Sans gouvernement depuis les élections de juin 2024, Bruxelles aurait grand besoin du MR pour redresser la barre. Ce n’est malheureusement pas la direction prise. A l’occasion de ses vœux bruxellois, les libéraux ont cependant fait part de leur espoir et de leur détermination à agir pour changer les choses.
Le président national des Jeunes MR Cédric De Buf et le président des Jeunes MR bruxellois Stéphane Gurbuz ont débuté leur prise de parole avec humour en remarquant que les Engagés organisaient leurs vœux à Autoworld, le jour même où une nouvelle taxe pour les automobilistes est annoncée. Malgré une actualité bien sombre dans la capitale (disparition de la culture du débat à l’ULB, montée de l’extrême-gauche, discours valorisant l’assistanat auprès des jeunes), les Jeunes MR sont restés résolument positifs en défendant le travail et l’égalité des possibles : « peu importe d’où l’on vient, peu importe le quartier où nous sommes nés, qu’on soit nés à Uccle, à Watermael-Boitsfort, à Molenbeek, à Schaerbeek, nous voulons que chacune et chacun ait aujourd’hui les moyens et les mêmes leviers pour réussir. Merci au MR pour la réforme du chômage limité dans le temps, pour le refinancement futur des zones de police, pour l’ambition donnée aux indépendantes et aux indépendants, et pour avoir remis le mot réussite au cœur de l’enseignement ».
Dans l’attente de l’élection d’un nouveau président régional à Bruxelles, les différents ministres MR issus de la capitale ont pris la parole, à commencer par la ministre des PME et Indépendants Eléonore Simonet, dans le cadre de son dialogue avec des indépendants, basé sur des questions tirées au sort. Elle a déclaré : « Au fédéral, nous n’avons pas hésité à monter au front quand certains ont voulu augmenter massivement la TVA, ce qui aurait fait exploser la facture du téléphone, de la voiture ou de la maison pour tous. Pour le MR, c’était non, et nous avons tenu bon pour défendre le pouvoir d’achat. Dans le même temps, nous avons mené des réformes de fond pour que le travail redevienne la norme : compensation en TVA pour l’Horeca, extension des flexi-jobs, plus d’heures pour les étudiants, assouplissement du travail de nuit et retour de la période d’essai, parce que travailler doit toujours rester payant.
Bernard Quintin, ministre de la Sécurité, a évoqué ses objectifs et ses résultats : « En 2025, tout le monde parle d’intelligence artificielle, et je dois vous avouer qu’en arrivant à mes fonctions à l’Intérieur, je n’étais pas totalement dépaysé… puisque je suis historien du Moyen-Âge et que, j’étais plus ou moins à cette période-là en termes d’informatique pour notre police. Nous sommes passés de la logique Windows 95 à une version 2025 de la police : de meilleurs systèmes informatiques, plus de caméras, mais surtout des réseaux de caméras connectés entre eux, de véritables mines d’or pour nos agents et nos enquêteurs. Ça n’a pas pris des mois ou des années. Ça a pris quelques jours, ce qui démontre en fait une chose, c’est que rien ne résiste à la volonté politique quand on décide d’agir vite et bien, et c’est exactement cela, notre identité libérale. Faire les choses vite et bien. Et je m’y emploie tous les jours ».
Ministre de l’Enseignement, Valérie Glatigny a salué l’engagement du MR. « En 2026, on va évidemment continuer les réformes. On va s’inspirer de la pugnacité de notre président Georges-Louis Bouchez, du travail acharné de David Leisterh, et je vous propose, chers amis, une véritable standing ovation pour ces deux personnes qui sont avant tout des modèles pour nous ».
