Défense : l’arrivée des F-35 pour l’armée belge

Dans un contexte international compliqué, la Belgique accueille ses premiers F-35, qui promettent une nouvelle ère essentielle pour notre Défense.

Dans un monde incertain, notre pays ne peut rester spectateur : nous avons besoin d’une défense moderne, capable de répondre aux défis de demain. Ces dépenses s’inscrivent dans un choix de responsabilité, dicté par la sécurité de nos citoyens, la crédibilité de notre pays au sein de l’OTAN et la volonté de préserver nos intérêts économiques

  • La base aérienne de Florennes a accueilli le lundi 13 octobre ses premiers F-35, remplaçant ainsi à terme les F-16 ;
  • Les F-35 devraient effectuer leurs premières missions en 2027 et atteindre leur pleine capacité aux environs de 2029-2030 ;
  • La Défense loue les qualités exceptionnelles de ce nouvel avion de chasse ;
  • Les entreprises aéronautiques sont quant à elles satisfaites des retombées économiques prévues ;
  • Dans un monde incertain, la Belgique ne peut rester spectatrice : nous avons besoin d’une défense moderne, capable de répondre aux défis de demain ;
  • Espace aérien belge trop petit pour l’entrainement des F-35 ? Ce n’est pas neuf, c’est un problème déjà rencontré avec les F-16. Les pilotes devront effectuer une partie de leurs entrainements à l’étranger ;
  • Quant au budget Défense, depuis plusieurs années déjà, le MR se prononce en faveur de l’accroissement des dépenses de Défense à 2 % du PIB (demande de l’OTAN) ;
  • Le gouvernement fédéral s’est accordé durant l’été sur la stratégie militaire belge qui prévoit l’accélération des investissements dans la Défense à 2 % du PIB dès cette législature (avec objectif de 2,5 % du PIB d’ici 2034) ;
  • Ces dépenses s’inscrivent dans un choix de responsabilité, dicté par la sécurité de nos citoyens, la crédibilité de notre pays au sein de l’OTAN et la volonté de préserver nos intérêts économiques.

1. Contexte

La base aérienne de Florennes a accueilli ce lundi 13 octobre ses premiers F-35, remplaçant ainsi à terme les F-16. Les trois premiers avions ont donc atterri en Belgique cette semaine, le quatrième a connu un léger problème technique et arrivera prochainement.

L’acquisition de 34 F-35 avait été conclue en 2018 par le gouvernement Michel. L’appel d’offres avait en effet été lancé en 2017 pour renouveler la flotte belge d’avions de chasse.

L’achat de ces avions a coûté 3,8 milliards € et monte à 6 milliards € en incluant la formation, la maintenance et les infrastructures.

Les F-35 devraient effectuer leurs premières missions en 2027 et atteindre leur pleine capacité aux environs de 2029-2030. Les autres avions arriveront par la suite, ils sont pour l’instant stationnés aux États-Unis pour la formation des pilotes et des techniciens.

Le gouvernement Arizona a par ailleurs décidé d’acheter onze avions supplémentaires (fournis entre 2029 et 2031). Cette nouvelle acquisition est reprise dans la loi de programmation militaire 2026-2034 qui doit être adoptée au Parlement fédéral avant la fin de l’année.

Ces différents achats répondent aux exigences de l’OTAN, qui impose à notre pays de disposer d’une flotte capable de remplir ses missions de défense collective et de dissuasion.

Caractéristiques des F-35

Les experts et le monde de la Défense le soulignent : le F-35 symbolise une nouvelle ère pour la Défense.

Deux mots caractérisent très souvent l’avion de chasse : furtivité et innovation technologique. Cet avion de cinquième génération (quatrième pour le F-16) est conçu pour échapper à la détection des radars (contrairement aux F-16). Le cockpit est quant à lui entièrement numérique, permettant ainsi au pilote d’avoir une vue à 360° sur l’environnement qui l’entoure. Par ailleurs, ses capacités de collecte de données et d’échange d’informations entre les avions en temps réel sont impressionnantes et amènent une approche différente.

