L’excellence wallonne dans le domaine de la recherche et de l’innovation jouit d’une reconnaissance internationale et la politique régionale menée en la matière représente un atout aux yeux des investisseurs comme des chercheurs. Dans ce contexte, les perspectives en terme de croissance économique et d’emploi pour la région sont particulièrement positives. C’est pourquoi, le maintien d’un soutien accru au secteur de la recherche est inscrit comme point prioritaire dans la stratégie du Gouvernement wallon.

Trois axes pour un objectif : faire de la Wallonie une terre d’excellence.

« Trois axes d’actions ont été privilégiés par le Gouvernement wallon : encourager la spécialisation de la recherche, positionner le secteur comme acteur européen incontournable et soutenir la création d’infrastructure de recherche de pointe. Mon ambition au travers de cette stratégie est de faire de la Wallonie une terre d’excellence au rayonnement international » explique Pierre-Yves Jeholet – Ministre de l’Economie, de la Recherche et de l’Innovation.

C’est dans ce contexte que trois projets importants pour la rechercher et l’innovation ont été adoptés par le Gouvernement wallon ce 14 mars :

1. Soutien à la construction d’infrastructure de recherche partagée – Appel à projets 2. Participation au programme européen Supercalculateur TIER-0
3. Subvention de l’institut WELBIO

1. Développer l’économie par des infrastructures de recherche collectives

Certaines entreprises wallonnes sont aujourd’hui limitées dans leur développement économique par manque de moyens à investir dans des instruments de recherche et d’innovation de pointe.
Face à ce constat, le Gouvernement wallon a décidé de mettre en place un programme de co- financement d’infrastructures partagées de haute technologie ou d’intérêt prioritaire pour plusieurs PME. C’est ainsi que l’appel à projets pour le financement d’infrastructures de recherche partagées en entreprises a été lancé début mars par le Gouvernement wallon. Cette mesure s’inscrit dans le Plan Wallon d’Investissement 2019-2024.

« Le soutien financier à la mutualisation des infrastructures de recherche favorisera les développements technologiques, scientifiques et techniques de nos PMEs. Ce mécanisme, ouvert aux consortiums PME – PME ou grandes entreprises-PME aura également pour avantage d’accentuer l’ancrage wallon des grandes entreprises en diminuant les possibilités de délocalisation. » précise le Ministre.

La création de plateformes collaboratives associant PME et GE autour de projets de recherche innovants au niveau international permettraient enfin de créer une dynamique collaborative et industrielle favorisant l’ancrage local des GE et le développement des PME spécialisées dans leur sillage.

« Le développement de ces technologies d’avenir permettra de positionner la Wallonie comme leader scientifique et économique mondial dans ces domaines.
Permettre au secteur de saisir ces opportunités de croissance était une évidence, c’est pourquoi, sous mon impulsion, le Gouvernement wallon a prévu une enveloppe de 6 millions € pour soutenir ce programme vecteur de développement économique pour notre région et ses entreprises », a-t-il ajouté.

Concrètement pour être éligible le projet doit être porté par un consortium de minimum deux entreprises incluant au moins une PME et nécessiter un financement compris entre 250.000 € et 2 millions € dont 70% doit être consacré à l’acquisition d’une infrastructure remarquable.
Le montant des subventions octroyé par les pouvoirs publics s’élèvera à 30 % des dépenses éligibles pour les grandes entreprises et à 50 % pour les PMEs.

Les propositions détaillées devront être complétées et transmises à l’Administration en utilisant le formulaire en ligne disponible sur le portail de la Recherche et des Technologies en Wallonie (http://recherche-technologie.wallonie.be/go/infraentreprises). La clôture des dépôts de projets est fixée au 7 mai 2019.

2. Elargissement des infrastructures de supercalcul au bénéfice des acteurs de la recherche

La révolution numérique est en cours depuis plusieurs années et transforme radicalement l’industrie et la recherche dans de très nombreux domaines. Dans ce contexte, le calcul à haute performance (HPC pour High Performance Computing) consiste en des tâches scientifiques et technologiques exigeant tellement de ressources que les calculs ne peuvent être effectués à l’aide d’ordinateurs à usage général. Les infrastructures utilisées pour les HPC sont appelées « supercalculateurs » ou « superordinateurs ».

