Olivier Chastel : "Nous sommes pour la liberté".

13 novembre 2017 à 11:17

 

Discours d'Olivier Chastel à l'occasion du congrès programmatique local du MR, prononcé le 12 novembre 2017 à La Louvière.

Mesdames, messieurs,

Très chers militants,

Celles et ceux qui s’engagent en politique n’ignorent pas que leur travail sera évalué. Par des éditorialistes, des analystes, ou des sondages. Mais, en bout de course, la seule évaluation qui compte, ce sont les élections.

Au MR, nous avons fait le choix de prendre nos responsabilités, tant au gouvernement fédéral que récemment en Wallonie, laissant aux autres partis le monopole de la critique. C’était audacieux et ce choix n’était pas le plus facile. Mais nous voyons aujourd’hui l’impact positif des indispensables réformes que nous avons mises en œuvre. 

Jamais on n’a créé autant d’emplois que sous ce gouvernement fédéral. Jamais un gouvernement wallon n’avait décidé une réforme fiscale si ambitieuse. Notre action à chaque niveau de pouvoir a été guidée par des objectifs clairs : encourager nos entreprises à embaucher, inciter nos jeunes à créer leur propre activité, augmenter le pouvoir d’achat et améliorer la qualité de vie. Dans très peu de temps, à la fin du mois de janvier, tous les travailleurs verront à nouveau leur salaire net augmenter grâce au tax shift concrétisé par le gouvernement fédéral mené par notre Premier ministre Charles Michel et nos ministre Didier, Daniel, François, Denis, Marie Christine et Sophie.

Quant aux wallons, ils cesseront enfin de payer leur télé redevance dès l’an prochain. Voilà des mesures concrètes qui démontrent qu’avec les libéraux au pouvoir, notre pays se porte mieux, comme l’ont déjà souligné de nombreux organismes indépendants. 

Nous défendons notre bilan, ce qui ne nous empêche pas d’avoir aussi des projets. Le MR est un parti constructif. Mais je vous le dis tout de suite : la campagne qui s’annonce ne sera pas pour autant simple et ne se gagnera pas sans effort. 

Très chers amis, 

L’année 2017 a vu se succéder des scandales liés à des mauvaises pratiques restées trop longtemps impunies. Il importe aujourd’hui de remettre la gouvernance sur de bons rails, intensifier le contact avec une population qui se sent trahie et en revenir à l’essence même de ce qu’est l’action politique : la gestion de la cité. 

Et quoi de mieux pour relever ce défi que les élections locales. Car la force du Mouvement Réformateur repose sur ses élus locaux. Plus de 100 communes francophones sont aujourd’hui dirigées par des bourgmestres libéraux. Pour remporter ce scrutin, nous allons tous sillonner le terrain, aller à la rencontre des wallons et des bruxellois, écouter leurs idées, les convaincre du bien-fondé de notre projet politique. Et nous devrons faire preuve d’humilité et de détermination. Les programmes que nous défendrons au niveau local constituent les assises fondatrices de notre action aux étages supérieurs de l’édifice démocratique. C’est localement que nous interagissons avec la population. C’est localement que nous allons convaincre de notre sérieux et de notre bonne gestion.

C’est aussi pourquoi en Wallonie, le gouvernement emmené par Willy Borsus a entamé une réforme ambitieuse de la gouvernance, avec l’aide précieuse de nos ministres Pierre-Yves, Jean-Luc et Valérie. Encore une fois, nous avons fait le choix de l’action. Pour nous, garantir des pratiques saines dans la gestion publique est une condition essentielle pour retisser des liens avec une population en proie au doute. 

Ce n’est qu’en agissant de la sorte que nous pourrons faire barrage aux formations extrémistes qui vendent des solutions simplistes, démagogiques et dangereuses. Des solutions qui, partout où elles ont été essayées, ont conduit à la régression sociale, à la destruction et à la misère. 

Cette volonté de réforme des pratiques politiques et surtout cette priorité que nous donnons à sa mise en œuvre nous distinguent des autres formations qui, soit se complaisent dans la critique sans prendre leurs responsabilités, soit se posent en chevaliers blancs sans agir. La bonne gouvernance, c’est un peu comme l’amour. Il y a ceux qui en parlent beaucoup et ceux qui la pratiquent... 

Mesdames, messieurs,

Nous allons d’ici peu soumettre à votre vote le texte de notre programme en vue des élections locales d’octobre 2018. C’est le dernier acte d’un long processus démocratique entamé au début de cette année. Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui y ont pris part. Je pense d’abord à nos mandataires wallons et bruxellois qui ont participé activement à de nombreux groupes de travail, ainsi qu’aux Jeunes MR qui ont nourri les échanges et rempli efficacement la charge de rapporteurs.

