Ce commerce, juteux pour de nombreux trafiquants et braconniers, est une menace grave pour notre biodiversité. Pour lutter contre ce commerce, le Sénat a décidé de taper fort.

Interdiction du commerce d’ivoire et renforcement des contrôles

En décidant de taper fort aujourd’hui, par le vote d’une résolution interdisant totalement le commerce d’ivoire, le Sénat a fait un grand pas pour la lutte contre les trafiquants et braconniers. L’interdiction prend effet également sur les cornes de rhinocéros et les produits dérivés.

Ce commerce profite à énormément de criminels, en ce compris des groupes terroristes. De plus, il menace la biodiversité, en provoquant la disparition d’innombrables rhinocéros et éléphants, dans d’atroces souffrances. Enfin, il affaiblit les Etats par la corruption qu’il engendre.

Une lutte commune

Reste que, aussi pertinente soit-elle, la résolution approuvée ce vendredi ne doit pas faire oublier le besoin impérieux de travailler en partenariat avec les antiquaires et chambres de vente d’objets d’art mais, surtout, de renforcer les moyens de contrôle. Et pour cause : une interdiction totale comporte le risque non négligeable de faire augmenter les prix et donc de rendre le braconnage d’autant plus intéressant.

Pour Jacques Brotchi, Anne Barzin et Gilles Mouyard, qui ont tous les trois soutenus ce texte: ” Cela passe par plusieurs éléments tels qu’une meilleure connaissance des mécanismes qui se trouvent derrière le commerce légal, un suivi de celui-ci et un meilleur échange d’informations entre les pays. Des moyens technologiques doivent être mobilisés pour mieux dater l’ivoire transitant par nos douanes. Idem pour celui qui se retrouve dans les salles de vente de l’UE. Enfin, les possibilités de collecte de l’ivoire illégalement mis sur le marché doivent être accentuées. Effectivement, elles constituent un moyen de pression efficace sur le marché noir et permet de tracer l’origine de certains objets.”

La Belgique ne part heureusement pas de zéro

Ces dernières années, les contrôles de douanes se sont largement accrus sous l’impulsion de la ministre Marie Christine Marghem. La Belgique assiste régulièrement plusieurs pays africains par le biais de formations, de développement d’outils ou encore de projets précis. Sans oublier l’accent mis sur la sensibilisation, notamment au travers de la campagne « Sors tes dents » qui avait permis de récolter près de 500 kg d’ivoire l’année dernière.