À l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, nous serons des milliers dans la rue pour rappeler que l’égalité reste un combat. Je partage cette conviction. Les droits des femmes ne sont jamais acquis définitivement et doivent être défendus sans relâche. Nous sommes encore loin de cette égalité pour laquelle moi comme tant d’autres militent depuis tant d’années.

Cette année hélas le slogan choisi pour la marche me heurte profondément : « Toutes contre l’Arizona ». Le combat pour les droits des femmes mérite mieux que des slogans qui affaiblissent la culture démocratique.

Un gouvernement est l’émanation d’élections libres et pluralistes. On peut – et on doit – débattre, critiquer, contester certaines décisions. C’est même le cœur de la démocratie. On peut être contre des politiques publiques, contre certaines réformes. Mais on ne peut pas être « contre » un gouvernement démocratiquement élu comme s’il était illégitime.

Ce slogan pose un autre problème : il exclut une partie des femmes, car parmi les électrices belges, nombreuses ont voté pour les partis aujourd’hui au gouvernement. Elles peuvent soutenir certaines politiques et en critiquer d’autres, comme toute citoyenne dans une démocratie. Les exclure symboliquement d’une manifestation censée défendre toutes les femmes est une erreur.

Réduire le féminisme à un camp politique, c’est l’appauvrir.

En réalité, il n’existe pas de parti « féministe » en Belgique. Mais il existe des féministes dans tous les partis. Des femmes – et des hommes – qui, à gauche, au centre ou à droite, travaillent à faire avancer l’égalité. Les droits des femmes ont toujours progressé grâce à des coalitions larges, et à des engagements qui dépassent les clivages partisans.

Le 8 mars doit nous rappeler une réalité plus tragique.
Dans certaines régions du monde, les femmes ne manifestent pas pour améliorer leurs droits mais pour avoir le droit d’exister. En Iran, des femmes ont été emprisonnées, battues ou exécutées pour avoir retiré leur voile. En Afghanistan, les femmes sont littéralement effacées de la vie publique : privées d’éducation, de travail, de liberté par une barbarie codifiée. Pour elles, manifester peut conduire à la prison, au viol ou à la mort.

Le 8 mars doit être ce moment de solidarité internationale avec celles qui risquent tout pour leur liberté. C’est cela l’esprit du féminisme : défendre les droits des femmes partout, et rassembler toutes celles et ceux qui y croient.

Parce que l’égalité n’appartient à aucun parti. Elle appartient à toutes les femmes.

 

Par Viviane Teitelbaum, Sénatrice