La Commissaire à l’Égalité Hadja Lahbib a présenté jeudi la réponse officielle de la Commission européenne à l’Initiative citoyenne européenne « My Voice, My Choice : pour un droit à l’avortement sûr et accessible », soutenue par plus de 1,2 million de citoyens dans 19 États membres.

La Commissaire s’est déclarée fière de défendre une cause essentielle, qui constitue l’une des grandes priorités du mandat actuel en matière d’égalité : une priorité appelée à marquer durablement l’action européenne et à sauver des vies.

À l’origine de cette dynamique, une initiative citoyenne portée par ses organisateurs et organisatrices, venus remettre en main propre un million de signatures. Leur message était clair : assurer l’accès à un avortement sûr pour chaque femme en Europe. Une demande pertinente, alors que l’accès à des soins de santé adaptés demeure inégal, et une démarche respectueuse des Traités européens, la politique de santé relevant principalement de la compétence nationale.

En réponse, la Commission souligne que les instruments financiers existants permettent déjà d’agir. Les États membres peuvent s’appuyer sur le Fonds social européen plus (FSE+), s’ils le souhaitent et conformément à leur législation nationale, pour améliorer l’accès à des services d’avortement légaux, sûrs et abordables, notamment en utilisant ou en réaffectant les ressources disponibles dans leurs programmes nationaux ou régionaux.

Concrètement, cela signifie que les financements européens pourront soutenir :

  • les femmes contraintes de se déplacer pour accéder à des soins
  • les femmes rencontrant des obstacles dans leur propre pays
  • celles vivant dans des zones isolées
  • celles ne disposant pas de ressources financières suffisantes
  • plus largement, toute femme en situation de vulnérabilité, partout en Europe.

La Commission met ainsi des outils concrets à disposition des États membres et se tient prête à les accompagner pour mobiliser ces financements. Compte tenu de ces possibilités déjà existantes, elle estime qu’il n’est pas nécessaire de proposer un nouvel instrument juridique.

La décision adoptée témoigne du bon fonctionnement de la démocratie européenne : l’initiative citoyenne a permis de porter une demande claire, et l’Union y apporte une réponse concrète.

L’enjeu est majeur. Près d’un demi-million d’avortements non sécurisés ont lieu chaque année en Europe, exposant des centaines de milliers de femmes à des risques graves pour leur santé et à des conséquences durables.

Dans un contexte international où les droits des femmes sont parfois remis en cause, l’Europe affirme sa détermination. Dans les prochaines semaines, la Commissaire présentera sa nouvelle Stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes pour les cinq prochaines années. Celle-ci renforcera la santé et les droits des femmes dans toute l’Union, y compris en matière de santé sexuelle et reproductive.

Avec la réponse apportée à « My Voice, My Choice », l’Europe agit et continuera d’agir pour garantir à toutes les femmes un accès à des soins de santé de qualité, un droit fondamental au cœur du projet européen.

Hadja Lahbib savoure l’adoption d’une loi qui aide financièrement les femmes à avorter – RTL Info