Ces superordinateurs sont nécessaires pour traiter des volumes de données toujours plus grands et procurer des avantages à la société dans de nombreux domaines tels que l’industrie, la recherche fondamentale ou appliquée.

La Belgique dispose à l’heure actuelle de 2 supercalculateurs : ZENOBE en Wallonie et VSC en Flandre. Ces deux superordinateurs se révèlent néanmoins insuffisants pour répondre aux besoins croissants des acteurs concernant la généralisation des nouvelles technologies intelligentes.
C’est pourquoi, en 2017, la Belgique a signé la déclaration EuroHPC (High Performance Computing) et est devenue membre fondateur de l’entreprise commune EuroHPC en septembre 2018.

Pour rappel, cette initiative, soutenue par la Commission européenne et coordonnée par l’entreprise commune EuroHPC, permettra l’acquisition conjointe de plusieurs machines HPC assurant l’accès de tous les États membres à des supercalculateurs présentant des performances comparables aux meilleures machines du monde

Les infrastructures prévues seront détenues et exploitées conjointement par ses membres et des membres privés au profit des universités et des entreprises. La Belgique envisage de participer au financement d’un de ces supercalculateurs européens de haute puissance avec d’autres pays européens au sein d’un consortium coordonné par la Finlande.

« L’accès à ces supercalculateurs se révèle être primordial pour garantir la compétitivité de nos industries et l’excellence du secteur de la recherche et de l’innovation. Ce qui aura inévitablement un impactsociétal et économique important, notamment en termes de création d’emplois et de valeur ajoutée. C’est pourquoi, j’ai proposé au Gouvernement wallon de soutenir, à hauteur de 5 millions € minimum, la participation belge à ce consortium européen », a déclaré Pierre-Yves-Jeholet.

3. Spécialisation de la recherche en Wallonie : Octroi de 12 millions € à WELBIO

En matière de recherche et technologies, la Région wallonne garantit un soutien à la recherche industrielle de base, au développement technologique et à l’innovation. Le succès à long terme de cette filière nécessite qu’elle soit alimentée en amont par une recherche fondamentale d’excellence. WELBIO a été établi dans ce but.

L’institut occupe ainsi une place unique dans le continuum qui mène de la recherche fondamentale à la mise sur le marché de nouvelles inventions. Il s’insère de façon optimale entre, d’une part, la recherche scientifique générale universitaire (financée notamment par le F.R.S.-FNRS) et, d’autre part, les acteurs existants de recherche orientée et de valorisation de la Région Wallonne (SPW Recherche, pôles de compétitivité).

Crée en 2009 et soutenu par la Wallonie, WELBIO assure le soutien de la recherche fondamentale stratégique au travers de projets rigoureusement sélectionnés émanant des universités de la Fédération Wallonie – Bruxelles, en vue d’en valoriser les découvertes vers des applications industrielles dans tous les champs de la biotechnologie, un domaine majeur pour le développement économique de la Wallonie.

« En 10 ans, la Wallonie a investi 55 millions d’euros dans WELBIO. A l’heure où elle commence à en récolter les fruits, il était capital d’en assurer la continuité. Malgré le contexte de restriction budgétaire, j’ai tenu à garantir à WELBIO un cadre financier structurant afin d’alimenter les entreprises en découvertes à transformer en applications. Le Gouvernement a ainsi décidé d’allouer à WELBIO un budget de 12 millions d’euros qui lui permettra de poursuivre ses activités jusqu’en 2021, notamment en assurant la continuité des projets en cours et en lançant un 5e appel à projets en 2019. » a expliqué le Ministre Jeholet.

L’institut WELBIO a soutenu et accompagné 51 projets de recherche menés dans 3 universités (ULB, UCLouvain, ULiège) qui ont notamment donné naissance à la spin-off Chroma Cure, active dans la thérapie du cancer depuis 2018. Les nombreux articles publiés dans les revues les plus prestigieuses témoignent de l’excellence de cette recherche fondamentale stratégique.