Je remercie nos conseillers qui ont relu et harmonisé ces textes en un tout cohérent mais aussi nos militants qui ont proposé pas moins de 350 amendements sur notre plateforme participative en ligne. Je remercie, enfin, nos parlementaires qui ont arbitré ces propositions en Conseil du Mouvement mais aussi tous ceux qui, ce matin encore, ont débattu du texte dans le cadre des ateliers thématiques.  J’ai été très heureux de constater le dynamisme et l’enthousiasme avec lesquels ce texte collectif a vu le jour. Il rappelle l’extraordinaire implication de nos militants dans la rédaction et l’adoption du manifeste du MR. 

Quand je vois la crise existentielle que traversent aujourd’hui certaines formations, je suis fier de présider un parti qui a pu, avec nuance et intelligence, définir son identité et qui, aujourd’hui, a clairement déterminé ses priorités.  Ce programme solide et cohérent nous rend plus fort pour relever le défi qui nous attend durant les prochains mois.

 

Il sera bien évidemment décliné par nos responsables locaux en fonction des spécificités rencontrées. Et chacun d’entre nous aura son rôle à jouer pour convaincre les wallons, les bruxellois, les germanophones et nos amis de la périphérie en allant à leur rencontre et en favorisant le débat d’idées. 

Soyons confiants, soyons optimistes, soyons positifs ! 

Mesdames et Messieurs, nous nous apprêtons à adopter notre programme pour les élections de 2018. Nous pourrons ensuite nous tourner vers les wallons et les bruxellois et leur présenter notre projet.

J’aimerais, en quelques mots évoquer la philosophie générale de ce texte que nous avons construit ensemble et quelques mesures fortes qui s’en dégagent. 

Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, la bonne gouvernance est notre grande priorité. Et ce que nous mettons en place au niveau régional doit se voir aussi au niveau local.

Vous le savez, nous voulons réformer drastiquement les provinces. Nous encouragerons la fusion volontaire des communes de petite taille et nous favoriserons la fusion volontaire des communes et des CPAS tout en garantissant le respect de l’autonomie communale. 

Nous voulons des structures publiques performantes et transparentes. Nous devons les rationaliser, en supprimer certaines et simplifier les autres pour rendre leur fonctionnement plus lisible et efficace. Il faut faire émerger les missions primordiales des communes. Quant aux intercommunales, il faut impérativement opérer des économies d’échelle pour réduire leurs coûts de fonctionnement. 

Au Mouvement Réformateur, nous pensons qu’il faut permettre à chacun d’être acteur du changement. Dans le domaine de l’action sociale, nous entendons donc mobiliser les bénéficiaires d’allocation pour qu’ils prennent plus facilement le contrôle de leur vie. Nous voulons renforcer la personnalisation de l’accompagnement des bénéficiaires du Revenu d’intégration sociale et pourquoi pas les encourager à créer leur propre job.

Nous désirons renforcer le système des articles 60 et 61, et faciliter la conclusion de contrats de travail entre les bénéficiaires du RIS et le CPAS ou un partenaire privé. Nous voulons aussi encourager les jeunes à entamer un service citoyen sur base volontaire.

Non, il n’est pas nécessaire que des structures publiques régentent tous les aspects de notre vie. Nous sommes convaincus que les structures communales ne peuvent pas tout faire. Là où c’est possible, nous préconisons des partenariats public-privé. Travailler avec le secteur privé est évidemment inscrit dans notre ADN libéral. Mais, cela permet surtout d’améliorer sensiblement la qualité de l’offre, notamment en matière de logement, mais aussi d’accueil de la petite enfance, de mobilité et même de culture. Notre Premier Ministre Charles Michel a, comme vous le savez, fait de la création d’emplois une priorité et en Wallonie l’équipe de Willy Borsus lui a emboîté le pas. Mais les communes aussi ont un rôle à jouer pour favoriser le développement de l’activité économique. En valorisant le commerce local, en développant l’attractivité des centres urbains et ruraux, en assurant la propreté et la sécurité et en menant des politiques d’action sociale. La valorisation du travail et l’aide à l’emploi sont la meilleure protection contre la pauvreté. 

Mesdames, messieurs,

Créer un nouveau modèle de gouvernance ne se limite pas, loin de là, à poser des limites et à réformer des structures. Cela consiste aussi et avant tout à inventer le monde de demain et à accroître notre liberté. En tant que libéraux, nous avons toujours été les ennemis du statu quo et les avocats du progrès. Et notre monde est en train de changer. Nous disposons désormais d’outils technologiques qui, judicieusement utilisés, permettent de se rapprocher les uns des autres et de rendre les choses plus accessibles. 

Une partie de notre programme est axée sur l’exploitation adéquate des technologies numériques et des outils digitaux. Alors que les liens communautaires autrefois très forts dans nos quartiers et nos villages sont parfois distendus, les technologies nouvelles telles que le GPS, les smartphones et les réseaux sociaux, permettent aujourd’hui, à l’heure du village mondial, de recréer du lien entre les habitants dans une même zone géographique. 

