Lundi après-midi, le député libéral David Weytsman a longuement interpellé le gouvernement bruxellois sur l’e-sport à Bruxelles. 

Objectif : Plaider pour que le gouvernement bruxellois saisisse toutes les opportunités de l’E-sport aux nombreuses retombées socio-économiques, notamment : création de milliers d’emplois, nouveaux investissements pour soutenir la croissance économique et les infrastructures sportives; nouvelle politique de la jeunesse et sportive ! 

Et la réponse est surprenante puisque ce gouvernement a reconnu que rien n’était fait pour développer ce créneau, ce qui est totalement incompréhensible et inacceptable pour David Weytsman.  

« C’est vraiment choquant. Pour l’année 2016, les revenus globaux de l’E-sport ont atteints les 500 millions de dollars. Ceci inclut les revenus liés à la vente de tickets, les droits TV, les sponsors et la publicité. Pour l’année 2018, les experts envisageaient même des revenus globaux de l’ordre d’1.2 milliard de dollars. Il y a une opportunité importante et on passe à côté ».

Ce phénomène encore assez méconnu en Belgique se développe à une vitesse exponentielle de par le monde. Il rassemble en effet une audience de centaines de millions de personnes qui regarde les compétitions via internet ou lors de grands salons organisés pour l’occasion. Ces évènements peuvent rassembler jusqu’à 40 000 personnes aux Etats-Unis et en Corée du Sud. 

Certains clubs de foot pros ont d’ailleurs commencé à engager leurs propres joueurs d’E-sport afin de représenter leurs couleurs. Cette volonté n’est pas anodine mais part du constat que les compétitions d’E-sport remplissent très facilement des stades entiers, avec un public majoritairement jeune, ce qui permet aux clubs de rajeunir leurs fan-base tout en capitalisant sur un phénomène à fort potentiel financier. 

« En Belgique, le phénomène prend lui aussi de l’ampleur. Les revenus générés par les jeux-vidéos s’approchent des 270 millions d’euros et près de 4 millions de Belges avouent jouer régulièrement aux jeux-vidéos. Le marché belge de l’eSport a généré quelque 3 millions de dollars en 2017, et une hausse de plus de 20% est prévue pour 2018. Les premiers clubs de football belges ont eux aussi commencé à recruter des « E-joueurs », notamment le RSC Anderlecht et le Sporting de Charleroi. A Bruxelles, la demi-finale du championnat du monde de « League of Legends », un des jeux les plus populaires du moment, s’était déroulé en 2015 au Palais 12, rassemblant 15 000 spectateurs. Un autre tournoi vient également de se dérouler lors du salon « Made in Asia », qui rassembla plusieurs milliers de personnes. » complète David Weytsman.

A titre d’exemple, le joueur Adil « ScreaM » Benrlitom serait le joueur belge le mieux rémunéré avec un salaire dépassant les 20.000 euros par mois. La Pro League de football belge a d’ailleurs annoncé le lancement d’une E-Pro League de football, ce au même moment où la chaîne de télévision française ES1, spécialisée dans le jeu vidéo, est entrée en négociation avec plusieurs opérateurs belges. 

Le député libéral a également interrogé la ministre pour savoir si ne stratégie était en place pour faire de Bruxelles un « hub » de ce genre d’évènements. « Là aussi lac gouvernement a botté en touche. Comment est-ce possible de ne pas avoir pris conscience du potentiel de ce sport ? On a pris 5 ans de retard. Je veux que Bruxelles soit pionnière dans l’innovation et smart City. Ici c’est quelque chose de facile à mettre en place et le on loupe! Comment croire que la Région aie une quelconque stratégie dans l’innovation. »

Un championnat du monde à Bruxelles

David Weytsman souhaite d’ailleurs que Bruxelles se positionne plus officiellement et durablement dans ce sport. Il propose l’organisation de la ESports World Convention (coupe du monde esport) d’ici 5 ans chez nous. Pour rappel, cette convention est un événement annuel.

« Pourquoi? Car notre position géographique stratégique est idéale. Nous avons les infrastructures, le talent et les retombées (hôtels, restauration, …) sont importantes. Partout sur la planète, se forment des équipes de professionnels du sport virtuel. Ceux-ci développent toute l’année durant leurs réflexes, leur concentration, leur esprit d’équipe ou encore leur logique afin de pouvoir se confronter aux meilleurs joueurs mondiaux. Nous devons réunir tout ce petit monde chez nous. Les bénéfices auront des retombées sur nos infrastructures sportives qui nécessitent encore plus d’investissements. On ne peut pas refuser ces investissements privés. Concrètement, un dossier est à l’envoi chez les organisateurs de l’événement » conclut David Weytsman