À la demande du gouvernement fédéral et dans le but d’objectiver la situation budgétaire à politique inchangée, le Comité de Monitoring a établi de nouvelles projections basées sur l’ensemble desdonnées des différentes administrations en sa possession. Fin juillet, l’exercice présenté portait uniquement sur l’année 2019. Désormais, le Comité de Monitoring a pu également estimer les déficitspour l’année 2020 ainsi que pour la période pluriannuelle 2021-2024. La Ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès, en a pris connaissance.

Si l’on se réfère aux chiffres du Comité de Monitoring, le déficit structurel de la Belgique devrait repartir à la hausse pour atteindre -2,11% en 2020, soit 10 milliards d’euros. Cette augmentation sepoursuivrait dans le temps – malgré un temps d’arrêt en 2022 – pour s’arrêter à -2,47% en 2024, soit13,2 milliards d’euros. En ce qui concerne le déficit structurel de l’Entité 1 (État fédéral et Sécuritésociale), il serait de -1,81% en 2020, soit 8,6 milliards d’euros. À l’horizon 2024, il atteindrait -2,12% (11,3 milliards d’euros).

Pour rappel, le déficit structurel belge s’est réduit considérablement entre 2014 et 2018, passant de – 2,8% du PIB à -1,2%.

La Ministre Wilmès commente : « ces hypothèses s’élaborent à politique inchangée. Autrement dit, les estimations faites pour 2024 partent du principe qu’aucune nouvelle initiative ne serait prise sous cette législature, ce qui est hautement improbable. Néanmoins, ces projections à long terme nous sont trèsutiles puisqu’elles permettent de mieux appréhender la réalité budgétaire de notre pays. Certes, ces chiffres sont légèrement meilleurs que les projections du Bureau fédéral du Plan. Malgré cela, le constat reste le même : notre pays devra faire face dans les années à venir à des défis budgétaires importants ; en particulier ceux liés au vieillissement de la population.»

La dégradation budgétaire à politique inchangée s’explique aussi par la révision à la baisse deshypothèses de croissance liées aux incertitudes économiques (Brexit, guerre commerciale, etc.) ainsi que de nouveaux effets volumes en dépenses sociales tels que les dépenses en pension ou en assurance maladie-invalidité. Ainsi comme le souligne les auteurs du rapport, les dépenses deprestations relatives à l’INAMI-Indemnités augmenteraient de 23,9% entre 2020 et 2024 tandis que les dépenses de pensions afficheraient une hausse de 22,6%. Ces deux postes représentent, à eux seuls et pour le seul régime salarié, une hausse des dépenses de près de 9 milliards sous la prochaine législature.

Pour Sophie Wilmès, le message de ces chiffres à destination du monde politique est double : « Toutd’abord, si le travail entrepris par le gouvernement précédent a permis de limiter de manière importante les déficits, l’avenir parait incertain. Parmi toutes les ‘urgences’ qui font l’actualité aujourd’hui s’imposera très prochainement l’urgence socio-économique et budgétaire. Seule une politique de réduction des déficits à long terme couplée au soutien de notre économie et à une reprise des investissements stratégiques est viable pour notre pays. Il est donc plus que nécessaire d’avancer dans la formation d’un nouveau gouvernement fédéral afin de ne pas hypothéquer les résultats déjà engrangés mais surtout de faire face aux défis qui s’imposent à nous. »