Réforme des médias de proximité : réponse aux critiques infondées du Collège d’avis du CSA

L’avis du Collège d’avis du CSA critiquant le projet de réforme des médias de proximité porté par la Ministre des Médias Jacqueline Galant n’est pas une contribution officielle du CSA, mais une compilation de plaintes diverses et variées de personnes et structures du secteur opposées depuis le début à cette réforme d’ampleur.
Les craintes exprimées sur le pluralisme médiatique, le financement, la « désertification informationnelle » du territoire ou encore la soi-disant politisation des conseils d’administration sont sans fondement. La réforme est est nécessaire pour assainir un paysage qui compte 12 télévisions locales en plus d’une RTBF dotée de près de 400 millions d’euros par an. Cette dispersion n’a aucun sens, coûte de l’argent et ne permet pas de garantir le pluralisme. Réformer les structures vise au contraire à renforcer la diversité d’information et d’opinion.
La détermination de la Ministre à réformer l’écosystème en profondeur pour en assurer la survie demeure inchangée.

Abstract :

  • L’avis n’est pas une contribution du CSA, l’organe régulateur principal du paysage audiovisuel francophone, mais une compilation de plaintes diverses et variées de personnes et structures du secteur médiatique historiquement opposées à cette réforme.
  • Cet avis n’est pas représentatif de tout le secteur, tous les médias de proximité n’étant certainement pas opposés à cette réforme importante et ne partageant en aucune manière l’avis du Collège d’avis du CSA. Celui-ci ne fait par ailleurs que reprendre les critiques d’opposants historiques à la réforme comme le Réseau des Médias de Proximité ou l’Association des Journalistes professionnels.
  • Une bonne partie des médias de proximité travaille de façon constructive, avec la Ministre, à la pérennisation du secteur et à l’avenir de l’information locale.
  • Les craintes exprimées sont infondées :
    • Pluralisme médiatique : Vu la petite taille de notre territoire et le grand nombre de médias qui s’y trouvent, cette réforme n’impacte aucunement le pluralisme médiatique. Elle consolide l’écosystème médiatique au lieu de le laisser péricliter et permet de sauver le secteur alors qu’un statu quo l’aurait condamné.
    • Désertification informationnelle : Les médias reconnus auront l’obligation de couvrir l’ensemble du territoire. Ceci est par ailleurs déjà le cas pour des zones comme la province du Luxembourg ou la Région bruxelloise qui sont couvertes par un seul média de proximité.
    • Économies injustifiées : Tout le monde doit prendre part à l’effort budgétaire énorme que doit faire la Fédération Wallonie-Bruxelles. De plus, le secteur est assuré d’une dotation annuelle de 10 millions d’€ sur toute la législature.
  • La détermination de la Ministre à réformer l’écosystème en profondeur pour en assurer la survie demeure inchangée.

1. Contexte

Ce vendredi, le secteur audiovisuel réuni en Collège d’avis du CSA a publié un avis concernant la réforme des médias de proximité portée par la Ministre des Médias et déjà validée à deux reprises par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Vous trouverez ci-dessous un argumentaire répondant aux principales critiques formulées à l’encontre de ce projet.

Il est tout d’abord important de souligner que sur les 67 pages qui constituent l’avis en question, près de 65 reprennent quasi intégralement les positions de l’Association des Journalistes Professionnels (AJP) et du Réseau des Médias de Proximité (RDMP), opposés depuis le début à toute réforme d’ampleur.

Cet avis n’est pas une contribution de l’organe régulateur principal du paysage audiovisuel francophone mais une compilation de critiques d’opposants historiques à la réforme.

Il faut également noter que l’avis du Réseau des Médias de Proximité ne représente pas l’entièreté du secteur car bon nombre d’entre eux, y compris dans des provinces impactées par de potentielles fusions, n’ont pas voulu s’associer à cet avis qu’ils ne partagent pas : Quatre, Télé MB, Vedia, TV Lux, etc.

Par ailleurs, les profils de certains contributeurs consultés interrogent : une ancienne journaliste de Télé Sambre, doctorante sélectionnée sur la base de sa thèse en cours de rédaction, pour remettre un avis « neutre »…. Avis dont le caractère très léger sur le plan scientifique interpelle.

Cet argumentaire doit se lire en complément de l’argumentaire très complet sur les contours de la réforme, sur les attaques de l’opposition et de certains médias de proximité qui vous a été envoyé au début du mois d’octobre.

