À Libramont-Chevigny, devant une Halle aux Foires comble pour les vœux 2026 du MR en province de Luxembourg, le Président Georges-Louis Bouchez a jugé la colère du monde agricole “pleinement légitime”, dénonçant des agriculteurs écrasés par des normes parmi les plus strictes, tandis que l’Europe importe des produits ne respectant pas ces standards, et plaidant pour des clauses miroir ou un allègement des charges, ainsi que pour des mesures fiscales comme la défiscalisation des aides PAC afin de permettre au secteur de vivre dignement de son travail.
Il a inscrit son discours dans un contexte européen marqué par les crises et les dépendances, appelant l’Union à sortir du « confort des postures » pour retrouver sa souveraineté militaire, énergétique et industrielle, condition pour défendre réellement ses valeurs.
Il a replacé ce combat dans une vision plus large de la responsabilité budgétaire et de la solidarité, assumant la limitation du chômage à 2 ans comme une révolution culturelle qui remet le travail au centre et rappelant que la dette d’aujourd’hui ce sont les impôts de demain, tout en dénonçant certains privilèges fiscaux comme ceux des grandes mutuelles afin de financer une baisse d’impôts pour celles et ceux qui reprennent un emploi.
Sur la sécurité, le président du MR a défendu l’application stricte du principe « casseur-payeur » pour que les auteurs de dégradations remboursent ou effectuent des travaux d’intérêt général, et plaidé pour un renvoi plus systématique des étrangers en séjour illégal condamnés pour des faits délictueux, en réaffirmant que la Belgique doit rester une terre d’accueil pour ceux qui respectent nos règles, apprennent nos langues et travaillent avec nous.
Enfin, il a assumé la pression politique et médiatique comme le signe que le MR incarne aujourd’hui la force du changement, formulant 3 vœux pour 2026 : du courage, du bonheur et la fierté d’être libéraux, avant d’appeler les militants luxembourgeois à rester mobilisés sur le terrain, dans les communes et les entreprises, pour expliquer les réformes et convaincre.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité du discours de Georges-Louis Bouchez aux vœux du MR à Libramont-Chevigny
Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous, merci pour votre présence.
Et aujourd’hui, ça prend une tournure particulière, parce que ce matin, on m’a dit qu’il y aurait une tempête avec énormément de pluie, etc. Je me suis dit, ça ne va pas aider pour venir ce soir. Puis ensuite, on m’a dit que ce serait une tempête de neige. Je me suis dit, ça ne va vraiment pas aider. Et puis, on m’a expliqué qu’en fait, l’autoroute était bloquée dans les deux sens et même les ronds-points avoisinants. Donc, vous êtes des vrais combattants. Vous êtes des combattants de la liberté. Vous vouliez absolument être là ce soir et donc j’espère que le buffet sera à la hauteur de votre détermination parce que je suis vraiment ravi de vous voir si nombreux malgré ces circonstances.
Alors j’ai parlé des agriculteurs mais avant ça je voudrais parler de l’Union Européenne parce que les deux sont liés. Aujourd’hui si votre route a été un peu compliquée, dites-vous que ce n’est pas grand-chose par rapport à l’état du monde. On est dans un monde qui est dans une profonde mutation et qu’on le veuille ou non, les institutions qui sont nées après la Seconde Guerre mondiale, le mode de fonctionnement qui est né à la moitié du XXe siècle, aujourd’hui ne fait plus la règle.
Nous sommes dans un nouveau monde et on essaye de continuer à fonctionner au XXIe siècle avec les institutions et le mode de fonctionnement du XXe. Ça ne peut pas fonctionner. On doit absolument changer, évoluer et passer nos journées à dire que tout serait de la faute du président des États-Unis, des Russes ou des Chinois ne va pas améliorer notre situation. En tant que libéraux, ce qui est fondamental, c’est surtout de prendre son destin en main plutôt que de passer son temps à se plaindre des circonstances. Alors ce que doit faire l’Union européenne aujourd’hui, c’est de garantir sa souveraineté. Ça, c’est l’enjeu essentiel. Parce que je vous parlais de condamnation, mais c’est vrai que si vous suivez les tweets d’un commissaire européen ou d’un ministre, qu’est-ce qu’il va faire ? Il va passer sa journée à expliquer que le président des Etats-Unis est un problème, que les pays arabes et la Russie devraient respecter les droits de l’homme, que la Chine devrait cesser de nous espionner et d’être potentiellement un ennemi. Le problème ? c’est que nous sommes totalement dépendants des États-Unis pour garantir notre sécurité, totalement dépendants des pays arabes et de la Russie pour notre énergie, et exclusivement, quasi, dépendants de la Chine pour notre industrie.
