Le Conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne (ESA) se réunira ces mercredi 27 et jeudi 28 novembre à Séville. Ses 22 Etats membres, dont la Belgique, y arrêteront les choix budgétaires ainsi que la programmation spatiale pour la période 2020-2024.

 

Le ministre de la Politique scientifique David Clarinval représentera la Belgique à cette importante réunion pour notre pays et nos acteurs de pointe actifs dans le secteur. Pour ces derniers, les retombées de la politique menée par l’ESA sont en effet cruciales. Dans cette optique, le Conseil des ministres a adopté ce vendredi 22 novembre une note définissant les priorités belges que le ministre sera chargé d’y défendre.

 

Le gouvernement Wilmès entend y conforter le rôle majeur joué par la Belgique au sein de l’ESA, dont elle est le sixième contributeur et même le premier au sein des pays de taille moyenne. Pour cette raison, il a décidé de planifier un budget global de 1,456 milliard d’euros. Il se décompose comme suit :

–        743,92 millions d’euros dans le cadre de la programmation obligatoire ;

–        712,73 millions d’euros dans le cadre des programmes optionnels, dont 250 millions (soit 50 millions par an) seront à confirmer par le prochain gouvernement en raison des actuelles affaires courantes. Cette dernière somme permet de rencontrer la demande adressée au gouvernement par l’ensemble du secteur.

 

« La réunion de la semaine prochaine va jeter les bases de la politique de l’ESA pour les cinq prochaines années », explique le ministre de la Politique scientifique David Clarinval. « Dans l’attente d’un gouvernement de plein exercice, nous ne pouvions pas nous permettre de rater ce train de Séville, raison pour laquelle nous avons décidé d’agir avec prudence mais ambition. Le domaine spatial constitue en effet un enjeu économique et scientifique important pour la Belgique, dans un secteur en pleine expansion. Au-delà d’une tradition belge, il offre une haute valeur ajoutée ainsi que de fortes retombées économiques et scientifiques. C’est vrai tant pour l’emploi que pour la recherche et le développement qui permettent aux entreprises présentes dans les trois régions de notre pays de travailler aux investissements porteurs de demain. La Belgique doit conserver ses acquis, mais aussi assurer la compétitivité de nos acteurs industriels. »

 

« Le spatial est un secteur national en plein développement, créateur d’emplois et d’opportunités. Il faut donc pouvoir le soutenir » , appuie la Première ministre Sophie Wilmès. « Tous les indicateurs montrent effectivement d’importantes retombées, pour nos entreprises, du budget que nous investissons dans les politiques de l’ESA. C’est très simple : pour tout euro investi par un pays, l’ESA garantit un juste retour en contrats pour ses entreprises, dont le taux oscille entre 80% et 120% du montant budgétaire alloué. Dans les faits, ces retours sont supérieurs à 100%. A cela s’ajoute un effet multiplicateur allant de 1 à 6 pour notre économie, chaque entreprise obtenant ces contrats sous-traitant elle-même une partie de sa production. Conforter la présence belge au sein des programmes de l’ESA est donc bénéfique pour l’économie, pour la communauté scientifique, mais aussi pour la renommée internationale de notre pays. »

 

Le ministre de la Politique scientifique présentera un rapport sur les décisions qui seront prises à Séville lors du prochain gouvernement.

 

 

La Belgique et l’espace en pratique

– Le budget historique consacré par la Belgique au secteur spatial atteint en moyenne environ 205 millions d’euros par an.

– L’argent alloué à l’ESA permet de financer les activités obligatoires telles que ses frais de fonctionnement, le centre de Kourou (CSG), ainsi que des programmes scientifiques de base comme les missions d’observation du soleil.

– Il sert aussi à financer à la carte des programmes optionnels selon les demandes spécifiques des pays, comme les programmes Télécom ou les missions sur Mars.

 

–  Depuis 2015, le financement belge de l’ESA a permis :

  • De créer des effets de leviers commerciaux importants pour le secteur belge ;
  • De créer plus de 6.473 ETP (équivalents temps plein) ;
  • De générer un chiffre d’affaires de 1,56 milliard d’euros ;
  • D’améliorer la compétitivité du secteur ;
  • De créer des effets de leviers scientifiques majeurs en positionnant nos chercheurs dans le top mondial.

 

– Le secteur spatial est à l’aube d’une expansion sans précédent, qu’il s’agisse du développement des mini-constellations de satellites, des missions vers la Lune ou Mars, ou encore de l’utilisation croissante des données satellitaires dans la vie quotidienne (voitures autonomes, smartphones, objets connectés…). Y demeurer à la pointe est primordial.