2. Le pluralisme médiatique en danger ?

Le secteur s’inquiète de l’impact de la réforme sur le pluralisme en Fédération Wallonie-Bruxelles/ s’inquiète d’une “régression organisée” de l’offre d’information locale.

Argument 1

Qui peut sérieusement prétendre, en toute honnêteté, qu’une réforme visant à pérenniser 8 médias de proximité, financés quasi exclusivement par des fonds publics, sur un territoire de seulement 4.5 millions d’habitants, serait une menace pour le pluralisme médiatique ?

Un territoire :

  • où opère un média public fort, doté d’un budget de pratiquement un demi-milliard d’€ par an et de 3 chaînes,
  • où un groupe audiovisuel privé propose également plusieurs chaînes,
  • où existe une chaîne d’information en continu,
  • et où coexistent 6 quotidiens soutenus par des aides à la presse.

Argument 2

La Flandre, avec le double de la population de la Wallonie, compte un nombre de médias de proximité comparable : s’inquiète-t-on d’une faiblesse du pluralisme au nord du pays ?

3. Risque de « désertification informationnelle » ?

Le secteur s’inquiète d’un risque de « désertification informationnelle » et d’une centralisation excessive des rédactions et propose un critère par bassin de vie plutôt que provincial.

Argument 1

Non, il n’y aura ni désertification informationnelle ni perte de l’information locale. Deux mécanismes visés par la réforme en assurent la protection :

  • Les médias de proximité reconnus auront l’obligation de couvrir l’ensemble du territoire de leur nouvelle zone de couverture.
  • Un montant de 1,2 million d’€ permettra de soutenir les médias qui, dans le cadre d’une fusion, souhaitent notamment maintenir ou créer des rédactions décentralisées afin de garantir la présence journalistique sur l’ensemble du territoire.

Argument 2

Aujourd’hui, à l’exception de Canal Zoom, les médias de proximité sont déjà répartis par province. Le critère de bassin de vie peut être utilisé par les MDP fusionnés via la possibilité prévue par la réforme de créer des rédactions décentralisées.

4. Économies injustifiées dans le secteur des médias ?

Le secteur s’oppose aux mesures d’économies dans les subventions accordées aux médias de proximité.

Argument 1

Le discours du Gouvernement est clair et franc : tout le monde doit prendre part à l’effort budgétaire énorme que la Fédération Wallonie-Bruxelles doit faire.

La Ministre et le MR sont clairs : alors qu’on ne remplacera pas tous les fonctionnaires, alors que les professeurs du supérieur voient leur horaire de travail harmonisé à la hausse, alors que les services de l’enfance font de gros efforts de fonctionnement, on ne demanderait pas aux médias de proximité de participer à l’effort, même minime ?

Argument 2

Le Gouvernement s’est engagé à maintenir à 10 millions d’€ annuels la dotation de fonctionnement sur toute la législature. Dans le contexte budgétaire actuel, peu d’organismes peuvent prétendre avoir une vue claire sur leur dotation de fonctionnement.

5. Re-politisation des conseils d’administration, liberté de la presse en péril ?

Le secteur met en garde contre une « re-politisation » et dénonce l’absence de garde-fous.

Argument 1

Cette critique résume à elle toute seule l’avis du Collège d’avis. Est-il déconnecté des réalités de terrain ou éminemment politique ? Stop à l’hypocrisie : depuis plusieurs années, les bases légales empêchent les bourgmestres et les échevins de siéger au CA des MDP. Conséquence ? Certains y ont envoyé leurs collaborateurs, chefs de cabinets, etc. pour les représenter. S’il faut que le politique soit représenté car les pouvoirs locaux financent les MDP, qu’il le soit directement par ceux qui sont élus.

Argument 2

La réforme empêche que ces derniers occupent des fonctions de président ou VP des CA. Donc garde-fous, il y a.

6. Les prochaines étapes ?

La Ministre analyse dans le détail l’avis de l’Association des Journalistes Professionnels (AJP) et du Réseau des Médias de proximité (RDMP).

Rappelons que tous les médias de proximité ne sont pas opposés à la réforme et une bonne partie d’entre eux travaillent de façon productive avec la Ministre à la pérennisation du secteur et à l’avenir de l’information locale.

Que nul ne doute de la détermination de la Ministre à réformer l’écosystème en profondeur pour en assurer sa survie.

Stop à l’hypocrisie et à la peur.

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