Invité de l’émission flamande Terzake (VRT), le Ministre-Président wallon Adrien Dolimont a répondu aux inquiétudes exprimées par plusieurs CPAS à la suite de l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2026, de la limitation dans le temps des allocations de chômage, une réforme fédérale dont l’impact est plus marqué en Wallonie.
Dès le début de l’entretien, il replace la mesure dans son contexte politique et électoral : « C’est un changement assez majeur. Depuis la mise en place du gouvernement, on savait que cette mesure allait arriver. Elle figurait dans les programmes de l’ensemble des partis de la majorité. »
Adrien Dolimont reconnaît que les effets de la réforme sont plus importants en Wallonie qu’en Flandre. C’est précisément pour cette raison que le gouvernement wallon a fait le choix de l’anticipation et de l’accompagnement. Dès le début de la législature, un travail approfondi a été engagé avec le ministre de l’Économie et de l’Emploi, Pierre-Yves Jeholet, autour de la réinsertion professionnelle et des formations, mais aussi des aides à l’emploi et à l’embauche. L’objectif est clair : éviter une simple bascule vers les CPAS et favoriser un retour durable vers l’activité.
Dans cette logique, une enquête a été lancée afin d’identifier précisément les besoins du tissu économique wallon et de réorienter les formations vers les secteurs qui recrutent réellement. Il s’agit d’assurer une meilleure adéquation entre les compétences des demandeurs d’emploi et les besoins des entreprises, tout en veillant à une utilisation efficace de l’argent public.
Le Ministre-Président souligne par ailleurs que les CPAS et les communes, en particulier dans les grandes villes comme Charleroi et Liège, ne sont pas restés inactifs. Des moyens ont été mobilisés et des équipes renforcées afin de faire face à l’afflux attendu de demandes, dans un cadre où les financements fédéraux ont été garantis à 100 % pour la première année, tout en appelant à la vigilance pour la suite.
Tout en reconnaissant que toute réforme de système entraîne nécessairement des ajustements et des perturbations, Adrien Dolimont se veut clair sur l’objectif poursuivi. L’enjeu n’est pas de fragiliser les personnes concernées, mais de les accompagner vers l’emploi dans un cadre soutenable pour les finances publiques.
Le modèle social belge demeure protecteur et les CPAS conservent pleinement leur rôle d’accompagnement. Mais ce modèle doit aussi encourager l’activation, la responsabilité et le retour durable vers le marché du travail, avec un objectif clair : ne laisser personne au bord de la route.




