clarté sur les priorités, combiné à des panneaux peu adaptés, peut avoir des conséquences dramatiques.

Sur base de ces constats, notre résolution, adoptée à l’unanimité en commission, formule quatre demandes très concrètes au Gouvernement.

Premièrement, organiser, avec l’Agence wallonne pour la sécurité routière, une campagne de sensibilisation à grande échelle spécifiquement dédiée au RAVeL : rappeler la limite de 30 km/h, les catégories d’usagers autorisés, les règles de priorité, les comportements attendus pour protéger les usagers les plus vulnérables. L’objectif est de toucher à la fois les résidents et les touristes, réguliers ou occasionnels.

Deuxièmement, renforcer la signalisation de la vitesse là où c’est pertinent : intégrer la limitation à 30 km/h dans les panneaux d’entrée de tronçons, prévoir des rappels réguliers, y compris au sol sur les bandes d’accès au RAVeL, et ajouter, quand c’est utile, quelques règles simples de bon usage pour favoriser le vivre‑ensemble.

Troisièmement, installer, en concertation avec les pouvoirs locaux, des rappels à la législation aux points stratégiques : zones très fréquentées, sites touristiques, parkings, jonctions avec d’autres réseaux ou d’autres régions. Ces rappels doivent être disponibles sous forme de panneaux synthétiques, mais aussi via des QR codes renvoyant vers une information claire, actualisée et multilingue.

Quatrièmement, porter une attention particulière aux carrefours entre le RAVeL et la voirie motorisée, en actualisant les recommandations d’aménagement en fonction de l’évolution des modes actifs et en traitant en priorité les points jugés problématiques sur le terrain.

Les moyens budgétaires nécessaires sont limités et restent raisonnables au regard des enjeux : une meilleure information, quelques panneaux supplémentaires, des adaptations ciblées de carrefours. Pourtant, l’impact sur la sécurité peut être majeur.

Cette résolution ne prétend pas régler toute la sécurité routière en Wallonie. Elle se concentre sur un réseau dont nous sommes fiers, qui fête ses trente ans, et qui doit rester un symbole de détente, de sport, de tourisme et de mobilité durable, mais dans des conditions de sécurité renforcées pour tous.