Réduction du temps de travail : quand le PS néglige les PME

12 décembre 2017 à 10:51

 

Sur les 16 chapitres des « engagements pour un futur idéal » présentés par les socialistes, aucun n’est spécifiquement consacré aux PME, aux indépendants ou à l’esprit d’entreprendre.

Sophocle l’écrivait : « Plus faibles sont les risques, meilleure est l'entreprise ». Si cette maxime d’apparente simplicité est le fil rouge de la politique du Gouvernement fédéral actuel, elle n’a visiblement pas été la base de la réflexion que le Parti Socialiste a clôturée il y a quelques jours.

Sur les 16 chapitres des « engagements pour un futur idéal » présentés par les socialistes, aucun n’est spécifiquement consacré aux PME, aux indépendants ou à l’esprit d’entreprendre. Sur les 170 propositions qui composent cette réflexion, une poignée seulement est destinée aux seules PME, TPE entrepreneurs et indépendants. L’une d’elles promet même l’augmentation des cotisations sociales d’une partie des indépendants via leur déplafonnement.

Cependant, ce n’est pas le manque de propositions spécifiques pour ce secteur clé de notre économie qui étonne le plus. La pierre angulaire de la réflexion du PS, la réduction collective du temps de travail vers une semaine de quatre jours, témoigne encore plus de la méconnaissance, si ce n’est du désintérêt du PS envers les PME et leurs spécificités.

Passons sur les questions du caractère infinançable de la mesure ou encore de l’augmentation mécanique de de 15 à 25% d’un coût du travail que le Gouvernement Fédéral s’est attelé à maîtriser et diminuer.

Imaginez simplement une PME active dans le secteur de la construction et comprenant cinq personnes, exerçant chacune une fonction spécifique (un carreleur, un peintre, un plombier, etc…). En appliquant la proposition du PS et en réduisant collectivement de 20% le temps de travail, un patron pourra embaucher une personne supplémentaire à temps plein : quel profil devra-t-il choisir ? Devra-t-il se passer d’un plombier le lundi ou d’un peintre le mardi ?

Imaginez une PME active dans un secteur en pénurie de main d’œuvre : comment pourra-t-elle recruter dans un marché déjà difficile ?

Ces questions pourtant évidentes, le PS ne se les pose pas : pour lui, les différents profils et fonctions sont parfaitement interchangeables, et le marché du travail n’est qu’un gâteau que d’égoïstes travailleurs refusent de partager pour résorber le chômage.

Si ce but de la diminution du chômage est noble, le moyen ne répond pas aux enjeux et il ne faut pas aller bien loin pour trouver des voix discordantes : dans son rapport de l’année 2015, le Conseil Supérieur de l’emploi, composé notamment de membres issus du Parti Socialiste, parlait de la réduction du temps de travail comme ayant un « effet nul »  sur la création de l’emploi et revenait sur diverses mesures de partage du temps de travail proposées en Belgique dans les années 80 et dont le volet « embauches compensatoires » a été vite abandonné. Dans la pratique, ce volet « créait des lourdeurs administratives disproportionnées, pesant tant sur les entreprises que sur les services publics chargés du contrôle du respect de la législation sociale ». L’histoire est paraît-il un éternel recommencement.

L’actualité nous donne cependant une occasion de nous réjouir. Ces dernières semaines, de nombreux chiffres positifs concernant la création d’emplois et de PME ont été communiqués par la Banque Nationale de Belgique (BNB), la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) et le SPF économie.

La BNB a publié les chiffres de la création d’emploi au troisième trimestre 2017 : 176.500 emplois nets ont été créés depuis le début de la législature. Une étude de la FEB prévoit quant à elle que durant cette législature 2014-2019, 150.000 emplois nouveaux ne devront leur existence qu’aux seules mesures prises par le gouvernement fédéral. Enfin, selon le dernier tableau de bord des PME du SPF économie, plus de 91.000 PME ont été créées en 2016, ce qui porte à près de 900.000 le nombre de PME actives en Belgique, soit 79 PME pour 1.000 habitants. Notre pays occupe la deuxième place du classement en ce qui concerne la croissance des petites entreprises.

C’est au sein des PME que se créent les emplois de demain, ce qui démontre la justesse des mesures prises par le gouvernement de Charles Michel : amélioration du statut social du travailleur indépendant, baisse du taux de cotisations, meilleur accès au financement, et surtout exonération des cotisations sociales patronales principales à vie sur le 1er travailleur engagé et réductions de cotisations sociales patronales du 2ème au 6ème travailleur. Du 1er janvier 2016 à fin mars 2017, plus de 22.000 entreprises ont créé un emploi pour la première fois en engageant un travailleur.

Dans une tribune publiée dans le journal « Libération » en 2007, l’économiste Thomas Piketty parlait de la mise en place en France des 35h en 1997-1998 comme étant « une erreur majeure de politique économique et sociale ». Les 30h hebdomadaires proposées par les socialistes belges ne seront pas logées à meilleure enseigne.

Les solutions les plus évidentes, efficaces et concrètes sont parfois à portée de main. Elles existent et le Gouvernement fédéral les applique : nous les offrons volontiers au PS.

Olivier Chastel,

Président du MR 

 

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