À Florennes, les nouveaux avions seront par ailleurs regroupés dans un nouveau complexe ultra-sécurisé, les anciennes installations des années 50 et 60 ne répondant plus aux exigences d’un avion de chasse moderne tel que le F-35.

Au niveau européen, ce sont 700 F-35 qui protégeront d’ici quelques années l’espace aérien, d’autres pays européens ayant eux aussi décidé de s’équiper de cet avion.

Espace aérien belge trop petit pour l’entraînement des F-35 ?

Oui, mais ce n’est pas un problème dû aux F-35 uniquement : c’est un challenge rencontré depuis longtemps par la Défense belge. C’était en effet déjà le cas pour les F-16, même si, comme cela a déjà été indiqué, le F-35 nécessite des exigences supplémentaires.

La Belgique a actuellement des discussions avec certains pays (notamment les Pays-Bas, l’Italie ou la Norvège) afin que les pilotes puissent s’entraîner au sein de leur espace aérien et au-dessus de la Mer du Nord. Cela permettrait également de réduire les nuisances sonores pour les citoyens.

Des retombées économiques pour la Belgique

Les retombées économiques pour l’industrie belge sont également importantes. À titre d’exemple, les entreprises Safran Aero Boosters et BMT Aerospace ont signé un contrat afin de produire des composants du moteur des F-35. De son côté, le groupe aéronautique belge Orizio a signé lundi une lettre d’intention en vue d’un partenariat élargi avec Lockheed Martin.

2. Plus largement, un plan d’investissements dans un monde incertain

Depuis 2014, les pays membres de l’OTAN se sont accordés sur une trajectoire de norme de dépenses en matière de défense fixée à 2 % du PIB de chaque pays sur 10 ans. En 2024, un quart des membres (8 sur 32), dont la Belgique (1,3 %), n’atteignait pas encore ce seuil de 2 % des dépenses.

Durant l’été, le gouvernement fédéral s’était accordé sur la stratégie militaire belge qui prévoit l’accélération des investissements dans la Défense à 2 % du PIB dès cette législature (avec un objectif de 2,5 % du PIB d’ici 2034, accompagné d’une clause d’évaluation prévue dès 2029).

Le plan s’étend sur les dix prochaines années, à l’horizon 2035, avec un budget de 34 milliards € pour des investissements matériels (notamment l’achat des onze nouveaux F-35). D’autres investissements sont prévus dans les renseignements, les technologies et la cybersécurité, la communication, mais aussi en recrutant davantage de militaires dans les différentes composantes de la Défense.

Ce choix stratégique s’inscrit dans un monde en mutation, où les menaces sont multiples et évolutives. Renforcer notre sécurité nationale est une responsabilité que le MR assume pleinement, sans faire peser de nouvelles charges sur les citoyens. L’effort budgétaire sera financé sans augmentation d’impôts.

Il faut toutefois préciser que, vu la situation internationale actuelle, notamment aux portes de l’Europe, les membres de l’OTAN ont décidé en juin 2025 de revoir la norme de dépenses à 5 % du PIB (3,5 % pour la Défense pure et 1,5 % pour la protection des infrastructures critiques par exemple ; les dépenses consacrées au soutien militaire et industriel à l’Ukraine pourront être comptabilisées comme contribution aux 5 %).

3. Le poids de la Défense en termes de dépenses pour l’État fédéral

On entend souvent des critiques quant au budget consacré à la défense, certes en augmentation, mais que représente-t-il ? En 2024, les chiffres du SPF Stratégie et Appui indiquent que 2,2 milliards € ont été consacrés directement à la Défense (contre 67,1 milliards € pour les pensions, 14,2 milliards € pour les indemnités maladie et invalidité ou encore 37,8 milliards € pour les soins de santé).

Vu le monde incertain dans lequel nous évoluons, il est essentiel d’assurer la défense du territoire, de participer à la dissuasion, de rester opérationnel tout en se transformant et en se modernisant. Ces dépenses s’inscrivent dans un choix de responsabilité, dicté par la sécurité de nos citoyens, la crédibilité de notre pays au sein de l’OTAN et la volonté de préserver nos intérêts économiques.

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