Alors vous le comprenez, mesdames et messieurs, on ne peut pas à la fois faire des leçons à des pays dont on a besoin. On ne peut pas être sincère dans la démarche qui consiste à vouloir diffuser à l’échelle mondiale nos valeurs si on est dépendant de toute une série de régions du monde qui ne les partagent pas. Alors ce que doit faire l’Union européenne, c’est de quitter le confort des postures pour assumer la dureté de la réalité. Oui, pour garantir une autonomie en termes de défense, on doit investir. On doit avoir des avions, on doit avoir de la technologie, on doit construire cette industrie. On doit aussi accepter que si on veut des industries, il y aura peut-être un peu de bruit, il y aura peut-être quelques contraintes, il y aura peut-être même un peu de pollution. Mais croire que délocaliser la pollution en Chine pour en consommer les produits, c’est ça qui va sauver la planète, c’est au mieux la naïveté, au pire de l’hypocrisie.
Oui, nous avons, nous avons, grâce à l’action du mouvement réformateur et en particulier de Mathieu Bihet comme ministre, nous avons sauvé le nucléaire. Quand il y a 5 ans, nous avons commencé ce combat, on nous expliquait une nouvelle fois que c’était un caprice de Georges-Louis Bouchez qui devait embêter le gouvernement, comme si je me levais le matin avec pour ambition de prendre des coups toute la journée. Si on s’est battu à ce point pour le nucléaire, C’est parce qu’avoir une énergie nucléaire, c’est avancer sur la souveraineté énergétique. C’est avoir les moyens sur la production de l’énergie qui est à la base de l’ensemble de notre mode de vie. Si vous êtes déplacé, c’est grâce à l’énergie.
Si vous êtes assis dans un grand hall, c’est grâce à l’énergie. Si vous travaillez, c’est grâce à l’énergie. Il n’y a pas un de vos actes, sauf peut-être l’amour que vous portez à vos proches, qui n’est pas alimenté par de l’énergie. Alors oui, c’était fondamental. Il y a peut-être des esprits plus mal tournés qui ont… Mais ça demande de l’énergie, mais naturelle. On n’avait pas besoin d’adjuvants énergétiques. Ça dépend de l’âge. Et ce n’est pas les plus jeunes qui ont applaudi, donc vous voyez. Mais donc, comme je le disais, ces enjeux sont fondamentaux. Et parmi cette autonomie, Et il y en a une quatrième, que nous avons aujourd’hui, mais que nous risquons de perdre si nous continuons sur cette trajectoire, c’est l’autonomie alimentaire, c’est l’autonomie agricole, c’est la capacité de nourrir notre population sans dépendre de personne. C’est pourquoi la colère des agriculteurs est légitime. Nous la comprenons et nous agissons. Alors vous me direz, mais pourquoi le Mercosur ? Le Mercosur est une décision européenne, mais au-delà de ça, je ne veux pas être hypocrite devant vous.
Nous devons signer des traités de libre-échange. C’est indispensable. C’est indispensable si on veut continuer à avoir de la croissance européenne. Ces traités de libre-échange, on doit les signer beaucoup plus rapidement que ce que nous avions envisagé. Pourquoi ? Parce que l’attitude du président des États-Unis, qui avec ses droits de douane ferme progressivement les capacités d’exportation de nos entreprises, et sa volonté également de contrôler l’Amérique du Sud, nous impose de conclure des partenariats rapidement. Néanmoins, nous ne pouvons pas conclure n’importe quel partenariat à n’importe quelles conditions. Et aujourd’hui, force est de constater que nous avons un problème majeur en Europe. C’est que nous demandons à nos agriculteurs de produire avec des normes qui sont extrêmement élevées. Mais dans le même temps, nous acceptons d’importer et donc de faire consommer à nos populations de l’alimentation qui a été produite à des normes inférieures.