Le président du MR Georges-Louis Bouchez a d’ailleurs débuté son discours par un hommage à son ami David Leisterh. « Il n’a pas ménagé ses efforts : chaque soir dans les sections, chaque jour dans les quartiers, à battre le pavé, à distribuer aux sorties des métros, à vous mobiliser toutes et tous. Et au‑delà du lien personnel qui nous unit, comme président de parti, je ne peux pas laisser passer ces petits commentaires vipérins qui voudraient faire croire que, finalement, lui et moi serions responsables de la situation. À la rigueur, qu’on le pense de moi, peu importe : avec tout ce qu’on dit, cela ne changera pas mon quotidien. Mais lui, est‑ce que vous pensez vraiment que quelqu’un qui a consacré plus de 15 années de sa vie à ce projet, qui a tout sacrifié pour être chaque jour à vos côtés, pour retourner dans ces quartiers où on n’allait plus depuis des années, n’a pas mené sa mission avec l’engagement qu’on lui connaît ? Aujourd’hui, je veux simplement lui dire, en notre nom à tous, qu’il a tout donné, qu’il a fait le maximum et qu’il a posé le véritable acte de courage : le courage, en politique, ce n’est pas de faire toutes les compromissions pour un poste, c’est de porter un projet et, quand d’autres n’en ont pas la volonté, d’accepter de sacrifier son intérêt personnel au nom de l’intérêt collectif ».
Georges-Louis Bouchez a évidemment évoqué les négociations en cours à Bruxelles. « Pour le moment la coalition Guinness, c’est le Loch Ness. Tout le monde en parle, personne ne l’a vue. Aujourd’hui la Guinness c’est surtout le record de l’indignité, de l’irresponsabilité, de la malhonnêteté. Nous en sommes arrivés là parce qu’il y a des gens qui estiment que cette région leur appartient, parce que des responsables qui ont nettement perdu les élections se sont accrochés à leur siège de ministre en espérant que l’écoulement du temps finirait par les arranger. Nous en sommes arrivés là parce qu’ils n’ont toujours pas compris l’urgence pour Bruxelles. Et c’est précisément pour cela que les libéraux doivent rester debout, clairs et déterminés, pour redonner à cette Région le cap, la crédibilité et l’ambition qu’elle mérite ».
Et le président du MR de souligner tout ce qui ne va pas dans ce projet : « La coalition Guinness, ce n’est pas une bière belge. Ils auraient pu au moins choisir une gueuze, alors qu’il y a assez de bières à Bruxelles pour ne pas aller chercher une vieille irlandaise. Mais surtout, la Guinness est très noire, comme la couleur du projet qui semble se dessiner : une LEZ imposée à chacune et chacun d’entre vous mais pas aux bus de la Stib, des livreurs, enseignants et soignants qui doivent payer pendant qu’on renforce Good Move, qu’on parle d’une taxe pour entrer dans Bruxelles et qu’ils rêvent d’enfermer notre capitale au lieu de la soutenir comme vitrine, moteur et joyau de notre pays. Ni de faire payer toujours plus cher des routes de plus en plus difficiles, ni d’attaquer le pouvoir d’achat de nos concitoyens ».
Mais le MR ne baisse pas les bras : « Nos 20 parlementaires vont reprendre le contrôle en déposant des textes pour reporter la LEZ au moins à la même date que les bus de la STIB, pour revoir Good Move et pour baisser les droits d’enregistrement à Bruxelles. Chaque semaine, ils forceront les partis à se positionner au Parlement, pour qu’il soit enfin fini de raconter une chose dans les quartiers et d’en voter une autre sous le dôme, fini de prétendre défendre le pouvoir d’achat ou les travailleurs tout en ajoutant des taxes et en imposant à des femmes et des hommes de changer de voiture pour simplement pouvoir exercer leur métier ».
La sécurité est par ailleurs un des grands thèmes de l’année 2026 pour le MR : « Nous allons garantir concrètement le principe du casseur-payeur : il n’est plus acceptable que, comme par hasard dans la commune de M. Laaouej, la destruction d’abribus et de biens publics soit réparée avec vos impôts plutôt qu’avec l’argent de celles et ceux qui cassent. Parce que la sanction, c’est celle du portefeuille : quand on se lève chaque matin pour travailler, transpirer, donner son argent à l’État sans en profiter, on ne l’oublie pas, et c’est pour cela que le casseur-payeur doit devenir une réalité concrète et immédiate ».
La tournée des vœux se poursuit le vendredi 9 janvier en province de Luxembourg.



