18.07.2012 Il y a : 2 yrs

Crise ou pas, le Parlement européen a continué à travailler comme avant, constate Frédérique Ries

"Depuis 2009, j'ai l'impression que nous sommes inaudibles sur quoi que ce soit d'autre que la crise, Pourtant, nous continuons à travailler comme avant, notre agenda ne s'est pas allégé," constate ce mercredi dans ‘La Libre Belgique' Frédérique Ries, Députée MR au Parlement européen.

Membre effectif de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire et membre suppléant de la Commission sur la recherche et l'industrie, Frédérique Ries a un regard différent sur les années de crise qui viennent de bouleverser l'agenda du Parlement européen.

Siégeant depuis 1999 au Parlement européen, la Députée MR a donc vu les choses évoluer:

"A cette époque-là, la lutte contre le changement climatique était un grand chantier, se rappelle-t-elle. "Depuis, la priorité des gens, que l'on mesure dans les baromètres européens, est passée à l'emploi et à l'économie, ce qui est logique."

Le fait que la crise occupe pratiquement "tout l'espace médiatique" a logiquement une influence sur "la perception de notre travail par les citoyens".

"De temps en temps, l'Europe revient de manière ponctuelle dans les médias," précise-elle. "La législation sur le roaming (NdlR : utilisation d'un réseau télécom à l'étranger), c'est un combat 100 % européen."

Depuis 2009, la zone euro va de sommets de crise en sommets de crise sans parvenir à trouver une solution durable.

Frédérique Ries n'a cependant "pas le sentiment d'un défaut d'ambition et de vitesse". "Dans ce jeu triangulaire, Commission, Conseil, Parlement, le Conseil a cependant tendance à être un frein aux réformes", explique-t-elle. Parmi les Etats, en plus de l'Allemagne et de la Finlande, "les Pays-Bas commencent à être régulièrement à la traîne".

D'un point de vue des partis politiques, c'est surtout au Parti populaire européen, "une auberge espagnole", que cela a tendance à coincer.

"Dans le débat sur l'instauration d'une taxe sur les transactions financières, c'est surtout le PPE qui freine", ajoute-t-elle. Du côté des écologistes, des socialistes et des libéraux, il y a en général une grosse volonté de réformes, selon elle.

Peu à peu, les lignes seraient en train de bouger.

"Récemment, Alexander Graf Lambsdorff, le vice-président des libéraux européens, me disait que la mutualisation des dettes était un anathème dans son pays," déclare-t-elle. "Maintenant, on a plus l'impression que ce n'est qu'une question de temps et de conditions pour l'arrivée des eurobonds."

Frédérique Ries est très admirative du travail de Guy Verhofstadt, le Président des libéraux européens, qui a "dicté le tempo en matière de réformes du secteur financier".

"C'est quelque chose qui est reconnu dans d'autres formations politiques et notamment par le socialiste Saïd El Khadraoui," explique-t-elle. "Là où je ne suis pas d'accord, c'est quand il dit que notre groupe politique n'a pas suivi Guy Verhofstadt."
Elle reconnaît également l'apport de l'élection de François Hollande dans tout le débat sur la croissance: "On a parfois l'impression que c'est lui qui a inventé le mot croissance, ironise-t-elle. Mais force est de constater que le climat a changé après son élection. Je constate également qu'il a mis de côté sa promesse électorale de faire renégocier le traité budgétaire."

En ce qui concerne les bonus et les salaires des patrons, elle estime qu'il ne faut pas tomber dans le poujadisme:

"Bien sûr, il faut remédier aux scandales des bonus octroyés aux patrons d'entreprises qui font des pertes, explique-t-elle. Mais je suis contre l'instauration d'un ratio, pas plus de 10, 20 ou 30 fois le salaire de base. Pour éviter une fuite des cerveaux, il faut rémunérer le talent et la rareté, le monde est comme ça."

Dans l'élaboration de son travail législatif, la Députée est régulièrement en contacts avec des lobbies.

"En Belgique, ils ont une connotation très négative, comme s'ils avançaient masqués," note-t-elle. "Dans la culture anglo-saxonne, on les considère plutôt comme des consultants. Au Parlement européen, ils ont l'obligation de mentionner pour qui ils travaillent. Je n'ai en tout cas pas l'impression de rencontrer trop de lobbyistes." Elle reconnaît cependant qu'il existe des abus chez certains collègues. "Certains députés ont accepté des amendements clés sur porte", déplore-t-elle.

 


 
 
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