Alors aujourd’hui, mesdames et messieurs, les chances sont claires. il n’y a pas de clause miroir, c’est-à-dire l’obligation pour les produits que nous importons de respecter les mêmes normes que les nôtres, alors nous devrons revoir nos normes. Non pas pour mettre en danger la population, mais simplement pour lutter contre les normes excessives, contre les charges administratives. Nous devrons également permettre à nos agriculteurs de pouvoir vivre dignement de leur travail. C’est la raison pour laquelle le mouvement réformateur, comme je m’y suis engagé dans la rencontre qui a précédé, va dès lundi mettre sur la table des questions en matière de fiscalité. Par exemple, une défiscalisation des aides PAC pour faire en sorte que nos agricultrices et nos agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail. Parce que, et vous l’aurez compris, La situation n’est pas quelque chose qui est binaire entre rejeter les accords commerciaux et sauver l’agriculture. Nous devons à la fois sauver notre agriculture et ouvrir de nouveaux marchés pour notre industrie. Nous devons le faire aux bonnes conditions.
Et je voudrais dire aux agriculteurs qui sont présents dans cette salle et répéter ce que je vous ai déjà indiqué, que vous avez notre total soutien et notre plein respect. Parce que le mouvement réformateur, c’est le parti des gens qui travaillent. Et s’il y a bien des travailleurs dans notre société, c’est les agriculteurs. C’est bien eux qui se lèvent tous les matins, qui ne prennent jamais de congés, qui restent sur leur champ pendant des journées complètes, qui doivent derrière être des comptables, être des experts sanitaires, qui doivent gérer des enjeux économiques, qui doivent être des juristes avec l’ensemble des règles qui pèsent sur leur tête et qui en plus sont surtout notre patrimoine, notre identité.
C’est eux qui façonnent nos paysages. C’est eux qui façonnent notre société. Alors mesdames et messieurs, je vous demande vraiment un tonnerre d’applaudissements pour notre secteur agricole et que chaque jour, nos députés et nos ministres soient à leur côté. Alors, je le disais, l’Europe a un énorme chantier, mais l’Europe, c’est nous. L’Europe, ce n’est pas les autres. Les chantiers, on doit déjà les commencer à l’échelle de notre pays. C’est ce qu’on a fait avec la limitation du chômage à deux ans. Cette mesure n’est pas une mesure budgétaire. C’est une révolution culturelle.
C’est envoyer le signal que le travail est au cœur de la société. C’est envoyer le signal que la solidarité, ce n’est pas un Mr Cash. C’est envoyer le signal que l’État doit être à votre côté et à vos côtés dès que vous avez un accident de la vie. Mais que toutes les personnes en capacité de contribuer doivent pouvoir le faire par leur travail, par leur engagement. Cette réforme, elle va changer les choses pour les années à venir. C’est mieux de le faire en une fois. Si pas, on traîne ça. Cette réforme, elle va changer les choses pour les années à venir. Parce qu’elle envoie un signal aux jeunes générations.
Elle leur explique qu’il n’y a pas de société prospère sans travail. Elle leur explique que si on veut financer la solidarité, il faut que tout le monde y mette du sien. Et surtout, et je le revendique devant vous ce soir, Le vrai parti de la solidarité, ce n’est pas celui qui dépense jusqu’au dernier centime ce qu’il y a dans les caisses. C’est celui qui se préoccupe de savoir s’il restera de l’argent dans les prochaines années. C’est celui qui fait en sorte que nous puissions bien vivre, mais que nos enfants également puissent avoir notre niveau de vie. Aujourd’hui, vous pouvez applaudir, c’est vrai que ce n’est pas mal comme idée.
Aujourd’hui, vous devez savoir que la manière dont nous vivons, c’est comme si vous alliez au restaurant, peut-être que vous avez été au superbe restaurant éphémère qui était juste ici au-dessus, et qu’à la fin du repas, en ayant mangé au champagne, bien évidemment, parce que tant qu’à faire, vous téléphonez à votre fils ou à votre fille et vous lui dites « il faudrait venir régler la note ». C’est exactement comme ça qu’on est en train de vivre. Chaque bébé qui naît en Belgique aujourd’hui a une dette de 50 à 60 000 euros. C’est certainement plus parlant comme ça parce que, vu la valse des milliards dont vous entendez parler à la télévision, je pense que plus il y a de zéros, moins on arrive à réaliser ce que ça représente. Mais ne vous trompez pas.
