Après plus d’un siècle de règne socialiste, Waremme a choisi une nouvelle voie en élisant Raphaël Dubois (MR) comme bourgmestre à l’issue des dernières élections. En formant une majorité solide avec 20 sièges sur 25, il installe une coalition MR–PS. À 34 ans, Raphael incarne à la fois continuité, nouveauté et détermination à conduire Waremme vers un avenir serein et dynamique.
- Waremme était un bastion socialiste… et tu en deviens le premier bourgmestre libéral depuis plus d’un siècle. Qu’est-ce qui a permis ce basculement historique, et comment vis‑tu cette nouveauté au plan symbolique et politique pour la ville ?
C’est un travail de plusieurs années et de toute une équipe. Nous avons créé le groupe « Pour Waremme » en novembre 2017. La première chose décision : « on ne parle plus des autres partis, jamais. On parle de notre organisation et, surtout, d’améliorer notre ville. » Je suis conseiller communal depuis 2006 et j’avais l’impression qu’on parlait beaucoup trop des autres. Oui, ils avaient plus de moyens, de réseau…mais on devait montrer qu’on avait plus de solutions. À coté de ça, on a une équipe fantastique et très bien équilibrée politiquement. Elle représente la ville dans toutes ses composantes. Au niveau politique, nous sommes des libéraux et des citoyens sans appartenance politiques. En octobre 2018, on faisait 7 sièges (+3) et en octobre 2024 (+3). Je vis cela sereinement. Le plus important, c’est de montrer qu’on peut avoir un impact positif pour les citoyens.
- Tu as formé une majorité MR–PS avec 20 sièges sur 25, inversant un schéma classique de confrontation. Comment avez-vous posé les bases de cette alliance, et comment bâtissez-vous une coopération pour gouverner efficacement ?
La majorité fonctionnait bien sous la précédente législature même si j’étais seul au collège. Dans notre collège communal, on fonctionnait en regardant les dossiers et très peu en fonction de l’orientation politique. Cette manière pragmatique convient aussi à notre équipe d’aujourd’hui même si le rapport de force a changé (4-3 en notre faveur). On regarde les dossiers de la manière la plus objective possible en collège communal et on tranche unanimement sur 99,9% des dossiers.
- Malgré une forte expérience politique (tant au niveau local que régional) tu incarnes une génération neuve à la tête de la commune. Comment ton style plus ouvert, plus accessible, se traduit-il sur le terrain vis‑à‑vis des citoyens, du personnel communal ?
Je pense que je suis très franc. Je ne fais jamais de promesse aux citoyens mais je prends note des demandes en donnant un suivi argumenté si ce n’est pas possible. Cela plait à certaines personnes et moins à d’autres.
Au niveau du personnel communal, mon souhait est de former une équipe. Je souhaite que les dossiers ne soient plus conçus comme étant ceux d’un département mais comme celui de la Ville de Waremme. Cela veut dire qu’il y a des responsables mais que tout le monde est concerné. Il y a également de nouvelles personnes au sein de la direction de la Ville, cela donne une nouvelle dynamique.
- Ta majorité se fixe notamment comme priorité les finances, la sécurité routière et la gestion des inondations. Comment abordes-tu ces chantiers sensibles dans une ville échelonnée entre plaines agricoles et zones urbaines ? Quels leviers utilises-tu pour associer la transition durable et la protection des habitants ?
Les finances communales, c’est un « choix imposé » par la situation financière de la Ville mais aussi par les charges croissantes sur les communes. Les pensions, la police, les pompiers…ça devient compliqué à faire rentrer dans un budget. Nous avons fixé un maximum annuel d’investissement pour gérer la dette. Nous devrons faire preuve de créativité pour les investissements plus ambitieux.
Nous avons une ville à forte densité de population en comparaison aux autres communes wallonnes. Nous avons aussi 5000 élèves répartis dans différents établissements du centre-ville. Au niveau de la sécurité routière et de la mobilité, c’est une gestion particulière et nous devons créer des infrastructures pour que chaque élève ne souhaite pas arriver en voiture devant sa classe. Il y a plusieurs projets en cours pour faciliter une mobilité en site propre.
La gestion des inondations, c’est l’adaptation à certains phénomènes climatiques. On ne peut plus dire qu’on ne sait pas et il faut être prêt. D’un point de vue méthodologie, on a établi un calendrier sur la législature et on a défini les priorités en fonction du nombre de personnes concernées.