En 2025, le CPAS de la Ville de Bruxelles a recensé 26 incidents : 10 agressions verbales, 10 agressions physiques et 6 comportements inadaptés.

David Weytsman, président du CPAS : “Un CPAS est un lieu de solidarité. Il ne peut en aucun cas devenir un espace de comportements violents ou excluants. Excluants pour nos assistants sociaux, qui ont droit à la sécurité. Excluants pour les autres bénéficiaires, qui ont droit à un accueil digne et apaisé. C’est pourquoi nous agissons concrètement. Chaque agression fait l’objet d’un dépôt de plainte systématique. Il n’y a aucune exception, aucune négociation, aucune relativisation possible. Lorsqu’un agent public est menacé, insulté ou frappé, c’est l’institution elle-même qui est attaquée.

La violence envers un assistant social n’est pas un simple incident relationnel : c’est une atteinte à l’autorité publique et au fonctionnement de la solidarité. Nous ne transigerons jamais sur ce point. Chaque fait est formellement acté, transmis aux autorités judiciaires et suivi administrativement.”

David Weytsman précise que lorsqu’un incident grave survient avec une assistante sociale, la personne concernée est immédiatement exclue temporairement de son antenne sociale. Le suivi est alors repris par la cellule prévention et médiation. Les entretiens ne se tiennent plus dans le cadre habituel, mais dans un environnement sécurisé, avec accompagnement systématique de la cellule prévention. L’objectif est clair : restaurer un cadre, poser des limites et, si possible, reconstruire une relation professionnelle respectueuse. “La solidarité implique des droits, mais aussi des devoirs. Le revenu d’intégration sociale n’est pas inconditionnel. Il suppose un comportement compatible avec le respect des institutions et du personnel. À ce jour, le CPAS n’a jamais appliqué de sanction financière sur le RIS pour ce type de faits. Toutefois, des circulaires récentes ouvrent la réflexion sur des sanctions plus fermes en cas de violences envers les travailleurs sociaux. Conformément à la dernière circulaire de la ministre Van Bossuyt, j’ai demandé qu’on étudie la possibilité de sanctions sur le revenu d’intégration sociale lorsque le cadre légal le permet, y compris le retrait partiel du RIS dans les cas les plus graves”.