La dette d’aujourd’hui, ce sont les impôts de demain. L’État, ce n’est pas quelqu’un d’autre que vous. C’est chacune et chacun d’entre vous. Et donc la dette de l’État, vous devez la diviser par 11 millions, peut-être même par 6, c’est le nombre de personnes qui travaillent. Et ce chiffre-là, vous l’ajoutez à votre dette personnelle. Parce que c’est l’argent qu’il va falloir rembourser un jour. C’est la raison pour laquelle, si nous voulons sortir de cette situation, nous devons augmenter la croissance. La croissance est devenue un mot suspect, un mot tabou, parce que la croissance, soi-disant, ça détruirait la planète, ça détruirait les êtres humains. Mais c’est quand même oublier que la croissance, c’est ce qui nous permet d’avoir le niveau de vie que nous avons aujourd’hui. Alors notre pays, il a beaucoup de problèmes, mais vous ne trouverez pas beaucoup de pays dans le monde où on a une espérance de vie aussi élevée, où il y a un niveau d’éducation si important, où il y a un niveau de richesse partagée aussi élevé.
Alors oui, la Belgique doit être réformée, mais la Belgique reste une des terres où il fait le mieux vivre sur la planète. C’est pourquoi je pense qu’on doit se dire que ce ne sont pas des acquis pour l’éternité, mais c’est quelque chose qui doit se travailler si on veut le conserver, si on est vraiment responsable pour les générations futures. Alors nous devons aussi se réduire les dépenses de l’État et lutter contre les privilèges. Alors pour les dépenses de l’État, j’y reviendrai, mais pour les privilèges, je voudrais peut-être vous donner une explication sur quelque chose que vous avez vu passer concernant les mutuelles.
On nous a expliqué que le MR voulait taxer les mutuelles. On veut juste que les mutuelles payent les mêmes impôts que les autres. Aujourd’hui, on nous dit qu’il faut taxer les épaules les plus larges. Et donc qu’est-ce qu’on fait ? On va voir des travailleurs, des investisseurs, des épargnants, Et on nous dit ça c’est les épaules les plus larges. Et donc moi j’ai voulu un peu vérifier ça. Et j’ai découvert que les mutuelles avaient un patrimoine de 6,4 milliards d’euros. 6,4 milliards d’euros. Marcou qui est presque un amateur à côté. J’attends le moment où le sanglier des Ardennes sera racheté par Solidaris. Parce que figurez-vous que ces 6,4 milliards d’euros, Ils les ont en hôtel de luxe, en action, en obligation, en domaine skiable. Vous avez peut-être un jour été skier dans un domaine qui appartient à la mutualité socialiste. Est-ce que c’est normal ? Mais je me suis dit, ça doit être une erreur.
Alors j’ai cherché encore un peu. Et là, je me suis rendu compte de quoi ? C’est que les mutuelles vendent des produits d’assurance privée. comme les compagnies d’assurance privée. Et ils ne payent pas d’impôts. C’est fou quand même. Mais je me suis dit, ce n’est pas possible. Les mutuelles, c’est quand même plutôt à gauche. Solidarisme, mutualité chrétienne. Et les gens de gauche, c’est solidaire. Les gens de gauche, ils demandent à tout le monde de payer plus d’impôts. Ils vont commencer par eux-mêmes. Vous savez ce qu’on dit, toute charité bien ordonnée. Figurez-vous que non. Jean-Pascal Labille, qui passe son temps à expliquer que les sociétés doivent payer plus d’impôts, que les patrons gagnent trop alors qu’ils en aiment moins que lui. Ce monsieur là, il a réussi avec ses camarades à faire en sorte d’être exonéré d’une série d’impôts payés par les autres.
