À Beauvechain, commune rurale et dynamique du Brabant wallon, Carole Ghiot incarne une gouvernance de proximité, attentive aux réalités du terrain.

Devenue bourgmestre après les élections communales, elle porte une vision équilibrée : préserver le caractère rural de la commune tout en répondant aux défis contemporains.

 

 

 

Depuis 2018, tu es bourgmestre de Beauvechain, une commune à forte identité rurale. Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter et revenir sur ton parcours personnel et politique ?

J’ai 65 ans, je suis en couple avec Luc, j’ai 3 enfants – Gregoire, Sarah et Victor, et 4 petits-enfants. Je suis pensionnée, j’enseignais les langues modernes en secondaire dans différents établissements provinciaux et de la FWB. Je proviens de Visé, et je vis à Beauvechain depuis 2000. J’ai vécu et travaillé plusieurs années aux USA (New-York et Chicago). J’ai débuté ma carrière politique à Beauvechain en 2006, où j’ai été élue échevine puis première échevine. Je suis de nature optimiste et conviviale, j’aime les bons moments entre amis et le théâtre que j’ai pratiqué en amateur durant 30 ans au sein de différentes troupes. J’ai une grande ouverture d’esprit et une vision propice au progrès. Gérer, c’est prévoir !

Beauvechain est une commune rurale avec des moyens financiers limités. Pourtant, tu parviens à lancer de nombreux projets, notamment via des partenariats public-privé, sans alourdir la fiscalité locale. Quelle est ta méthode pour développer la commune tout en gardant des finances saines ?

Les défis auxquels les communes doivent faire face sont de plus en plus nombreux, dans un contexte financier particulièrement difficile. Les partenariats publics-privés sont un excellent moyen de développer des projets d’intérêt collectif, sans devoir nécessairement augmenter les taxes. Je pense notamment à la construction d’une piscine, d’une crèche, d’une résidence seniors – trois réalisations qui verront le jour en 2026-2027. J’estime que le contexte budgétaire ne devrait pas être un frein à la possibilité de développer de nouveaux services aux citoyens.

Ta commune compte de nombreux agriculteurs, qui jouent un rôle essentiel dans l’identité et l’économie locale. Comment la commune de Beauvechain soutient-elle concrètement ses agriculteurs et défend-elle leurs intérêts au niveau communal ?

Beauvechain est une commune profondément rurale : la majeure partie de notre territoire est agricole. Cette réalité fait des agriculteurs des acteurs essentiels de notre identité et de notre économie locale. Notre rôle, en tant que commune, est de les soutenir tout en favorisant une cohabitation harmonieuse avec l’ensemble des citoyens. Une chaudière biomasse pour les bâtiments communaux est en cours d’installation. Le projet a été élaboré en concertation avec les agriculteurs locaux, qui fourniront le combustible.

Il y a quelques années, nous avons publié une Charte de la ruralité qui rappelle les valeurs et les engagements liés à notre cadre de vie. Nous avons également mis en place un Groupe de travail Agriculture qui se réunit régulièrement pour aborder les enjeux du secteur et construire des solutions avec les agriculteurs eux-mêmes. Un échevin de l’agriculture siège au Collège.

La base militaire de Beauvechain est une spécificité forte du territoire. Comment s’organise la cohabitation entre les habitants, la commune et la Défense ? Est-ce un atout pour Beauvechain, et à quelles conditions ?

Les relations entre les autorités locales et la Base militaire ont toujours été harmonieuses à Beauvechain. La communication est efficace et coordonnée. Les citoyens apprécient généralement d’être invités lors d’événements tels que les portes-ouvertes ou job days. Sur le plan financier, la présence de la Base n’apporte pas d’avantage direct à la commune, mais les synergies de proximité et le soutien réciproque sont précieux, en particulier pour la gestion de crise, avec notamment l’organisation d’exercices communs.

De nombreux projets sont aujourd’hui sur la table pour les prochaines années. S’il fallait en retenir un qui illustre le mieux ta vision pour Beauvechain, lequel mettrais-tu avant et pourquoi ?

Plutôt qu’un seul projet, je mettrais en avant une ambition globale : réussir la transition vers un développement harmonieux de Hamme-Mille. Cela signifie penser l’avenir avec de nouveaux logements, commerces et services, en intégrant les dimensions essentielles telles que la mobilité, pour faciliter les déplacements sans congestion, ce qui vient d’être fait avec le nouveau giratoire. Ce n’est pas une transformation radicale, mais une évolution équilibrée, respectueuse de notre cadre de vie et tournée vers les besoins des habitants.