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Publié le 23 septembre 2009
Le MR opte résolument pour l'interculturalité basée sur le respect des valeurs communes et l'interdiction des signes extérieurs d'appartenance religieuse, philosophique ou politique dans le secteur public et l'école officielle.
Le groupe de travail sur notre futur modèle de société mis en place au sein du Mouvement Réformateur vient de conclure ses activités et ses consultations en optant résolument pour le modèle interculturel basé sur un socle de valeurs communes à respecter par tous et sur l'adoption de dix propositions pour «favoriser le vivre ensemble.»
Dans la neutralité et l'impartialité.
Ces propositions incluent l'interdiction du port de tout signe «convictionnel», c'est-à-dire évocateur d'une religion, quelle qu'elle soit, d'une appartenance politique ou philosophique par les personnes employées dans les administrations, les entreprises publiques, l'enseignement, les assemblées élues, ainsi que par tous les élèves de l'enseignement officiel, garçons et filles.
Ceci dans un esprit de tolérance, d'émancipation, de respect de l'égalité des chances, de socialisation, d'intégration.
C'est ce qu'ont expliqué mercredi lors d'une conférence de presse Daniel Bacquelaine, chef de groupe MR à la Chambre des Représentants, et Didier Gosuin, Président du groupe MR au Parlement bruxellois et Député de la Communauté française.
«L'heure du débat est là, le moment est venu de faire preuve de courage politique, ne laissons pas s'amplifier les tensions en excitant les communautarismes, que certains partis mettent fin à leur course effrénée à l'électoralisme... Nous sommes contre toute discrimination, dans le travail, le logement, l'éducation, nous sommes pour l'école où s'échangent les valeurs,» a expliqué Daniel Bacquelaine en présentant les résultats de son groupe de travail qui s'est réuni pendant deux mois à la demande du Président Didier Reynders sur le thème: «Interculturalisme ou multiculturalisme: quel modèle de société pour demain?»
Pourquoi l'interculturalisme plutôt que le multiculturalisme pour lequel ont opté les anglo-saxons?
«Parce que ce modèle présuppose l'égalité des droits et des devoirs. Il replace l'individu au centre de la société et réaffirme le postulat des Lumières, selon lequel ce n'est pas la société qui lui confère les droits fondamentaux, c'est la qualité d'être humain qui l'en dote naturellement. Il évite la parcellisation de la société, et c'est bien l'écueil que nous devons éviter,» a expliqué Daniel Bacquelaine.
Pour le MR certaines valeurs, qui ont présidé à l'avènement des sociétés démocratiques, revêtent une portée universelle. Ces valeurs sont notamment scellées dans la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Il s'agit du droit à la vie, à l'intégrité physique, à la sécurité, à l'instruction. Il s'agit également de l'égalité entre la femme et l'homme, de l'effectivité démocratique, du droit d'association et du principe essentiel de la séparation des Eglises et de l'Etat.
Ces valeurs ne sont pas l'apanage d'une culture ou d'une époque. Elles présentent une portée universelle car elles sont incontournables dans une société qui ambitionne de favoriser l'émancipation de chacun de ses membres. La prise en compte par l'Etat des différences culturelles ne peut jamais se faire au détriment des valeurs universelles et de leur exercice.
Face à l'interculturalisme, le modèle multiculturaliste fait prévaloir l'appartenance à un groupe sur l'identité individuelle. Cette priorité se traduit matériellement par une spatialisation des différences: les quartiers se « ghettoisent » pour former des lieux sociologiques et géographiques homogènes.
Le multiculturalisme entraîne une accentuation des différences identitaires et groupales. Dans son acception la plus extrême, le multiculturalisme fait place au communautarisme: l'individu n'existe pas indépendamment des ses appartenances culturelles, ethniques, religieuses ou sociales. Les individus se définissent essentiellement en référence à leur différence et, sur cette base, organisent un système distinct d'institutions ou de valeurs. Le multiculturalisme permet l'émergence de micro-sociétés qui remettent en question les acquis communs au nom de ce que d'aucuns appellent le «relativisme culturel». Certaines personnes prennent appui sur le relativisme culturel et l'exercice différencié des libertés pour nier à d'autres l'exercice effectif des droits fondamentaux.
«Le groupe de travail institué par le MR estime que si les cultures diverses ont droit de cité et sont dignes de reconnaissance et de protection par un Etat démocratique, cette reconnaissance et cette protection ne peut trouver à s'appliquer qu'à la condition de leur compatibilité aux droits fondamentaux. Or s'il incombe à l'Etat de prévoir certains aménagements dans l'organisation sociale, l'Etat de droit ne peut s'accommoder, au nom du relativisme culturel, d'arrangements qui dénient à certains de ses citoyens le bénéfice des droits fondamentaux,» ont conclu Daniel Bacquelaine et Didier Gosuin.
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Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-après la version intégrale des conclusions du Groupe de Travail sur l'Interculturalité. Vous pourrez y lire dans le détail les arguments, les propositions et les options retenus par nos mandataires au terme de leur réflexion sur le "Vivre ensemble".
Conclusions et propositions formulées par le Groupe de travail institué par le MR