Parce qu’on vous a fait croire que si on taxait les mutuelles, ça allait se répercuter sur vous. C’est bizarre, parce que la gauche n’a pas du tout ce raisonnement là quand ils veulent taxer les banques. Ils disent, on va taxer les banques. OK. Mais ils ne se posent pas la question que peut-être vos frais bancaires vont augmenter. Mais ici, ce n’est pas de ça dont on parle. On parle d’une taxe sur le patrimoine qui est payée par toutes les ASBL du pays. Les pauvres sœurs, par exemple, qui s’occupent des personnes âgées. Cap 48. Cap 48 paye la taxe sur le patrimoine. Ils ne font pas du social. À l’événement, ils ne payent pas. Mais surtout… Quand vous vendez des assurances complémentaires comme la DKV, vous faites du social ? J’ai pas l’impression. Ou alors, toutes les compagnies d’assurance du pays deviennent des entreprises d’économie sociale.
Ça, j’attends quand même de voir la tête du patron d’AXA quand je vais lui expliquer qu’il fait de l’économie sociale. Ça va un peu le changer. Alors soyons sérieux, mesdames et messieurs. Le but est de pénaliser personne. C’est juste de garantir l’égalité devant l’impôt. Et pourquoi ? Pour qu’avec l’argent que nous allons récupérer, c’est-à-dire 165 millions d’euros chaque année, nous puissions investir cet argent dans la baisse de la fiscalité des personnes qui commencent un emploi. Parce que lorsque l’on vient de l’inactivité et qu’on commence un emploi, on a beaucoup plus de frais la première année.
Il faut par ailleurs créer un incitant pour que ces gens voient vraiment l’intérêt de se mettre à l’emploi. Et donc oui, nous ne voulons pas d’un impôt nouveau, nous voulons au contraire zéro taxe, j’ai été très clair sur le sujet. Mais nous voulons tout simplement respecter la notion d’égalité. Alors, c’est le moment que certains, surtout au premier rang, attendent avec impatience, parce que c’est la réduction des dépenses de l’État. Au début, ça part bien. Vous allez voir qu’après, c’est plus compliqué. Bien sûr que l’État coûte trop cher. 55% de notre PIB, c’est de la dépense publique. Aux Pays-Bas, c’est 45%. Est-ce que vous avez le sentiment que les routes aux Pays-Bas sont en plus mauvais état ? Est-ce que vous pensez que la justice est rendue moins vite ? Moins vite, ça devient presque impossible. Est-ce qu’il y a moins de policiers ? Est-ce que les prestations sociales sont moins élevées ?
Peut-être en termes d’inactivité, mais pas en matière de pension, par exemple. Les Pays-Bas ont le plus haut niveau de pension de l’Union européenne. C’est quoi la différence ? La différence, c’est qu’aux Pays-Bas, il y a un seul gouvernement. Il y a des provinces réduites au strict minimum et des communes de taille plus importante. Alors oui, nous allons devoir avancer avec Adrien Dolimont et le gouvernement Wallon sur la suppression du niveau politique des provinces. Et je veux rassurer les agents provinciaux. Leur métier ne va pas disparaître. Un enseignant qui donne cours dans l’enseignement provincial va continuer à donner cours. La question, c’est qu’il n’aura plus un député provincial au-dessus. Il y aura une autre autorité publique. Mais oui, nous devons avancer en la matière. Nous devons également supprimer le Sénat. Nous devons aussi fusionner les communes et les CPAS.
Et oui, nous allons devoir ouvrir le dossier de la fusion des communes. C’est la raison pour laquelle, à partir de lundi, je lancerai au sein du mouvement réformateur une initiative qui d’abord concernera nos bourgmestres et ensuite par province l’ensemble de nos élus communaux pour qu’on travaille ensemble à déterminer des critères pour renforcer l’efficacité publique, pour diminuer la dépense de l’appareil de l’Etat et de faire en sorte de préserver dans le même temps la proximité des services pour les citoyens. Mais si nous voulons être sincères dans notre démarche de baisser les impôts, nous devons alors être sincères dans notre démarche de baisser les dépenses.
Il serait un mensonge de faire croire aux gens que l’on va pouvoir baisser l’impôt si on continue à avoir un tel niveau de dépense publique. C’est assez facile à comprendre. Si demain, vous allez dire que vous allez peut-être Je ne sais pas. Diminuer le prélèvement que vous faites sur les étrennes de vos enfants. J’espère que vous ne faites pas ça, parce que c’est très mal. Mais d’un autre côté, si vous continuez à partir trois fois chaque année en vacances, il faudra bien trouver l’argent quelque part. Ici, la question, ce n’est pas de réduire le bien-être des gens, c’est de réduire la voilure, c’est de réduire tous les frais qui sont inhérents à la structure publique et qui rendent notre pays inefficace. Parce que oui, et je n’ai pas peur de le dire devant une salle où il y a des politiques, il y a trop de politiques dans notre pays. On est beaucoup trop nombreux. Rien qu’au niveau du mouvement réformateur, nous avons 2500 élus.
