Le Gouvernement wallon a approuvé la version définitive des mesures du volet wallon du Plan social climat qui concerne le logement, la mobilité durable et les micro-entreprises. L’objectif est de soutenir les familles vulnérables et les micro-entreprises, tout en accélérant la transition énergétique.

 La Wallonie active son Plan social climat

Dans le cadre du Fonds social pour le climat mis en place par l’Union européenne pour la période 2026-2032, la Belgique bénéficie d’une enveloppe globale de 1,66 milliard €.
La part wallonne s’élève à un total de 729,3 millions € mobilisés entre 2027 et 2032 : 546,9 millions € de financement européen complété par 182,3 millions € de cofinancement de la Région wallonne (25 %).

Ce financement fonctionnera selon une logique de résultats, similaire au Plan national pour la reprise et la résilience : les fonds européens seront débloqués après atteinte des cibles et jalons définis dans les fiches-mesures et validés par la Commission européenne.

 50 millions d’euros pour les micro-entreprises

La Wallonie déploiera un dispositif Easy Green renforcé, géré par Wallonie Entreprendre. La mesure vise à accompagner financièrement les micro-entreprises vulnérabilisées par l’introduction de l’ETS2 dans leurs travaux de rénovation énergétique sur les bâtiments, les appareils de chauffage ou leurs véhicules. L’objectif est d’accompagner les micro-entreprises (moins de 10 travailleurs) fragilisées par la hausse des coûts énergétiques. Le montant du dispositif s’élève à 50 millions d’euros.

Le soutien combinera :

  • Un prêt subordonné pouvant aller jusqu’à 15 ans ;
  • Une subvention forfaitaire équivalente à 30 % de l’investissement (qui se déduira des mensualités du prêt).

Les objectifs visés par ce dispositif sont :

  • Soutien à la rénovation énergétique des microentreprises vulnérables : rendre habitables des bâtiments insalubres, grâce à des travaux d’amélioration comme l’isolation, le chauffage…
  • Accompagnement dans la transition énergétique : incitation au remplacement d’équipements énergivores par des technologies non fossiles plus performants, ou en installant des technologies d’énergie renouvelable et de stockage.
  • Encouragement de la mobilité à faibles émissions : remplacement des véhicules thermiques, installation d’infrastructure de recharge.

Environ 2.500 investissements sont attendus sur la période, pour un investissement moyen estimé à 20.000 € par entreprise.

78 millions d’euros pour développer le transport à la demande

 La mesure vise à soutenir le développement de services de transport à la demande pour les usagers vulnérables des transports et offrir des solutions alternatives à la voiture.

Le but est, d’une part, de financer des services de transport public à la demande en Wallonie dans des zones faiblement desservies et présentant une forte densité de groupes vulnérables et d’autre part, d’aider les opérateurs privés et publics à finalité sociale :

–        Déploiement progressif par le TEC de nouveaux services opérés avec 60 véhicules (électriques), afin d’offrir une solution de mobilité flexible dans les zones peu ou pas desservies par le transport public régulier (train ou bus) ;

–        Renforcement du service existant de transport à la demande à finalité sociale, à savoir les « taxis sociaux » opérés par CPAS, communes et associations et l’électrification progressive de la flotte de véhicules utilisée par les opérateurs de transport à finalité sociale.

Un chèque pour une transition vers les mobilités durables

 La mesure dotée d’un budget de 193 millions d’euros doit permettre aux familles les plus fragiles d’être soutenues face à l’augmentation de coûts liés à la mobilité : elle, vise à accorder une aide financière, sous forme de « chèque mobilité », aux ménages wallons considérés comme vulnérable à la pauvreté en matière de transport pour les accompagner vers une mobilité plus durable. Il s’agit d’une mesure inédite, qui n’a encore jamais été mise en œuvre en Wallonie. Cette aide serait dispensée via les CPAS.

Chaque famille pourra bénéficier d’un montant pouvant aller jusqu’à maximum 4.000 € (sur une période totale de 4 ans), selon la composition de son ménage et ses besoins de mobilité pour financer notamment :

  • Les transports en commun ;
  • L’usage d’un taxi social;
  • Un service d’autopartage ;
  • L’achat de vélo ou trottinette (musculaire ou électrique), etc.

L’objectif est de compenser la hausse des coûts liés à l’ETS2 tout en favorisant la transition vers une mobilité plus durable.

 Près de 400 millions d’euros pour accélérer la rénovation des logements publics

Un investissement de près de 400 millions d’euros permettra d’amplifier l’action de la Société wallonne du Logement via un mécanisme dit de « droit de tirage ».

L’objectif principal de l’investissement avec le fond social climat est de poursuivre la rénovation des logements d’utilité publique en y incluant la décarbonation du système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire et ainsi permettre la rénovation énergétique. Un minimum de 3.100 logements d’utilité publique sont concernés. Il s’agit de répondre plus largement à la demande croissante de logements d’utilité publique accessibles, confortables et sobres en énergie.

93 logements rénovés en Communauté germanophone

L’association de logements sociaux pour la communauté germanophone, Öffentliche Wohnungsbaugesellschaft Ostbelgien (ÖWOB) GmbH, pilotera la rénovation énergétique de 93 logements sociaux parmi les plus énergivores améliorant ainsi le confort et le niveau de vie des locataires sociaux et des ménages vulnérables, pour un budget total de 8,77 millions €.