Je pense notamment au soutien que les autorités locales peuvent apporter à l’économie collaborative, circulaire ou de partage qui permet à tout un chacun d’emprunter des machines, de se procurer des plats préparés par des voisins, de trouver un baby-sitter, un prof de math pour ses enfants, une personne qui propose de garder un animal durant vos absences ou une autre qui cherche un jardin à cultiver et qui partagera sa récolte avec le propriétaire…

Ces outils digitaux permettent aussi de trouver des solutions de mobilité : par le prêt, le partage ou la location de vélos, de scooters, de voitures, de places de stationnements…

Ces outils permettent également aux communes de développer des applications permettant d’informer directement et donner la possibilité d’interagir en temps réel avec l’administration, par exemple pour signaler des nuisances, des problèmes de propreté ou de stationnement mais aussi pour partager quantité d’informations pratiques et diverses sur la vie de la commune. Nous voulons par ailleurs encourager la retransmission des conseils communaux via le site internet de la commune. 

Ce progrès technologique correspond à un accroissement de nos libertés car il nous permet de tirer le meilleur parti des talents individuels et des opportunités multiples dont nous ignorions l’existence avant l’apparition de ces applications et de ces plateformes numériques. Cette utilisation plus judicieuse des ressources est aussi éminemment favorable à l’environnement. Tout particulièrement dans le domaine de la smart mobility, de la mobilité douce et de la micro-mobilité électrique. Dans le domaine environnemental, nous croyons beaucoup à la responsabilisation de tous par la mise en place de projets qui permettent d’apprendre, de comprendre et d’agir. En effet, nous pensons que les comportements eco-responsables ne s’acquièrent pas par la contrainte mais par l’adhésion volontaire. Raison pour laquelle nous voulons exonérer partiellement de taxes environnementales les personnes ou les entreprises qui adoptent des comportements écologiquement vertueux dans leur quotidien.

Nous entendons également promouvoir le bien-être animal notamment en généralisant l’attribution de cette compétence à un échevin.

Mesdames, messieurs,

Nous rêvons de villes intelligentes. Ici encore, la technologie permet d’améliorer le quotidien, par exemple via le passage pour piétons ou l’éclairage intelligent pour garantir la sécurité des automobilistes et des usagers faibles.

Evidemment, ces solutions technologiques ne se substituent pas, loin de là, à l’action essentielle des mandataires dans nos communes. Elles sont des adjuvants très utiles. Mais, quiconque connaît l’incroyable diversité de tâches qu’un élu doit assurer dans le cadre d’une commune sait parfaitement que ce n’est pas demain qu’on pourra « ubériser » les responsables politiques. 

Ainsi, dans le domaine de la propreté et de la sécurité, seule une action réfléchie permet de garantir la qualité de vie des citoyens dans l’espace public. Nous associons une approche préventive et une action répressive.

Nous voulons amplifier le recours aux sanctions administratives communales dès l’âge de 14 ans par des mesures éducatives adaptées et nous prônons une tolérance zéro envers ces incivilités qui gâchent trop souvent notre vie quotidienne. Cela passe notamment par un recours plus systématique aux caméras de surveillance et aux outils digitaux.

Nos communes doivent aussi être des espaces de liberté où chacun peut s’épanouir, quel que soit son âge. Nous voulons développer l’accueil extrascolaire, en collaboration avec des opérateurs locaux comme les bibliothèques ou les académies. Nous souhaitons faciliter la création de milieux d’accueil dans nos communes.

Nous soutiendrons les organisations de jeunesse via la rénovation et la sécurisation des infrastructures qu’elles utilisent. Nous sommes également favorables à l’instauration d’un conseil consultatif de la jeunesse où chacun pourra s’exprimer.

Nos aînés, quant à eux, devront bénéficier de services adaptés pour garantir le maintien à domicile de ceux qui le souhaitent. Nous soutiendrons enfin les projets intergénérationnels, créateurs d’échange et garants du vivre-ensemble. Très chers amis, telles sont nos principales mesures pour cette campagne électorale. Vous avez compris les idéaux progressistes et les valeurs qui l’animent. En Wallonie, nous avons déjà commencé à mettre en place une nouvelle gouvernance. Celle-ci passe par une simplification et une rationalisation drastique des structures redondantes et coûteuses. Elle passe par une chasse au gaspillage mais aussi par une autonomisation et une responsabilisation de chacun. 

Mais, notre campagne communale est aussi une campagne qui entend propulser nos communes et leurs citoyens dans le XXIème siècle en exploitant pleinement le potentiel considérable des outils technologiques contemporains afin de recréer de la proximité et de la convivialité tout en exploitant efficacement nos ressources.

Vous le voyez, ni notre programme ni notre parti n’ont besoin de se définir en opposition aux autres formations pour exister. Nous n’avons pas besoin d’être « contre » tel ou tel. Nous n’avons pas besoin d’être « contre » le libéralisme. « Contre » la croissance. « Contre » le profit. « Contre » les riches. « Contre » les Flamands. Contre ceci ou contre cela. 

Nous, nous sommes « POUR » ! Pour la bonne gouvernance. Pour la création d’emplois. Pour l’autonomie. Pour la sécurité. Pour la qualité de l’environnement. Pour le progrès et le bien-être.

En résumé, « pour » la liberté. 

 

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