Est-ce qu’on se rend compte ? Pour un seul parti ? Imaginez qu’on est 6 partis en tout, pour les grands, et qu’il y a encore quelques plus petites structures qui existent. Et ça, c’est que la moitié du pays. Allez, est-ce que vraiment c’est sérieux ? Alors, je vous le dis, je pense que la chose la plus importante quand on fait de la politique, c’est pas d’accumuler des mandats, c’est de laisser une trace. Et comme l’a dit Willy dans son discours d’introduction, ça doit être l’objectif de cette législature.
L’objectif de la législature, c’est de faire les réformes que la Belgique attend depuis des décennies. C’est d’être les acteurs du changement pour lequel les gens ont voté. On doit le faire également dans un dernier volet que je souhaite aborder avec vous, c’est celui de la sécurité. Parce que vous avez encore vu, durant les fêtes de fin d’année, des scènes à Bruxelles, où certains utilisent la Kalachnikov pour célébrer un match de football, qui détruisent des biens publics alors qu’ils ont gagné le match. Je pense que s’ils avaient perdu, ils auraient détruit aussi. C’est la destruction de la joie ou la destruction de la déception. Je n’ai jamais bien compris la différence entre les deux. Quoi qu’il en soit, mesdames et messieurs, nous allons mettre sur la table le principe du casseur-payeur.
Il n’est pas question que lorsque quelqu’un détruise les biens publics, ce soit les femmes et les hommes qui travaillent, qui doivent le financer via leurs impôts. Alors, vous allez me dire, mais il y en a qui sont insolvables. Ce n’est pas grave, on peut toujours faire un travail d’intérêt général. Mais il n’est plus question d’échapper à sa responsabilité. Notre pays doit être une terre de droits et de libertés. Mais ça doit être aussi une terre où il y a des obligations. Parce qu’une société ne peut pas fonctionner si chacun n’assume pas sa part de responsabilité. Nous devrons également, à ce titre, renvoyer les personnes en situation irrégulière et, en particulier, en priorité, les personnes qui sont dans nos prisons. 43% des détenus en Belgique ne sont pas de nationalité belge. Alors, vous avez certainement vu la nouvelle mode d’essayer de faire croire que nous serions d’extrême droite parce qu’on dit ça.
Mais est-ce que ce n’est pas plutôt les autres qui sont irresponsables de tolérer une telle situation ? Cette situation qui coûte 240 millions d’euros chaque année à nos concitoyens? Et qui surtout envoie un signal désastreux, qu’en fait, la Belgique, c’est une terre de droit, mais c’est une terre qu’on ne doit pas respecter. Alors je vous le dis, notre pays est une terre d’accueil et doit le rester. On doit accompagner les personnes qui sont venues ici pour travailler, pour construire avec nous notre pays.
Mais on doit être ferme et sans aucune complaisance à l’égard de celles et ceux qui sont venus ici pour commettre des actes de délinquance. Je veux vous le dire, l’impunité, c’est terminé ! Nous allons aussi faire en sorte de renforcer les conditions d’accès à la nationalité belge. Parce qu’aujourd’hui, il est possible de rater le parcours d’intégration et malgré tout de devenir belge. Ça n’a pas de sens. Ça n’a pas de sens parce qu’être belge, ce n’est pas un droit, c’est un privilège. C’est un privilège pour chacune et chacun d’entre nous. C’est un privilège de pouvoir vivre dans un des pays les plus progressistes de la planète, dans un des pays avec un tel niveau de bien-être. Et je vous le dis, tous ceux qui aujourd’hui sont en train de nous attaquer sur nos valeurs, ne vous trompez pas. C’est parce qu’ils sont incapables de débattre avec nous sur le fond. C’est parce qu’ils n’ont plus d’argument.
