Dans une interview accordée à L’Écho, le Ministre-Président wallon Adrien Dolimont est revenu sur la réforme en profondeur du décret wallon de la recherche, un texte datant de 2008, devenu inadapté aux enjeux économiques, technologiques et européens actuels.

Dès le départ, il pose un constat sans détour : le paysage wallon de la recherche est trop fragmenté. Avec près de vingt centres de recherche subsidiés, souvent de petite taille, la Wallonie peine à atteindre la masse critique nécessaire pour être pleinement compétitive à l’échelle européenne et capter davantage de projets internationaux.

Ces dernières années, deux tentatives de rapprochement, notamment dans le secteur stratégique des matériaux, se sont soldées par des échecs. Malgré une logique industrielle largement partagée, les résistances locales et la volonté de préserver des autonomies ont empêché l’aboutissement de ces projets. Pour le Ministre-Président, ce double constat appelle désormais une clarification : la dispersion actuelle n’est plus soutenable.

Face à cette situation, le Gouvernement wallon assume un changement de méthode. La réforme du décret prévoit de conditionner le financement structurel des centres de recherche à des critères plus exigeants, notamment en matière de taille, de robustesse et de capacité à générer des résultats. L’objectif n’est pas de sanctionner, mais de concentrer les moyens publics là où ils produisent un réel effet de levier.

Au-delà de la question de la taille critique, la réforme vise à réorienter la recherche vers davantage de résultats concrets. Les financements tiendront davantage compte, en amont, des retombées économiques attendues et, en aval, d’une évaluation plus rapide de l’impact, notamment en matière de valorisation et de création d’emplois.

Le texte prévoit également une simplification majeure des dispositifs existants. Là où la Wallonie compte aujourd’hui une multitude de mécanismes peu lisibles, la réforme entend structurer les aides autour de trois grandes catégories : l’amorçage, la recherche et la valorisation. Cette simplification vise à faciliter l’accès des aides à la recherche notamment aux PME.

Adrien Dolimont le rappelle : la recherche soutenue par la Région doit être au service du développement économique wallon. Dans un contexte budgétaire contraint, il s’agit de s’assurer que les près de 250 millions d’euros investis chaque année produisent davantage d’impact, renforcent la compétitivité des entreprises et contribuent à la création d’emplois durables.

La réforme du décret, actuellement en préparation, devrait être soumise au Gouvernement début 2026, pour une entrée en vigueur prévue en 2027. Elle marque une étape structurante pour une Wallonie plus lisible, plus efficace et plus ambitieuse en matière de recherche et d’innovation.

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