Excellente nouvelle pour la Belgique : lors de sa réunion à Séville qui s’est achevée ce jeudi 28 novembre, le Conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne (ESA) a décidé de consacrer d’importants moyens contre la cybermenace. Le site de l’ESEC-Redu, situé en province de Luxembourg, est le seul candidat affirmé pour devenir le nouveau centre opérationnel de référence en matière de cybersécurité, ainsi que l’a plaidé le ministre fédéral de la Politique scientifique David Clarinval. Il sera à terme chargé de la protection de toutes les activités et infrastructures spatiales de l’ESA. Le projet est ambitieux : une première enveloppe optionnelle de 27 millions d’euros a été proposée par l’ESA dont 14 millions sont apportés par la Belgique. De son côté, l’exécutif de l’ESA s’est formellement engagé à la compléter à hauteur de 10 millions d’euros via le programme obligatoire. Ce projet va créer d’importantes opportunités dans les communautés scientifiques et industrielles, renforçant encore un peu plus l’excellente réputation de la Belgique dans le domaine spatial.

Il ne se passe plus une semaine sans que des cyberattaques soient déjouées, un peu partout dans le monde. Les terroristes ont malheureusement bien compris que l’interconnexion et la dépendance accrue de notre société aux systèmes d’information (ICT) constituent des cibles de choix pour leurs méfaits. De telles attaques peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour nos citoyens, les entreprises et les services de l’Etat. De plus en plus, ce qui relevait voici encore quelques années de la science-fiction est devenu une dangereuse réalité.

Le domaine de l’espace – qu’il s’agisse des lanceurs ou des satellites – n’échappe plus à cette menace, trop longtemps sous-estimée. L’acte malveillant y représente un risque majeur, d’autant plus que l’ESA est une cible de choix. Toute attaque visant ses infrastructures aura des conséquences sur notre quotidien. C’est vrai pour les citoyens : du fonctionnement d’une kyrielle d’applications de leurs smartphones à celui de leurs GPS quand il ne s’agira pas, demain, d’assurer la sécurité des trajectoires des véhicules autonomes, des drones de livraisons de colis à domicile ou encore des divers véhicules volants en cours de développement, énormément de leurs objets connectés en dépendent.

Mais c’est vrai aussi pour les entreprises et les Etats : de la sécurité des transports terrestres, maritimes ou aériens (civils et militaires) à celle des réseaux de production et de distribution d’eau ou d’électricité en passant par la synchronisation des échanges bancaires, nous sommes de plus en plus dépendants des données vitales qui nous sont fournies par les satellites gravitant autour de la Terre. Leur détournement ou leur prise de contrôle par des personnes malintentionnées pourrait, à terme, entraîner des conséquences désastreuses pour tous.

Le Conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne (ESA) a décidé de s’attaquer fermement à cette problématique. Le Comité industriel de l’ESA a en ce sens déjà approuvé l’appel à la réalisation de deux études afin de préciser la nature des besoins propres de l’ESA pour le site de l’ESEC-Redu, en dégageant 1 million d’euros.

« Je me réjouis que le Conseil ministériel réuni à Séville ait décidé à l’unanimité de supporter au travers d’un de ces programmes le développement de la cybersécurité. L’apport financier conséquent de la Belgique a joué sans aucun doute un rôle décisif dans la confirmation que le Centre de cybersécurité sera établi sur le site de l’ESEC-REDU, dans une région au sein de laquelle les activités de l’Agence représentent déjà 250 emplois directs », réagit David Clarinval. « Les installations et le personnel qui s’y trouvent jouissaient déjà d’une excellente réputation depuis des années, grâce à la collaboration de chercheurs et de techniciens provenant de l’ensemble du pays. Décider d’y implanter ce Centre pour la cybersécurité ne fait que renforcer l’importance de leur travail et la reconnaissance internationale du rôle joué par la Belgique dans ce secteur d’avenir majeur qu’est la conquête spatiale ».

Redu en 5 dates clés

–        Depuis 1968, Redu accueille un centre de l’Agence spatiale européenne. Les parties techniques y comprennent alors des centres de contrôle, des salles d’équipement techniques ainsi que des bunkers pour les antennes.

–        En 2010, le site avait été agrandi pour le mettre aux normes de sécurité de l’ESA. Depuis, il abrite également un centre de contrôle d’opérations de l’Agence, dont les satellites Proba, de conception belge. Cela a permis de renforcer son expertise reconnue au niveau européen, tant pour le test en orbite de satellites de communication que pour les satellites de navigation du programme Galileo de l’Union européenne.

–        En 2016, la Belgique s’était déjà engagée à soutenir les activités de l’ESA en matière de cybersécurité.

–        En 2017, le ministre de la Mobilité François Bellot avait déposé la candidature de la Belgique pour y héberger le centre de back-up de sécurité du programme Galileo.

–        En 2019, le ministre de la Politique scientifique David Clarinval décroche l’installation à Redu du Centre chargé de la cybersécurité des programmes ESA, pour un budget global de 27 millions d’euros.