Alors quand vous n’avez plus d’argument, vous attaquez l’autre sur sa personne, sur ses valeurs. C’est tellement facile. Quand quelqu’un, souvent, arrive à vous faire taire, le plus simple est de se dire que c’est un imbécile dans le meilleur des cas ou une mauvaise personne dans l’autre. C’est tellement plus difficile De réfléchir aux arguments reçus et d’essayer d’en trouver d’autres, de déconstruire. C’est tellement vrai ce que je vous dis que le président du Parti Socialiste a lui-même indiqué pendant les fêtes, certainement entre deux fabrications de pain, puisque vous savez qu’il est boulanger à ses heures perdues, il devrait peut-être d’ailleurs le faire à temps plein. Je n’ai jamais goûté son pain, mais je connais la qualité de sa politique. Son pain ne peut être que meilleur. Il nous a expliqué qu’il n’allait pas revenir sur le chômage illimité. Pourquoi manifeste-t-il alors ?
Mais ils ne reviendront pas sur nos réformes. Ces réformes qu’ils estiment brutales, populistes, extrémistes. Ils ne vont pas revenir dessus. Pourquoi ils crient ? Ils crient parce que la soupe était bonne. Et ils veulent revenir aux responsabilités. Pas pour changer la vie des gens. Pas pour améliorer la situation du pays. Mais uniquement pour en être. Alors, mesdames et messieurs, et ce sera mon dernier mot, Surtout, ne doutez pas, ça va continuer. Ça va continuer. Ça va être permanent et systématique. Ça va être beaucoup plus dirigé sur le MR. Pourquoi ? C’est la meilleure preuve que c’est nous la force de changement.
Bien sûr qu’on n’est pas les seuls au gouvernement. Mais parfois, quand je regarde les réseaux sociaux ou que j’entends certains manifestants, j’ai l’impression que je suis à la fois ministre de l’immigration, de l’intérieur, président de la Commission européenne, même ministre flamand, pourquoi pas ? Parce que tout serait de notre faute. Je suis sûr que si on cherche un peu, on doit être responsable de l’une ou l’autre catastrophe naturelle. L’année, ça doit être nous. Ça m’étonne d’ailleurs qu’il n’y en ait pas un qui ait déjà sorti que les années où on n’était pas comme ça au gouvernement à 30%, il neigeait moins. Vous voyez ? On s’est trompé pour la date, j’aurais préféré le 24 décembre. Mais plus sérieusement, ça va continuer, bien sûr. Donc il faudrait être solide, il faudrait être fort. Il faudra surtout être courageux. Parce que dans la vie, le courage, c’est le seul moteur possible pour le changement. Il n’y a que le courage qui permet de réaliser de grandes choses. Alors je sais qu’on aimerait parfois plus de calme et plus de confort.
Je peux vous dire que je suis bien placé pour vous le dire. Mais encore une fois, est-ce qu’on veut laisser une trace ? Est-ce qu’on veut que nos enfants nous disent merci ? Est-ce qu’on a envie de ça? Est-ce qu’on a envie d’avoir un bon article ? L’article impossible, le bon article, par la RTBF? Ou est-ce qu’on veut que dans 10-15 ans, on explique que grâce à cette réforme, la Belgique a pu redresser sa situation, tout en maintenant la récompense du travail de celles et ceux qui œuvrent aujourd’hui dans l’intérêt de notre pays ?
Alors oui, il faudrait être très courageux. Il faudra surtout, surtout, Ne jamais oublier que le bruit alentour, ça n’est que du bruit. Et que pendant que ce bruit se fait entendre, il y a des dizaines et des dizaines de réformes qui sont votées. Et notre plus grande satisfaction en 2029, ce sera de pouvoir se dire qu’on a pris nos responsabilités, qu’on a redressé le pays.
Et n’ayez pas peur pour les élections. les électeurs sauront reconnaître les gens cohérents, les gens courageux, les gens responsables. Alors, en 2026, soyez courageux, vous l’avez compris, soyez heureux, parce que c’est quand même pour ça qu’on se lève le matin. Et j’espère que vous serez plus heureux ce soir que quand vous vous êtes levés. Et surtout, surtout, plus que jamais, soyez fiers d’être des libéraux ! Une excellente année 2026 !
Merci à tous.




