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La politique du logement menée en Région wallonne est calamiteuse et constitue un échec cinglant pour la majorité Olivier et la réforme du code de ce logement marquée par le conservatisme n'y apportera guère d'améliorations, a constaté mercredi le Mouvement Réformateur.
«La rationalisation annoncée brille par son absence: il reste toujours 68 sociétés de logements (SLSP) -soit une pour 3,5 communes- et pas moins 1.120 administrateurs pour, à titre de comparaison, 2.070 équivalent temps plein employés dans le secteur,» ont constaté Charles Michel, Président du MR, Willy Borsus, Chef de groupe MR au Parlement wallon, Hervé Jamar, Député-Bourgmestre de Hannut, Florence Reuter, Députée wallonne, et Jean-Luc Crucke, Député wallon, lors d'une conférence de presse donnée à l'Assemblée régionale à Namur.
«On est loin de la révolution copernicienne annoncée par le Ministre wallon du logement (Jean-Marc Nollet, Ecolo),» ont-ils encore constaté.
Pour le MR, l'Olivier est passé à côté des grands enjeux du secteur. Jugeons-en:
- Insuffisance quantitative et qualitative du parc de logement public :
- 32.500 familles restent en attente (pour 102.000 logements au total).
- Entre 70.000 et 80.000 logements publics nécessaires pour atteindre les 10 %, d'ici 2030 (cfr bureau du plan).
- 7000 logements programmés d'ici 2014 et à peine plus de 1400 financés.
Le MR estime qu'il faut mobiliser le financement privé pour relever les défis du secteur: partenariat public-privé, société d'économie mixte systématisée, usufruit locatif social…
Notons encore:
- Frais de gestion du secteur trop élevé et sous-financement structurel :
- Actuellement perte de 304 € /mois/logement construit
- Après réforme 213 €/mois/logement construit
- Déficit majoré dès 2017 quand les logements sociaux devront être passifs (coût de construction + 15 % en moyenne)
- 68 SLSP
- 68 directeurs-gérants,…
- plus de 1100 administrateurs pour 2070 ETP pour102.000 logements
Aucun plan de rationalisation des outils n'est prévu. Le MR l'estime indispensable.
A titre de comparaison: L'Effort Rémois, montré en exemple par la SWL elle-même, gère à Reims (Champagne), 24.000 logements pour 16 administrateurs, 10 points de contacts. Transposé à la RW, on passerait à 64 administrateurs et 4 directeurs gérants avec les économies d'échelle induites (le back office est rassemblé au siège : comptabilité, ressources humaines, logistique, juridique…).
Au-delà de l'optimalisation des frais de gestion, les Réformateurs estiment que la Région devrait compenser le coût social de la location sociale et ainsi permettre une responsabilisation des SLSP quant à la performance énergétique de leur parc de logements, leur nombre, leur entretien, la mixité sociale… Les grands plans régionaux n'auraient plus de raisons d'être.
Il n'y a pas non plus dans la réforme le moindre incitant ou obligation à vendre des logements dans le chef des SLSP pour améliorer la mixité et pour construire de nouveaux logements/rénover ceux qui peuvent l'être, ou simplement pour se constituer un projet de vie.
Rappelons-le, le logement est souvent la meilleure épargne-pension.
Un schéma de développement régional du logement constitue une urgence avant toute réforme.
10 % de logements publics sur la Wallonie de manière linéaire. Quid de l'histoire, de la sociologie, démographie, de l'offre en matière de mobilité, de commerces, d'écoles,… mais également des réserves foncières disponibles, des espaces inoccupés – notamment publics – existants des besoins spécifiques….
Le MR considère qu'il faut objectiver ces situations spécifiques en tenant compte des besoins réels, actuels et prévisionnels, en termes de logements, dans chaque commune, via un Schéma de développement régional du logement (SDRL).
Ce schéma permettrait d'adapter pour chaque commune ou bassin de vie/d'habitat les règles d'attributions des logements.
Le MR a également dénoncé la disposition incluse dans la réforme du Code du logement wallon permettant l'accroissement du nombre d'administrateurs puisque qu'elle prévoit d'accorder un siège au parti qui ne serait pas représenté dans le conseil d'administration, en application de la clé D'Hondt, mais qui aurait au moins un élu au conseil communal.
«J'ai failli tomber de mon siège, c'est une mesure taillée sur mesure pour Ecolo,» a confié Willy Borsus.
«C'est une réforme de concepts mais qui, sur le terrain, n'apporte pas beaucoup de choses aux gens,» a affirmé Hervé Jamar, tandis que le Député wallon Jean-Luc Crucke renchérissait en constatant que c'était «une occasion manquée, et c'est grave parce que d'ici la fin de la législature, il n'y en aura plus.»
Florence Reuter, Députée wallonne, a dénoncé l'insalubrité quasi généralisée des logements sociaux en Wallonie. Et aussi bien sûr l'absence presque totale d'un plan de rénovation. Moins de 30% de ces bâtiments et logements ont fait l'objet de réparations ces dernières années.
Le MR a formulé des propositions et des solutions de rechange bien plus profondes, mais l'Olivier ne veut rien entendre.
Charles Michel a d'ailleurs dénoncé le «blocage idéologique» de la majorité Olivier devant ces solutions.
«Je retrouve cette idéologie dans la volonté de sanctionner les communes qui n'auraient pas ou pas assez de logements sociaux sur leur territoire. C'est totalement ridicule! C'est du néo-collectivisme!,» a-t-il tonné.
Citons parmi les changements proposés par les Réformateurs:
- - réduction du nombre de sociétés en fonction de bassins de vie et du nombre d'administrateurs à 9 par société;
- - des pistes pour favoriser l'accès à la propriété, meilleur moyen à leurs yeux pour assurer la mixité sociale;
- l'instauration d'un système de portabilité des droits d'enregistrement ou d'un usufruit locatif social qui permettrait de mobiliser l'épargne privée des Wallons. Un ménage acquerrait la nue - propriété d'un logement à 50 ou 60% du prix en pleine propriété et un opérateur privé en aurait l'usufruit pour 16-18 ans pour le reste du prix.
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