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Bientôt un cadre légal pour les drones

Par 3 avril 2015 Pas de commentaire

Jacqueline Galant, Ministre de la Mobilité, annonce la publication prochaine de l’AR qui organise l’usage privé et l’exploitation commerciale des drones.

« Je suis heureuse de répondre aujourd’hui à une attente des professionnels et de réglementer l’exploitation commerciale des drones, un secteur connu et reconnu à l’étranger » explique la Ministre Galant. « Comme je l’ai toujours annoncé, en 2015, la Belgique aura donc son cadre légal.  L’Arrêté royal est le fruit d’une concertation avec l’Administration de l’Aéronautique (DGTA), Belgocontrol, la Défense, la Commission de la Vie Privée et le secteur. Il couvre tant les différents aspects de l’exploitation commerciale que l’utilisation privée des drones.  »

Les activités autorisées

Outre l’utilisation privée (en domaine privé, sans aspect commercial et limitée à 30m de hauteur, soit environ un bâtiment de 10 étages), les activités professionnelles seront versées dans 2 catégories distinctes selon leur degré de risque potentiel. Celles qui pourraient mettre en danger certains biens ou personnes (survol de la foule, par exemple) se verront qualifiées « à haut risque » et feront l’objet d’un dossier spécifique traité au cas par cas par l’Administration de l’Aéronautique. Les autres activités feront quant à elles l’objet d’autorisations générales établies sur base d’un Manuel d’Opérations approuvé par la DGTA. Afin de retrouver l’éventuel responsable d’un accident, les drones professionnels seront clairement immatriculés et identifiés.

Formation 

Au-delà d’un examen médical , l’Arrêté Royal garantit que les pilotes de drone démontrent une connaissance théorique suffisante du monde aéronautique dans lequel ils vont évoluer. Afin d’adapter la formation au profil de chaque candidat, l’AR ne prévoit aucune limitation quant à la formation pratique mais seul le niveau final comptera puisque le candidat pilote de drone devra réussir un examen pratique dispensé par un examinateur désigné par la DGTA. De même, il sera demandé au pilote de maintenir ses compétences puisqu’il devra voler un minimum de 2h par an (6 vols) pour garder sa licence valable.

Dans quel espace aérien ?

Les drones sont considérés comme aéronefs par la législation internationale et doivent donc respecter les règles en vigueur. Ainsi, l’accès à un espace aérien contrôlé (autour des aéroports, notamment) leur sera interdit, sauf autorisation. En ce qui concerne les espaces militaires, une gestion dynamique de ceux-ci sera assurée par la Défense. Ce qui permettra leur utilisation par les drones, lorsqu’ils ne sont pas activés par les militaires.

La hauteur maximale autorisée est fixée à 300 pieds (environ 90 mètres – l’équivalent d’un immeuble d’environ 30 étages). Cette limitation a fait l’objet d’intenses discussions mais la limite fixée garantit à la fois la sécurité des avions habités et donne aux drones la possibilité de réaliser environ 90% des missions envisagées. De plus, il est toujours possible de demander une dérogation lors de missions spéciales.

Des applications nombreuses et innovantes

Les applications prises en charge par les drones sont variées et innovantes : surveillance, détection, prises de vues, analyse thermique, optimisation agricole ou industrielle,…. Nos spécialistes Belges des drones sont déjà connus et reconnus à l’étranger et la Ministre souhaite soutenir ce secteur porteur en lançant aujourd’hui la procédure de publication de ce texte législatif qui autorise l’exercice des activités liées aux drones, en Belgique.

Work in progress

« Je suis consciente que le secteur  est en constante évolution et la Belgique se doit de rester à la pointe » souligne la Ministre. Avec cet Arrêté Royal, la Belgique rejoint les 19 pays européens qui se sont dotés d’une législation en la matière. « Je mettrai de suite en place un groupe de travail, composé de représentants de l’administration, de Belgocontrol, de la Défense et du secteur » explique encore Jacqueline Galant. La mission de ce groupe de travail sera de faire évoluer la législation et garantir une cohabitation harmonieuse entre tous les utilisateurs aériens.

Le projet va être soumis aux Régions pour avis, ensuite au Conseil d’Etat, avant d’être notifié à la Commission européenne.