Après 25 ans de négociations et des mois de mobilisation du monde agricole européen, l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur est entré provisoirement en vigueur le 1er mai dernier.

Les craintes concernant le non-respect des règles européennes, notamment par le Brésil, dénoncées à de nombreuses reprises par les syndicats agricoles et par de nombreux élus du Parlement européen, dont Benoît Cassart, semblent aujourd’hui se confirmer. L’Union européenne va en effet suspendre, à partir du jeudi 3 septembre, les importations de volaille, de miel et de bœuf en provenance du Brésil.

Le Brésil avait été retiré en mai de la liste européenne des pays autorisés à exporter des produits d’origine animale vers l’UE, au regard des règles européennes relatives à l’utilisation des antibiotiques dans l’élevage.

Concernant la volaille et le miel, un audit européen est actuellement en cours et doit s’achever vendredi. Si les résultats de ces contrôles sont concluants, les exportations vers le marché unique pourront reprendre.

« Enfin, la Commission européenne accepte de remplir son rôle de garante des règles européennes. Ces règles ne peuvent pas s’appliquer uniquement à nos agriculteurs : elles doivent également être respectées par les produits qui entrent sur notre marché » se réjouit Benoît Cassart, député européen, membre des commissions du Commerce international (INTA) et de l’Agriculture et du Développement rural (AGRI) au Parlement européen.

La bataille pour une politique commerciale cohérente et fondée sur la réciprocité ne s’arrête pas aujourd’hui

« Bien sûr, cette suspension des importations, liée notamment à la présence d’hormones de croissance interdites dans l’UE, constitue un premier pas dans la bonne direction vers une politique commerciale qui ne soit pas basée sur le dumping. Mais la logique de contrôle de la Commission reste toutefois trop centrée sur le produit fini qui arrive dans les ports européens et pas suffisamment sur les méthodes de production. Je pense notamment aux différences de réglementation en matière de bien-être animal, de traçabilité et d’utilisation de pesticides, y compris de substances qui ne laissent pas de résidus, comme celles utilisées pour la betterave sucrière » explique Benoît Cassart.

Des signaux positifs en provenance d’Australie et de l’Inde.

Un autre signal positif nous vient d’Australie, estime Benoît Cassart. Les partis d’opposition au gouvernement australien menacent en effet de bloquer l’accord avec l’Union européenne, estimant que l’Australie ouvre de facto son marché aux producteurs européens, notamment en supprimant les droits de douane sur l’ensemble des exportations agricoles de l’UE, tandis que les principales exportations agricoles australiennes vers l’Europe resteront soumises à des quotas.

« C’est le signe que la Commission a fait du bon boulot dans la négociation ! Après tout le travail pédagogique et d’opposition que nous avons mené sur le Mercosur, la Commission européenne semble avoir compris qu’il n’était plus possible de signer des accords de libre-échange dans lesquels l’agriculture était systématiquement utilisée comme monnaie d’échange. »

« L’accord avec l’Inde en est un exemple : le secteur agricole en est largement exclu. C’est cette direction que nous devons continuer à prendre : ouvrir des marchés pour nos agriculteurs, tout en protégeant nos standards et en garantissant une véritable réciprocité » conclut Benoît Cassart.