Musulmane, pas terroriste

20 novembre 2015

 

Une carte blanche de Latifa Aït-Baala, Vice-présidente MRI (MR International)

Si l’Islam de Daech était l’Islam, j’aurais quitté l’Islam depuis longtemps !

J’ai mal à mon Islam, celui par lequel j’ai été bercée, un Islam en harmonie avec le monde du 21e siècle, un Islam des libertés fondamentales et des droits démocratiques.

Le monde s’interroge et se demande s’il existe une conscience islamique. Et pour cause ! Comment lui donner tort face une actualité d’une telle cruauté ! Après l’attentat du musée juif de Bruxelles, les attentats de Paris en janvier dernier et maintenant ceux du 13 novembre, aucun qualificatif n’est assez fort pour exprimer l’écœurement. Tant d’innocents massacrés et blessés! La France est ciblée pour ce qu'elle est, et les valeurs qu'elle porte. Ces valeurs coulent dans mes entrailles, moi qui ai été formée à l’école de la République Française.

Jamais je n’aurais cru devoir un jour parler publiquement de mon islamité tant dans mon for intérieur cette dimension relève du domaine privé et n’a pas à être exposée ou à interférer avec la chose publique.

Et même si une certaine pression sociale, voire politique, se faisait sentir sur les musulmans pour qu’ils sortent d’un mutisme qualifié de complice par certains, je n’en voyais pas l’utilité tant mon Islam et celui de la très grande majorité des musulmans est aux antipodes de celui revendiqué par les auteurs des actes terroristes. Ils ne sont qu’une poignée et pourtant c’est bien leur version qui prime dans l’espace public et médiatique, ce prisme déformant des musulmans.

Il est temps de mettre fin à cette prise d’otage de l’Islam et des musulmans par les groupuscules terroristes. Seuls les musulmans, aussi divers soient-ils, peuvent le faire. Il ne s’agit nullement de se dédouaner d’une adhésion qui n’existe pas. Il ne s’agit pas non plus de communautarisme mais de jouer pleinement son rôle de citoyens. Des citoyens qui attendent légitimement de l’Etat qu’il garantisse leurs libertés et leur sécurité. Des citoyens qui revendiquent cette citoyenneté, mais qui l’expriment trop peu !

Se réapproprier son Islam pour qu’on ne parle plus en son nom. Contribuer à éclairer nos concitoyens dont la peur à l’égard de l’Islam et des musulmans est compréhensible. Ce n’est que par ce travail didactique que la confiance rétablie permettra de chasser les relents populistes et les démons des extrémismes.

La relation à l’Islam et aux musulmans doit être nécessairement repensée. Il est temps que cesse la victimisation entretenue par une frange du monde politique qui n’a abouti qu’au repli identitaire et alimente l’exclusion et la radicalisation. La Belgique paie aujourd’hui le prix d’un lourd héritage laissé par ceux qui ont préféré la politique de l’autruche et du clientélisme à des fins purement électoralistes. La commune de Molenbeek-Saint-Jean en subit tristement l’effet boomerang avec des foyers de radicalisme qui s’y sont enracinés.



Au-delà de l’indignation et de la recherche des responsabilités, au-delà du nécessaire renforcement de la coopération judiciaire et policière européenne et internationale dans la lutte contre le terrorisme et le radicalisme, il est plus que temps de prendre en compte les réalités de terrain en Belgique, d’en mesurer les défis et de s’y atteler avec l’ensemble des acteurs politiques, sociaux, économiques, culturels et cultuels (l’Exécutif des Musulmans de Belgique et les mosquées).

Les musulmans ne peuvent s’y soustraire et doivent être pleinement associés à une telle démarche qui ne peut réussir que par l’adhésion à un socle de valeurs communes. Un éveil des consciences est nécessaire. Il faut investir dans l’éducation à la citoyenneté et l’épanouissement de nos jeunes, clairement visés aujourd’hui par les dangers du radicalisme.

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