Le gouvernement entretient une pénurie de magistrats
Il y a un problème de recrutement uniquement du côté francophone du pays, qui se manifeste de façon plus critique dans certains arrondissements (par exemple le Luxembourg). Ce problème s’explique par le taux de réussite extrêmement faible aux examens organisés par la branche francophone du Conseil Supérieur de la Justice (CSJ). Il se situe aux alentours de 8% ou 9% seulement, ce qui ne permet pas de fournir assez de candidats pour remplir tous les postes vacants. Ce problème ne se pose pas en Flandre car le CSJ flamand fait réussir plus de candidats à ses examens. Le manque de magistrats francophones doit toutefois être relativisé puisqu’en Wallonie et à Bruxelles, il y a actuellement 741 magistrats sur un cadre de 822, soit un taux d’occupation de 90%. Ce taux passera prochainement à 92% du fait des recrutements en cours.
Le gouvernement met les juges sous pression en leur imposant d’être plus mobiles
La mobilité permet d’affecter au sein d’un même arrondissement les magistrats là où ils sont les plus utiles. Il s’agit d’une mesure de souplesse dans la gestion des ressources humaines. Les décisions sont prises exclusivement par le Chef de corps, qui est un magistrat indépendant. Le politique n’intervient pas dans ces décisions.
Le budget que la Belgique consacre à la justice est le plus faible d’Europe
La Belgique dépense pour la justice 81,6€ par an et par habitant. Notre pays est bien au-dessus de la moyenne européenne de 53,2€. Le chiffre de 0,7% du PIB qui est fréquemment cité est faux. En réalité, la Belgique dépense 0.95% de ses dépenses publiques dans la Justice, soit autant que l’Allemagne (0,90%) et plus que la France (0,64%).